De la résistance à l’autonomie : 4e Mini Rencontre

4e journée de Mini Rencontres
15 février 1981
De la résistance à l'autonomie

Reconstitution du mécanisme par lequel les chocs vibratoires conduisent progressivement l’Homme de la résistance à l’autonomie.

Pourquoi certaines épreuves semblent-elles revenir sans cesse, malgré les efforts pour les comprendre, les éviter ou les dépasser ? Tout au long des Mini Rencontres MR-018 à MR-021, Bernard de Montréal décrit un mécanisme où les chocs vibratoires, la souffrance, la résistance, la volonté et l’autonomie s’enchaînent selon une logique déterminée. Cette étude reconstitue pas à pas cette progression afin de montrer comment l’Homme passe progressivement de la soumission à l’esprit à l’exercice de sa propre volonté.

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Bernard de Montréal
4e Mini Rencontre – 15 février 1981 (3h)
MR-018 : L'homme et sa relation avec l'invisible
Mini Rencontres

Thèmes

  • Combat contre l’esprit
  • Fin de l’attente
  • Développement de l’autonomie
  • Rapport entre l’Homme et le monde des esprits
  • Harmonie avec son propre esprit
  • Chocs vibratoires
  • Résistance vibratoire
  • Fonction initiatique de la souffrance
  • Naissance de la volonté
  • Révolte de l’esprit

Les quatre enregistrements du jour 4

MR-018 : l’homme et sa relation avec l’invisible
MR-019 : l’expérience humaine
MR-020 : l’instruction, outil vibratoire de transmutation
MR-021 : la cellule de l’esprit
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Introduction

Les conférences réunies dans cette quatrième journée des Mini Rencontres développent un mécanisme qui occupe une place centrale dans l’instruction de Bernard de Montréal : comment les évènements, les difficultés et les périodes de souffrance participent à un processus beaucoup plus vaste que leur seule dimension psychologique.

Au premier abord, ces conférences peuvent surprendre. Bernard y parle de résistance, de volonté, de révolte, de combat, d’autonomie, du monde des esprits et de la nécessité pour l’Homme de ne plus leur être soumis. Pris séparément, chacun de ces thèmes peut sembler représenter un sujet indépendant. Pourtant, au fil des échanges, ils s’articulent les uns aux autres avec une remarquable continuité.

Cette progression apparaît d’autant plus clairement que Bernard en décrit graduellement les mécanismes. Les chocs vibratoires produisent la souffrance. La souffrance développe la résistance. La résistance atteint progressivement sa limite et donne naissance à la volonté. Cette volonté transforme ensuite le rapport de force entre l’Homme et l’esprit jusqu’à conduire à l’autonomie.

L'originalité de cette journée, c’est qu'une mécanique y est déroulée : Bernard ne s’arrête pas aux événements, aux accidents, à l’attente ou aux épreuves, il en dévoile la fonction. Les obstacles et les situations qui paraissent sans issue sont en réalité les rouages d’un processus dont chaque étape prépare la suivante.

Cette lecture permet également de mieux comprendre certaines expressions récurrentes de Bernard de Montréal, souvent citées mais rarement replacées dans leur enchaînement. Pourquoi affirme-t-il que l’Homme doit développer de la résistance ? Pourquoi parle-t-il d’un mur ? Pourquoi associe-t-il la volonté à une révolte ? Pourquoi évoque-t-il un combat contre l’esprit ? Et pourquoi considère-t-il finalement que toute forme de soumission, même à un esprit dit évolutif, doit disparaître ?

Les quatre conférences étudiées répondent à chacune de ces questions. Elles montrent que ces notions désignent les différentes manifestations d’un même mécanisme de transformation.

Cette analyse vous propose donc de reconstruire ce mécanisme dans l’ordre où il se déploie. En rapprochant les passages dispersés au fil des conférences, il devient possible de suivre la progression complète décrite par Bernard de Montréal : des premiers chocs vibratoires jusqu’à l’autonomie, où l’Homme cesse finalement d’être soumis à une volonté autre que la sienne et agit à partir de son propre esprit.

1. Le combat contre le monde des esprits

1.1 L’ignorance de la réalité invisible

Dès les premières phrases de cette journée, Bernard de Montréal commence par une remise en question de la manière dont l’Homme conçoit l’invisible. Il n’a pas besoin de le décrire, mais pose la question suivante : pourquoi l’Homme le perçoit-il comme invisible ?

Car l’invisible n’est pas une réalité séparée de la nôtre : il révèle avant tout une limite de la conscience humaine. En effet, ce que l’Homme appelle « invisible » n’est pas caché en soi et n'est que ce qu’il ne possède pas encore les moyens de percevoir.

MR-018 L’invisible n’existe que parce que l’homme croit qu’il existe
Extrait de : MR-018 : L'homme et sa relation avec l'invisible
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Citation sonore

« L’Homme croit que l’invisible existe, l’Homme appelle ou nomme ou dénomme l’invisible comme étant cette qualité de la réalité qui n’est pas perceptible à ses sens. L’Homme a donné le nom, le terme invisible, à quelque chose qu’il ne voit pas. Et je vous dis aujourd’hui que l’invisible n’existe pas. L’invisible n’existe pas en lui-même, c’est l’Homme qui ne voit pas. Les outils de l’Homme ne sont pas raffinés et si les outils de l’Homme étaient raffinés, l’Homme pourrait voir et l’invisible n’existerait pas. Mais comme l’Homme ne voit pas, l’invisible existe. » (MR-018)

Si l’invisible n’existe pas juste parce que l’Homme ne le voit pas, alors le problème ne se situe plus du côté de l’invisible lui-même, mais du côté de l’Homme, ce qui renverse la manière habituelle d’aborder cette question. Car de ce fait, ce n’est plus le monde invisible qui demande à être expliqué, mais la raison pour laquelle il demeure invisible pour la conscience humaine. Et la problématique devient : au lieu de chercher à comprendre ce qui se trouve derrière le voile, il faut d’abord s’interroger sur les limites de celui qui regarde.

Dans cette perspective, l’ignorance correspond ainsi à un état de conscience qui ne permet pas encore une perception directe. Tant que cette perception n’est pas acquise, l’Homme est conduit à interpréter ce qu’il ne voit pas réellement : il remplit les zones obscures par des explications, des croyances ou des représentations qui lui permettent de donner un sens à ce qui lui échappe.

Cette situation engendre une conséquence psychologique immédiate : ce qui échappe à la perception devient naturellement source de crainte. L’inconnu acquiert alors une puissance qui ne provient pas de sa nature propre, mais de l’incertitude qu’il provoque chez celui qui l’observe.

« Et lorsque nous ne voyons pas une chose et que cette chose à un moment donné de notre vie fait irruption soudainement dans notre vie, nous vivons la crainte de cette chose. » (MR-018)

Dès lors, la peur devient le premier mécanisme de conditionnