L’astralisation justifiée : anatomie d’un retournement de l’instruction

6 Mai 2026 | Publications | 0 commentaires

ou : les mécanismes de retournement du discernement dans un discours se réclamant de l’instruction — lecture clinique

L’astralisation de l’instruction ne se manifeste pas toujours par une opposition visible.
Elle peut opérer à travers le discours lui-même, tout en conservant ses termes et en inversant sa fonction.
Ce qui se joue alors n’est plus dans les mots, mais dans leur usage.
👉 Cet article propose une lecture précise de ce mécanisme.

I – Introduction

Certaines prises de parole donnent l’impression de clarifier, d’apaiser ou de remettre les choses à leur place. Elles reprennent un vocabulaire connu, et semblent proposer une mise au point sur des tensions ou des incompréhensions.

Mais il arrive que ce type de discours produise un effet inverse. Non pas en s’opposant frontalement au thème abordé, mais en s’y appuyant, en reprenant ses termes, en conservant son apparence — tout en en modifiant sa fonction.

Ce déplacement est subtil, rarement visible au niveau des mots. Il se joue dans la manière dont une idée est utilisée, orientée, ou intégrée à une structure de pensée. L’enjeu n’est alors plus de savoir si ce qui est dit est juste ou faux, mais de voir ce qui se passe dans le mouvement même du discours.

C’est précisément ici que se situe le problème, objet de cet article. Le thème qui est abordé par l’orateur est celui de l’instruction supramentale de Bernard de Montréal et la façon dont elle peut être lue.

Sauf que… une instruction qui n’est pas rejetée, mais intégrée au mauvais niveau, ne disparaît pas : elle se transforme. Et cette transformation ne produit pas nécessairement de l’erreur visible, mais une déformation plus occulte — où le langage reste juste, mais la fonction est inversée.

C’est ce que je vais vous démontrer.

II. Le contexte de la vidéo

Celles et ceux qui connaissent l’instruction de Bernard de Montréal savent que depuis son décès en 2003, sa diffusion s’est progressivement répandue sous des formes multiples : compilations, transcriptions, commentaires, analyses, prises de parole publiques…

Cette diffusion n’est pas neutre. Elle implique des lectures, des appropriations, parfois des reformulations. Elle peut engendrer aussi des écarts, des tensions, des interprétations divergentes.

Tout récemment, YouTube me notifie de la sortie d’une vidéo intitulée : « Astralisation de l’instruction de Bernard de Montréal. La pureté de la connaissance? l’autorité? » (sic, format inclus)

Le titre éveillant mon intérêt, je me demande ce qu’on peut avoir à en dire, tant Bernard de Montréal a cerné et défini le sujet au fil de ses centaines d’heures d’enregistrements. Très pénible à écouter, probablement à cause d’une absence de script préalable, j’ai fini par me résoudre à n’en lire que la transcription.

Mais ce que j’ai découvert en lisant m’a fait tomber de ma chaise…

III. Le discours apparent : liberté, relativité, non-autorité

Ce n’est pas tant ce qui est dit qui frappe au départ, mais la manière dont cela s’installe.

On a l’impression d’un discours qui cherche à calmer, à remettre les choses à leur place, presque à apaiser une tension. Quelque chose de posé, de raisonnable en apparence.

Ce qui est présenté comme une mise au point sur l’astralisation de l’instruction déroule en réalité un discours construit autour de quelques idées simples, répétées et articulées entre elles.

L’astralisation y est d’abord exposée comme un phénomène normal, inévitable, presque constitutif de l’expérience humaine. Dès que l’homme entend quelque chose, il l’interprète. Dès qu’il interprète, il astralise. Le processus est présenté comme universel, inhérent à la nature même de la conscience humaine.

Et puis, à mesure que l’on avance, un glissement s’opère…

Ce qui est décrit dans toute l’instruction de Bernard comme un mécanisme de déformation devient ici un simple effet secondaire sans conséquence particulière : l’astralisation ne serait plus un problème à voir, mais une condition à accepter.

Le discours va plus loin.

L’astralisation est non seulement normalisée, mais présentée comme utile : elle servirait à diffuser l’instruction dans le monde. Même déformée, même enrobée, même mal comprise, l’information continuerait à circuler, à toucher des individus, à produire des effets. La déformation ne serait plus un obstacle, mais un vecteur. Il n’y aurait donc pas lieu de s’en préoccuper…

Dans le même mouvement, toute tentative de discernement est disqualifiée.

Chercher à identifier ce qui relève de l’astral, pointer des déformations, vouloir clarifier une lecture — tout cela est ramené à une forme de dérive. Il est question de « police de la conscience », de perte de temps, de dérive vers des comportements sectaires. L’idée même de poser un cadre devient suspecte.

Le discours introduit ensuite un relativisme généralisé.

Chacun aurait sa perception, son vocabulaire, sa manière d’intégrer l’instruction. Il ne s’agirait pas de tendre vers une compréhension juste, mais de développer sa propre vision, son propre rapport, sa propre interprétation. L’écart entre les lectures n’est plus interrogé : il est entériné.

Puis vient un point plus problématique encore.

Il est affirmé que l’individu doit « ajuster l’instruction à lui-même », trouver son propre équilibre entre son ego, sa personnalité et ce qu’il comprend de l’instruction. Autrement dit, ce n’est plus la structure interne qui est transformée par l’instruction, mais l’instruction qui est remodelée pour s’adapter à la structure existante.

Enfin, toute idée d’autorité est associée à un risque de dérive sectaire. Déterminer ce qui est juste ou non, poser des repères, distinguer une lecture cohérente d’une déformation — tout cela serait le début d’un enfermement collectif.

Le discours se referme alors sur une invitation à « laisser chacun faire son chemin », à ne pas intervenir, à ne pas corriger, à ne pas confronter.

Pris isolément, chacun de ces éléments « pourrait » sembler recevable.

Pris ensemble, ils dessinent un mouvement précis que je vais analyser.

Il est affirmé que l’individu doit « ajuster l’instruction à lui-même », trouver son propre équilibre entre son ego, sa personnalité et ce qu’il comprend de l’instruction. Autrement dit, ce n’est plus la structure interne qui est transformée par l’instruction, mais l’instruction qui est remodelée pour s’adapter à la structure existante.

IV. Le sujet

De quoi parle-t-on ?

Certaines interventions – comme celle-ci – se présentent comme des mises au point. Elles abordent des notions centrales – ici l’astral, l’astralisation, la connaissance, l’autorité – et proposent une lecture globale de ce qui se joue autour de l’instruction.
Leur intention apparente et exprimée est de clarifier, de relativiser, ou de désamorcer des positions jugées excessives.

Ce qui pique

Ce type de discours ne pose pas problème par ce qu’il affirme explicitement, chacun étant libre d’émettre sa propre opinion. En revanche, il pose problème par le mouvement qu’il produit.

Certaines techniques s’y retrouvent de manière récurrente :

  • une normalisation de phénomènes décrits par l’instruction comme des obstacles
  • un déplacement des critères de discernement
  • une relativisation des mécanismes de déformation
  • une disqualification implicite de toute tentative de clarification

Ce qui apparaît alors, ce n’est pas une opposition à l’instruction, mais un retournement interne de ses repères.

Et ceci est encore plus problématique si le discours se présente, comme ici, comme anti-dogmatique et libérateur. Qui n’adhère pas à des principes de liberté ? Mais est-ce vraiment le cas ?

V. Définitions

Pour approcher le sujet et clarifier le propos, commençons par définir le sujet principal de la vidéo : l’astral et l’astralisation. Pour plus de précision et parce que tout ceci ramène à l’instruction supramentale, voyons simplement ce que Bernard de Montréal en dit.

PE134 Le concept de l’astralisation de la conscience
Extrait de : PE134 - Créer ou recevoir des magnitudes
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Citation sonore

« Mais le concept de l’astralisation de la conscience, c’est un concept important parce que l’astralisation de la conscience, ça veut dire que la conscience humaine est assujettie à des pulsions de l’âme. Et ces pulsions de l’âme-là font en sorte que la pensée demeure très réflective. Ça fait que le concept d’astralisation, de l’astralisation de la conscience humaine, c’est un concept qui fera partie de l’architecture, de la psychologie évolutionnaire. L’homme utilisera ça comme il utilise aujourd’hui le concept du subconscient en psychologie. C’est un concept bien, bien important, le concept d’astralisation de la conscience humaine. Parce qu’on est obligé de se créer des concepts pour avoir un petit peu l’idée de la mécanique relationnelle entre l’ego puis d’autres dimensions comme la mémoire, la vaste mémoire, ainsi de suite, ou même des entités astrales qui peuvent nous affecter. Ça c’est un concept important, ça va faire partie du vocabulaire de l’homme ça. ».

PE134 – Créer ou recevoir des magnitudes

L’astral

Dans l’instruction, l’astral ne désigne pas un lieu ni une abstraction spirituelle.

Il correspond à un plan de la conscience lié à la mémoire, à l’émotion et à la polarité.

Il fonctionne à partir de formes : images, idées, croyances, valeurs, représentations.

Il agit dans la conscience humaine à travers la pensée réfléchie et l’émotion, et organise une perception du réel structurée par ces éléments.

L’astralisation

L’astralisation de la conscience correspond à un état où la conscience humaine devient assujettie à des pulsions de l’âme.

Dans cet état, la pensée ne fonctionne plus comme un accès à l’intelligence, mais comme une activité réflexive, structurée par la mémoire, l’émotion et la polarité.

La perception du réel n’est pas abolie. Elle est colorée.

Ce qui est vu demeure, mais la clarté du mental est voilée, et la pensée devient le support d’une interprétation qui donne l’impression de comprendre.

L’homme n’est plus en relation directe avec ce qu’il perçoit. Il est en relation avec ce qu’il pense de ce qu’il perçoit.

À partir de ce moment, il peut croire les choses qu’il sait, construire des vérités, et organiser sa conscience autour d’un ensemble de formes qui lui donnent une cohérence.

Ce processus peut aller jusqu’à la construction d’un monde interne structuré, dans lequel la connaissance devient une référence, et l’intelligence un concept.

L’homme ne reçoit plus une intelligence, mais une interprétation. Il ne vit plus une vibration, mais une mémoire.

L’astralisation ne supprime pas nécessairement la justesse des mots. Elle agit sur leur fonction.

L’astralisation ne désigne pas simplement une dimension invisible ou spirituelle. Elle correspond au processus par lequel une information, même juste, est récupérée, colorée et déformée par l’ego et l’émotion, jusqu’à devenir une forme de connaissance qui remplace le réel au lieu de le révéler.

L’astral ne fonctionne pas par mensonge direct, mais par séduction : il utilise des vérités, des demi-vérités, ou des éléments réels pour créer un lien, puis enfermer la conscience dans une structure de pensée.

C’est ainsi que la connaissance devient un piège, que la spiritualité devient une illusion, et que l’instruction elle-même peut être récupérée pour servir l’ego au lieu de le transformer.

C’est précisément ici que se situe le problème.

Car une instruction qui n’est pas rejetée, mais intégrée au mauvais niveau, ne disparaît pas : elle se transforme.

Et cette transformation ne produit pas nécessairement de l’erreur visible, mais une déformation plus subtile — où le langage peut rester juste, mais où la fonction est inversée.

C’est là que le problème change de nature.

Il ne s’agit plus de comprendre ce qu’est l’astralisation, mais de voir comment elle peut être à l’œuvre dans un discours qui prétend en parler.

« La pensée est astralisée à partir du moment où l’homme perd la clarté de son mental et vit une polarité quelconque dans la vie. Toute polarisation de son énergie est un mouvement de l’astral de sa conscience ; elle voile la pensée et brouille la clarté du mental ».

La Genèse du Réel (L’astral de la pensée)

VI. Le renversement : quand tout devient équivalent

Le premier mouvement est discret.

Il ne choque pas. Il ne s’impose pas.

Il s’installe.

L’astralisation est posée comme un fait.

Quelque chose de normal.

Quelque chose qui accompagne naturellement le fonctionnement humain.

Dès que l’on entend, on interprète.

Dès que l’on interprète, on astralise.

Dit comme cela, rien ne semble faux.

Et c’est précisément là que le glissement commence.

Car ce qui, dans l’instruction, est décrit comme un mécanisme à voir — quelque chose qui altère, qui colore, qui détourne — est ici replacé au niveau d’une simple évidence, presque neutre.

Il n’y aurait donc pas réellement de problème.

Tout le monde astralise.

Tout le temps.

Inévitablement.

Et si tout le monde astralise, alors sur quoi peut encore se fonder un discernement ?

Sur quoi peut-on s’appuyer pour dire :

ici, il se passe quelque chose…

ici, il y a une déformation…

ici, il y a un déplacement ?

Le point de bascule est là.

Ce n’est pas une négation de l’astralisation.

C’est une dilution.

Elle est étendue à tout, intégrée à tout, normalisée au point de ne plus pouvoir être isolée.

Elle cesse d’être un phénomène identifiable.

Elle devient une condition générale.

Et à partir du moment où un phénomène devient indifférencié, il ne peut plus être vu.

Ce qui disparaît alors, ce n’est pas l’astralisation.

C’est la possibilité de la reconnaître.

Ce n’est pas une négation de l’astralisation. C’est une dilution. Elle est étendue à tout, intégrée à tout, normalisée au point de ne plus pouvoir être isolée. Et à partir du moment où un phénomène devient indifférencié, il ne peut plus être vu. Ce qui disparaît alors, ce n’est pas l’astralisation. C’est la possibilité de la reconnaître.

VII. L’inversion fonctionnelle : quand la déformation devient un vecteur

C’est ici que son mouvement se précise.

Car une fois l’astralisation posée comme normale, une étape supplémentaire peut être franchie — plus discrète, mais beaucoup plus déterminante.

Ce qui, jusque-là, relevait d’un mécanisme de déformation va progressivement changer de statut.

L’astralisation n’est plus simplement présente.

Elle devient utile.

Elle servirait à quelque chose.

Dans le discours, cette idée apparaît presque naturellement : même si une information est mal comprise, même si elle est reprise, transformée, enrobée, elle continuerait malgré tout à circuler.

Elle toucherait d’autres individus, ouvrirait des portes, permettrait à certains d’accéder, à leur rythme, à quelque chose de plus profond.

Autrement dit, la déformation ne serait plus un obstacle.

Elle deviendrait un vecteur.

C’est un basculement majeur.

Car ce qui est décrit dans l’instruction comme un processus de récupération, de coloration, de détournement — quelque chose qui retarde, qui piège, qui maintient dans la forme — est ici réinterprété comme participant au mouvement même de diffusion.

La logique s’inverse.

Ce qui devait être vu comme une interférence devient un moyen.

Ce qui devait être traversé devient un passage.

Ce qui devait être reconnu comme une altération devient une étape du processus.

Et à ce moment-là, il devient très difficile de voir ce qui se joue.

Parce que le mécanisme ne se présente plus comme un problème, mais comme une fonction.

Or, dans l’instruction, ce point est précisément décrit.

« L’astral colore le réel. L’homme nouveau le décolorera et le comprendra parfaitement ».

La Genèse du Réel (Le Christ mondial)

DM110 On n’astralisera pas le savoir
Extrait de : DM110 - Mutation de la mémoire en identité
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Citation sonore

« On peut astraliser la connaissance, qui a fait partie de l’involution, d’ailleurs c’est la définition de l’involution, mais on n’astralisera pas le savoir qui fait partie de l’évolution ».

DM 110 – Mutation de la mémoire en identité

Ce qui est en jeu ici n’est pas une erreur grossière.

C’est une inversion de fonction.

Et cette inversion a une conséquence directe : elle rend le mécanisme invisible.

VIII. Neutralisation du discernement

Une fois l’inversion installée, un autre mouvement devient nécessaire pour que l’ensemble tienne.

Car si la déformation devient acceptable, voire utile, encore faut-il empêcher qu’elle soit identifiée.

C’est ici qu’intervient une deuxième opération, plus subtile : la neutralisation du discernement.

Elle ne se présente pas comme telle.

Elle passe par un déplacement du regard.

Dans le discours, toute tentative de clarification est progressivement requalifiée.

Chercher à voir, à distinguer, à nommer ce qui est à l’œuvre — cela ne relève plus d’une exigence de lucidité, mais d’un excès.

Les mots employés sont révélateurs.

Il est question de « police de la conscience ».

De perte de temps.

De dérive vers des comportements sectaires.

Autrement dit, le problème n’est plus ce qui est dit, mais le fait même de vouloir le regarder de près.

Le discernement change de statut.

Ce qui, dans l’instruction, correspond à une fonction essentielle de la conscience supramentale — la capacité de voir ce qui est, sans être pris dans la forme — devient ici suspect.

Presque dangereux.

Le déplacement est net.

Au lieu d’être un outil de clarification, le discernement est associé à une forme de rigidité, voire de fermeture.

Comme si voir clairement revenait déjà à imposer.

À partir de là, un glissement s’opère.

Si voir devient problématique, alors ne pas voir devient acceptable.

Et même préférable.

Il ne s’agit plus de distinguer, mais de laisser être.

Plus de confronter, mais d’accueillir.

Plus de questionner, mais de relativiser.

Et ce mouvement est d’autant plus efficace qu’il s’appuie sur des valeurs auxquelles il est difficile de ne pas adhérer : liberté, respect du chemin de chacun, refus de l’autorité.

Mais ces valeurs, déplacées de leur fonction, produisent ici un effet inverse.

Elles ne libèrent pas.

Elles désarment.

Dans l’instruction, la parole est décrite comme un acte qui engage une responsabilité.

Elle n’est pas neutre. Elle dépend de l’état de la conscience qui la porte.

Le mot est la création de l’énergie mails il n’a pas le sens profond de l’intelligence car son énergie est astralisée
Extrait de : MR-178 - Si tu es conscient, tu connais la valeur d'un être
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« Un mot est toujours la créature ou la création de l’énergie qui la véhicule mais l’énergie qui la véhicule n’est pas toujours pure, parce qu’elle est astralisée, alors automatiquement le mot n’a pas le sens profond de l’intelligence. »

MR-178 – Si tu es conscient, tu connais la valeur d’un être

C.045A Si la parole n’est prêtée à l’ego par l’exprit, c’est l’ego qui jase
Extrait de : C.045A : Les mots et la parole
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Citation sonore

Il ne faut pas confondre la réalité de la parole avec le choc des mots. La parole est un courant d’énergie créée par l’esprit pour éveiller, chez l’homme inconscient, l’esprit qui dort. Donc ce courant d’énergie, cette force de transformation qu’est la parole est toujours particulière à la conscience de celui qui la crée. Si celui qui parle est conscient, le courant d’énergie est plus puissant et la parole plus vibrante. Mais pour bien parler, il faut être bien sensible à la présence en soi du double plutôt que de l’ego. La moindre perception égocentrique diminue le pouvoir de la parole et ne lui permet plus de faire ce qu’elle peut sur le plan de la matière. La parole consciente se sert des mots pour créer des chocs à la conscience en évolution et ces mots utilisés par la parole ne doivent pas être assujettis à l’émotion de l’ego. Sinon la parole perd sa force et les mots perdent leurs pouvoirs et l’homme souffre pour rien. La parole doit être prêtée à l’ego par l’esprit, par le double, sinon ce n’est pas l’esprit qui parle mais l’ego qui jase.

C.045A – Les mots et la parole

Dès que l’émotion est présente dans la parole, elle en modifie la portée. Elle introduit une coloration qui peut donner l’impression de justesse, tout en déplaçant sa fonction.

Elle doit être ajustée, parce qu’elle peut déformer, influencer, déplacer l’autre.
Donc le langage n’appartient pas à l’ego, il est porté par une énergie. Il doit être ajusté, sinon, il déforme.

Dans ce cadre, voir et dire ne relèvent pas d’un contrôle, mais d’une précision.
Ce qui est en jeu ici est différent.

En disqualifiant la possibilité même de cette précision, le discours retire au mental sa capacité de lecture.

Il ne s’agit plus seulement de ne pas voir.

Il devient difficile de vouloir voir.

Et à partir de ce moment, le mécanisme peut fonctionner sans résistance.

Ce n’est pas le discernement qui est remis en cause.

C’est la possibilité même d’exercer le discernement.

Ce qui, dans l’instruction, correspond à une fonction essentielle de la conscience supramentale — la capacité de voir ce qui est, sans être pris dans la forme — devient ici suspect.

Presque dangereux.

Si voir devient problématique, alors ne pas voir devient acceptable.

IX. Glissement vers le relativisme total

Une fois le discernement neutralisé, la suite s’installe presque d’elle-même. Car s’il n’y a plus de point d’appui pour distinguer, alors tout peut coexister.

Le discours introduit alors une forme de relativisme qui ne se présente pas comme tel. Il s’installe sous des formulations simples, presque évidentes.

Chacun aurait sa perception. Chacun son vocabulaire. Chacun sa manière de comprendre, d’intégrer, de vivre l’instruction.

L’écart entre les lectures n’est plus interrogé. Il est accepté. Puis validé.

Ce qui, au départ, pouvait apparaître comme une différence devient une diversité. Et cette diversité devient, à son tour, une valeur.

Il ne s’agit plus de voir si une lecture est juste, ou si elle déforme. Il s’agit de reconnaître qu’elle existe, et qu’elle a sa place.

Le déplacement est subtil.

Le problème n’est plus la déformation. Le problème serait de vouloir établir une hiérarchie entre les lectures.

À partir de là, tout devient équivalent.

Une lecture précise, appuyée, ajustée… et une lecture approximative, interprétative, colorée… se retrouvent placées sur le même plan. Non pas parce qu’elles produisent le même effet, mais parce qu’il n’y aurait plus de critère permettant de les différencier.

Et ce point est déterminant.

Car dans l’instruction, l’intelligence n’est pas présentée comme une construction personnelle. Elle ne dépend pas de la perception individuelle. Elle ne se développe pas à partir d’une multiplicité de points de vue.

« L’ego planétaire est soumis à la loi astrale de la protection contre soi-même. Cette loi est puissante puisqu’elle naît de la résistance égoïque à l’influx dans la conscience de forces mentales majeures […] Tant que l’être ne dépassera pas les subtilités de son intelligence astralisée, il ne pourra goûter de la réalité de son être ».

La Genèse du Réel (L’écran mental)

Dans ce cadre, la notion même de “chacun sa vision” change de sens. Elle ne renvoie plus à une diversité d’expériences, mais à une fragmentation du réel.

Le discours ne tranche pas. Il ne hiérarchise pas. Il ne distingue pas. Il laisse coexister. Et ce faisant, il installe une situation où la question de la justesse ne peut plus être posée sans apparaître comme une forme d’ingérence. Le mouvement du discours s’organise selon sa logique interne, qui devient visible une fois les étapes posées.

Après avoir normalisé l’astralisation, puis neutralisé le discernement, le relativisme vient stabiliser l’ensemble. Il empêche tout retour en arrière. Car dès que tout se vaut, plus rien ne peut être remis en question sans sortir du cadre.

Cette logique peut aller jusqu’à une conclusion implicite : chacun peut aller dans la direction qu’il veut, avec ce qu’il veut. À ce stade, il n’y a plus de tension vers une justesse.

Il n’y a plus de nécessité de voir.

Il n’y a plus qu’un ensemble de trajectoires individuelles, sans point de référence commun.

Et dans ce cadre encore, toute tentative de clarification apparaît comme une intrusion.

X. Point critique : l’appropriation de l’instruction

1. De la réception à l’utilisation de l’instruction

C’est ici que le mécanisme qui se déroule sous mes yeux atteint son point le plus sensible.

Jusqu’à présent, le discours a installé un cadre : l’astralisation est normale, le discernement est suspect, les lectures sont multiples et équivalentes.

Dans ce contexte, une étape supplémentaire peut apparaître sans plus aucune résistance chez l’auditeur : l’instruction n’est plus seulement reçue. Elle est utilisée.

2. L’instruction ramenée à la structure de l’individu

Le discours introduit l’idée que chacun doit trouver sa manière de l’intégrer, son propre vocabulaire, sa propre façon de voir.

Il ne s’agirait plus de se laisser transformer par ce qui est entendu, mais d’en faire quelque chose qui corresponde à sa propre structure.

L’ajustement change donc de direction : ce n’est plus l’individu qui se déplace dans sa structure, c’est l’instruction qui est déplacée pour s’y adapter.

Présenté ainsi, cela pourrait sembler aller de soi.

Après tout, chacun devrait bien trouver sa manière de « comprendre ».

Mais ce point est précisément celui dans lequel l’instruction met en garde.

3. Mises en garde issues de l’instruction

PE114 Le danger que l’homme devienne un petit maître, un petit bourreau
Extrait de : PE114 Être libre de la domination astrale
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« Ils disent que tant que l’homme ne pourra pas se dissocier de sa petitesse, il ne pourra pas rentrer dans sa grandeur. Sa petitesse ça veut dire quoi, ça ? Ça veut dire : l’impression qu’il a de ne pas savoir. C’est ça, sa petitesse. Mais il y a toujours un danger, quand l’homme prend conscience de sa grandeur, que là, il astralise sa grandeur, puis là, qu’il devienne un petit maître, qu’il devienne un petit bourreau. »

PE 114 – Être libre de la domination astrale

PE113 L’astralisation de la conscience
Extrait de : PE113 - Se dissocier de la pensée humaine
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« Ils disent : le problème avec les limitations, avec la limite de la pensée humaine, c’est que vous avez dans les mondes parallèles, des mondes qui nous sont invisibles à nos yeux, vous avez dans ces mondes-là des êtres qui utilisent la pensée humaine contre l’homme. Et cette utilisation de la pensée humaine contre l’homme, que j’appelle l’astralisation de sa conscience, est à l’origine des grands problèmes qu’on a sur la Terre à tous les niveaux et de l’ignorance qui couvre la superficie de la planète, et qui structure l’évolution historique de la conscience humaine en fonction de la programmation karmique des âmes incarnées à l’extérieur ou à l’intérieur des structures sociales qui font partie du domaine de l’histoire. »

PE 113 – Se dissocier de la pensée humaine

4. La mécanique de l’appropriation

Ce qui est en jeu ici n’est pas une simple adaptation : c’est une appropriation.

L’instruction devient un matériau que l’on peut organiser, reformuler, transmettre selon ses propres repères.

Elle entre dans un système personnel de compréhension, où elle peut être mobilisée pour soutenir une position, structurer un discours, donner une cohérence à une parole.

Et à partir de là, un glissement supplémentaire se produit.

La parole qui en résulte ne se présente plus comme une lecture parmi d’autres.

Elle prend une place.

Elle s’adresse à un collectif.

Elle organise un champ.

Elle propose une vision.

Sans se déclarer comme autorité, elle en occupe une fonction.

DM100 L’homme est astralisé parce qu’il croit les choses qu’il sait à partir de plans dont il ne contrôle pas les émanations
Extrait de : DM100 - L'universite du futur
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« L’Homme qui est inconscient n’est pas capable de faire ça. Pourquoi ? Parce qu’il est astralisé. Donc il est astralisé pourquoi ? Parce qu’il croit les choses qu’il sait à partir de plans dont il ne contrôle pas les émanations. Il faut contrôler les émanations pour pouvoir ne pas croire. »

DM100 – L’université du futur

5. De l’appropriation à une fonction d’autorité implicite

Et c’est là que la projection devient visible.

Le discours met en garde contre les dérives d’autorité, contre les structures collectives, contre les mouvements qui chercheraient à définir une “bonne” lecture.

Mais dans le même temps, il installe lui-même un cadre de lecture.

Il oriente.

Il sélectionne.

Il valide certaines positions, en invalide d’autres.

La différence tient uniquement dans la forme.

L’autorité n’est pas affirmée.

Elle est implicite.

Dans l’instruction, ce point est critique.

6. Conséquence : un changement de nature de l’instruction

PE071 La manipulation dans ta tête à partir des pensées de l’astral ou du mental
Extrait de : PE071 - La voix intérieure
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Citation sonore

« Si vous me demandiez : « donnez-nous donc une définition réellement simpliste de la conscience. » Je dirais que de la conscience, c’est la capacité chez l’homme de ne pas être victime de la manipulation dans sa tête à partir des pensées qui sont soufflées à partir de l’astral ou du mental. Une fois que tu as réglé ça, les esprits ne peuvent plus rien faire, leur travail est fait, si ce sont des esprits de lumière. Puis si ce sont des esprits qui font partie de l’astral, ils se retirent parce qu’ils ne peuvent plus vous magnétiser. C’est comme ça que ça marche. ».

PE 071 – La voix intérieure

Car dès qu’elle est utilisée ainsi, elle change de nature.

Elle ne traverse plus, elle structure.

Elle ne transforme plus, elle consolide.

Et c’est à ce moment-là que le risque systémique devient maximal.

Parce que le mécanisme est complet.

Il ne se présente plus comme une déformation.

Il fonctionne comme une évidence.

7. Un raisonnement appuyé sur des références involutives

Un autre élément vient renforcer ce constat.

Le discours s’appuie à plusieurs reprises sur des références issues du passé — systèmes religieux, mouvements collectifs, structures d’autorité — pour illustrer les dérives qu’il dénonce.

Or ce point n’est pas neutre. Dans l’instruction, ces systèmes appartiennent précisément à ce que Bernard de Montréal désigne comme l’involution. Ils reposent sur des structures de croyance, de mémoire, de spiritualité, qui sont elles-mêmes le produit de l’astralisation de la conscience. Les utiliser comme base de démonstration revient à rester à l’intérieur du cadre que l’instruction cherche à dépasser.

Il y a là un décalage fondamental.

On ne peut pas démontrer un phénomène relevant d’un plan en s’appuyant sur les références d’un autre plan qui en constituent précisément la manifestation.

Ce glissement est révélateur.

Il montre que l’instruction est ici traitée comme un objet de réflexion comparable à d’autres systèmes de pensée, alors qu’elle se situe précisément en rupture avec ces systèmes.

Réduite à ce niveau, elle perd sa fonction. Elle est réintégrée dans le champ qu’elle visait à faire éclater.

Le discours s’appuie à plusieurs reprises sur des références issues du passé — systèmes religieux, mouvements collectifs, structures d’autorité — pour illustrer les dérives qu’il dénonce. Or ce point n’est pas neutre. Les utiliser comme base de démonstration revient à rester à l’intérieur du cadre que l’instruction cherche à dépasser.

Dans l’instruction, ces systèmes appartiennent précisément à ce que Bernard de Montréal désigne comme l’involution. Ils reposent sur des structures de croyance, de mémoire, de spiritualité, qui sont elles-mêmes le produit de l’astralisation de la conscience.

Réduite à ce niveau, l’instruction perd sa fonction. Elle est réintégrée dans le champ qu’elle visait à faire éclater.

XI. Lecture psycho-clinique du discours

À ce stade, il devient possible de regarder le discours sous un autre angle. Non plus seulement dans ce qu’il dit, mais dans la manière dont il se construit, se déploie, et s’organise dans la parole.

Certains éléments apparaissent alors plus nettement.

1. Une parole qui cherche son axe

Le déroulé n’est pas linéaire. On observe des pertes de fil, des retours en arrière, des reprises. La pensée semble parfois hésiter, se réorganiser en cours de route, chercher son point d’appui.

Ce type de fonctionnement n’est pas en soi problématique. Mais ici, il s’accompagne d’un discours qui, malgré ces discontinuités, cherche à produire une cohérence globale. Il y a comme un effort pour maintenir une ligne, pour tenir une position, alors même que la structure interne de la parole reste instable.

2. Une rationalisation a posteriori

Le discours donne l’impression d’expliquer un phénomène. Mais en l’observant de plus près, on voit apparaître un mouvement inverse : ce qui est dit vient souvent justifier ce qui est déjà là.

Les idées s’enchaînent de manière à produire une cohérence, mais cette cohérence semble construite après coup. Elle ne découle pas d’un axe clair dès le départ, elle se forme progressivement, en intégrant les éléments au fur et à mesure.

Ce mécanisme est typique d’une rationalisation. La pensée organise, relie, donne du sens — mais à partir d’un matériau déjà structuré par ailleurs.

3. Une position centrale non explicitée

La prise de parole elle-même mérite d’être regardée. Il ne s’agit pas d’un échange, ni d’une discussion, ni d’une confrontation. C’est une intervention unilatérale, adressée à un public.

Elle se présente comme une mise au point, une clarification, une lecture globale de la situation. Sans se positionner explicitement comme une référence, elle occupe néanmoins une place centrale.

Elle parle du phénomène. Elle en donne les contours. Elle en définit les enjeux.

Et ce faisant, elle s’installe dans une position d’observation qui, de fait, organise le champ.

4. Un mécanisme de projection

Un autre point apparaît en filigrane.

Le discours met en garde contre certains risques : la dérive sectaire, la volonté de contrôler, l’établissement d’une autorité. Mais ces éléments sont toujours situés à l’extérieur. Ils concernent les autres. Ceux qui voudraient encadrer, définir, trancher.

Ce qui n’est pas interrogé, en revanche, c’est la position même du discours qui énonce ces mises en garde.

Or, comme on l’a vu, cette parole :

  • oriente
  • sélectionne
  • organise
  • propose une lecture

Elle agit. Le mécanisme devient alors visible. Ce qui est dénoncé à l’extérieur n’est pas reconnu dans le mouvement même qui produit le discours.

5. Un mécanisme de retournement

Ce point prolonge directement le précédent. Car ce qui apparaît ici ne relève pas seulement d’une projection. Il s’agit d’un mécanisme plus complet.

Le discours se présente comme une prise de distance vis-à-vis de toute forme d’autorité. Il appelle à la liberté, à l’autonomie, à la responsabilité individuelle. Mais dans le même mouvement, il pose ses propres repères.

Il définit ce qui serait une dérive. Il disqualifie certaines démarches. Il oriente la manière dont le phénomène doit être regardé. Autrement dit, il produit ce qu’il prétend éviter.

Sous couvert de ne pas cadrer, il cadre. Sous couvert de ne pas définir, il définit. Sous couvert de ne pas imposer, il impose une lecture.

Le retournement est là. L’autorité n’est pas rejetée. Elle est déplacée. Elle ne passe plus par une affirmation explicite, mais par une influence implicite. Elle n’apparaît plus comme une structure, mais comme une évidence. Et c’est précisément ce qui la rend difficile à identifier.

Dans ce contexte, toute tentative de clarification devient suspecte. Toute démarche visant à comprendre, à analyser, à structurer — y compris dans une perspective rigoureuse ou scientifique — peut être perçue comme une dérive.

La lucidité elle-même devient problématique.

Non pas parce qu’elle serait erronée, mais parce qu’elle viendrait troubler l’équilibre installé par le discours.

Le mécanisme est complet. Il ne s’agit plus seulement d’un point de vue. Il s’agit d’un cadre qui empêche de voir le cadre.

XII. Effet sur le collectif : validation et confusion

On peut discuter entre amis, sur un forum, un groupe Facebook, certes. Mais une prise de parole publique structurée comme celle-ci sur une plate-forme vidéo telle que YouTube agit sur un champ collectif, même lorsqu’elle se présente comme individuelle.

1. Un phénomène documenté

Ce phénomène n’est pas une intuition, il est largement documenté en psychologie sociale.

Les travaux de Solomon Asch ont montré que des individus peuvent adopter une position manifestement erronée simplement parce qu’elle est validée par un groupe.

Les expériences de Stanley Milgram ont mis en évidence la puissance de l’autorité perçue, même sans contrainte explicite.

Enfin, Daniel Kahneman et Amos Tversky ont démontré que la manière dont une information est présentée – effet de cadrage ou “framing effect” – en modifie profondément la perception.

👉 Vous pouvez télécharger le travail de Kahneman et Tversky, publié en 1981 dans la revue Science ICI.

2. Un cadre qui oriente la perception

Dans ce contexte, une prise de parole publique structurée ne se contente pas de transmettre un contenu : elle installe un cadre. La simple mise en position d’énonciation face à un public suffit à conférer à un discours une forme d’autorité implicite, indépendamment du statut réel de celui qui parle.

Ce cadre influence la perception – non seulement par le contenu, mais par la manière dont il est formulé – et tend à être repris et validé par le groupe.

Et cette vidéo ne se contente pas d’exprimer une position. Elle produit un effet – et cet effet est observable.

3. Un mécanisme observable de validation

Car dans les commentaires sous cette vidéo, on retrouve très rapidement une forme de validation. Le discours est reçu comme une mise au point juste, apaisante, nécessaire.

« Merci pour cette mise au point bien appropriée… »
« Oui, bien dit ! »
« Merci Pierre ! »

La parole ne suscite pas d’interrogation : elle est intégrée, absorbée brute. On observe également une reprise du vocabulaire, sans que les notions soient nécessairement interrogées.

« L’astral est bien là… mieux vaut suivre son chemin individuellement »
« L’astralisation fait partie du processus »
« chacun est responsable de ce qu’il fait de l’information »

Les termes circulent. Ils sont réutilisés. Mais ils ne sont pas remis en question.

Un autre point apparaît. Certains commentaires valorisent explicitement le ressenti produit par le discours.

« Je sentais la vibration dans les dernières minutes »
« Ça correspond à ce que Bernard a toujours signifié »

Le critère de validation n’est plus la justesse, mais l’impression. Ce qui est ressenti devient un indicateur suffisant.

Enfin, on observe un effet de renforcement. Le discours vient conforter des positions déjà présentes :

  • ne pas chercher à clarifier
  • ne pas confronter
  • rester dans une démarche individuelle
  • éviter toute structuration collective

Ce qui était posé dans la vidéo se retrouve amplifié. Le mécanisme se referme. La parole produit de l’adhésion. Elle stabilise un cadre. Elle renforce une manière de voir.

C.019B Origine de l’astralité de la mémoire de l’ego
Extrait de : C.019B - La folie
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Citation sonore

« L’astralité de la mémoire de l’égo provient de l’accumulation d’expériences subjectives et émotives qui au lieu d’augmenter le pouvoir de l’ego, retarde ce dernier et l’enchaîne dans les couches astrales de sa conscience inférieure ».

Série Communications – 019B – La folie

Ce qui apparaît ici n’est pas un mouvement de conscience, mais un phénomène de validation – une validation qui, loin d’ouvrir, tend à figer.

XIII. Revenir à l’essentiel : ce que dit réellement l’instruction

À ce stade, il devient nécessaire de quitter le commentaire du discours pour revenir à ce qui en constitue le point de référence.

Non pas pour opposer une lecture à une autre mais pour rétablir un axe.

Dans l’instruction, l’enjeu n’est pas de produire une compréhension, ni d’organiser une vision, ni de construire une position. Il s’agit de transformer le rapport de la conscience à ce qu’elle perçoit.

Et ce point change TOUT.

Car dans cette perspective, la connaissance n’est jamais un aboutissement.

MR-225 La connaissance est une illusion astrale
Extrait de : MR-225 : Il n'y a aucune intelligence dans vos sentiments
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Citation sonore

« Aussitôt que l’homme a l’impression que l’intelligence c’est de l’intelligence, il crée un monde ou il ajoute à un monde et il collabore à la création d’un monde qu’on appelle le monde astral. C’est pour ça que l’homme découvrira un jour que la connaissance est une illusion astrale. Et que dans l’intelligence, dans le monde de l’intelligence, dans le monde de l’énergie qui, en mouvement, crée de l’intelligence, il n’y a aucune connaissance, il n’y a pas de connaissance. ».

MR 225 – Il n’y a aucune intelligence dans vos sentiments

La connaissance ne constitue pas un appui.

Elle ne donne pas de position.

Elle ne sert pas à organiser une lecture du monde.

Elle appartient à la mémoire.

Et cette mémoire, dès qu’elle devient support de la pensée, introduit une distance.

« La pensée est astralisée à partir du moment où l’homme vit une polarité […] elle voile la pensée et brouille la clarté du mental. »

La Genèse du Réel

Dans ce cadre, le problème n’est pas de bien comprendre.

Le problème est ailleurs.

Il se situe dans le fait même de fonctionner à partir de ce qui est compris.

Car dès que la pensée devient un point d’appui, elle peut être récupérée.

Ce mécanisme ne dépend pas du contenu.

Il peut s’appliquer à n’importe quoi.

Y compris à l’instruction elle-même.

C’est pour cette raison que Bernard insiste sur un point radical :

Il ne s’agit pas d’adapter l’instruction à soi.
Il ne s’agit pas d’en faire une lecture personnelle.
Il ne s’agit pas d’en organiser une version.

👉 Car ce mouvement correspond précisément à ce qui est décrit comme une récupération.

L’instruction ne sert pas à construire.

Elle ne sert pas à consolider une identité.

Elle ne sert pas à produire une cohérence.

Elle agit autrement.

Elle déstabilise.

Elle retire les points d’appui.

Elle empêche précisément ce mouvement par lequel la conscience se structure autour de ce qu’elle croit comprendre.

Dans cette perspective, la question n’est plus de savoir quelle lecture est la bonne.

Elle devient beaucoup plus exigeante.

Elle porte sur la capacité à ne pas transformer ce qui est reçu en forme.

DM136 Contester l’information
Extrait de : DM136 - Le dédoublement de la pensée
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Citation sonore

« Un Homme qui n’est pas capable de contester l’information qui vient de l’invisible, ça équivaut occultement, ça équivaut à un être sur le plan matériel qui ne serait pas capable de vérifier la valeur de sa logique. Un Homme sur le plan matériel qui ne serait pas capable de vérifier la valeur de sa logique, donc de son intelligence, si on le regarde sur le plan occulte, l’équivalence de ceci c’est son incapacité de contester l’information. Et l’Homme apprendra que la contestation de l’information, ça fait partie des premiers pouvoirs qu’il aura sur l’invisible. Ça fera partie des premières conséquences, des premières gratifications de sa fusion.»

DM 136 – Le dédoublement de la pensée

Et c’est à cet endroit que se situe la différence.

Elle ne tient pas au vocabulaire.

Elle ne tient pas aux concepts.

Elle ne tient pas à la cohérence d’un discours.

Elle tient à la fonction.

Une parole peut être juste dans ses termes, structurée, cohérente, et pourtant fonctionner à l’intérieur d’un mouvement qui reconstruit ce que l’instruction vise à défaire.

C’est pour cette raison que Bernard de Montréal ne ramène jamais le travail à une question de compréhension, mais à une transformation du mode de fonctionnement de la conscience qui permet d’accéder au savoir.

Et dans ce cadre, une phrase suffit à résumer l’enjeu :

« L’intelligence n’est pas personnelle. » (MR 009 – Principe de l’intelligence)

XIV. Conclusion : le véritable danger

Ainsi, ce monologue vidéo publié sur la plate-forme de portée mondiale qu’est YouTube est, sous couvert de liberté, de dénonciation et d’explication, l’exemple même de ce qu’est une astralisation.

Le problème n’est pas que l’astralisation existe : elle fait partie du fonctionnement de la conscience tant qu’elle n’est pas vue.

Le problème n’est pas non plus qu’un discours en parle, ou tente d’en donner une lecture.

Le problème commence lorsque ce mécanisme n’est plus reconnaissable. Lorsqu’il est normalisé. Lorsqu’il est justifié. Lorsqu’il est intégré comme une étape, voire comme une fonction.

À ce moment-là, il ne se contente plus d’agir. Il devient invisible.

Et c’est là que le danger apparaît.

Car une conscience qui ne voit plus ce qui la structure ne peut plus se dégager de ce qui la conditionne.

Un discours qui reprend les termes de l’instruction tout en en inversant la fonction ne s’oppose pas à elle.

Il la détourne.

Il en conserve l’apparence.

Il en mobilise le vocabulaire.

Mais il en neutralise la portée.

Et ce mouvement est d’autant plus efficace qu’il se présente sous les traits de la liberté.

Liberté de penser.

Liberté d’interpréter.

Liberté de faire son chemin.

Mais une liberté qui ne s’appuie sur aucun discernement n’est pas une liberté.

C’est une absence de repère.

Et une absence de repère n’ouvre pas.

Elle expose.

Ce qui est en jeu ici n’est pas une divergence d’opinion.

Ce n’est pas une question de lecture.

C’est la capacité même de voir.

Voir ce qui est à l’œuvre dans un discours.

Voir comment une idée peut être déplacée.

Voir comment une instruction peut être utilisée à l’inverse de sa fonction.

Car lorsque cette capacité disparaît, il ne reste plus qu’une chose : un discours qui tourne sur lui-même, validé par ceux qu’il conforte, et imperméable à toute remise en question.

Ce qui est en jeu ici n’est pas une divergence d’opinion.

Ce n’est pas une question de lecture.

C’est la capacité même de voir.

PE104 Aucun homme ne doit être convaincu par un autre !
Extrait de : PE104 - Les ailes des mots
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Citation sonore

« Si vous utilisez les mots pour vous convaincre ou convaincre les autres, vous leur enlevez les ailes. Aucun homme ne doit être convaincu par un autre. Les hommes doivent être éclairés seulement. Et à condition de les rendre libres. Le reste, c’est l’involution, le reste c’est la philosophie, ce sont les religions, ça ne fait pas partie de la conscience supérieure de l’homme »

PE 104 — Les ailes des mots

 ▶︎ C’est cela, le véritable danger.

En écho, Bernard de Montréal formule l’autre versant du processus, celui qui procure à l’homme sa véritable liberté.

« Cette condition fera de l’ego un agent qui perfectionnera sa conscience, au lieu d’être inconscient et abêti par l’astral. »

La Genèse du Réel (La lumière de l’esprit)

Cet article ne propose pas une opinion, mais une lecture du fonctionnement d’un discours. L’enjeu n’est pas de juger, mais de voir.

Analyse éditoriale — BDMS

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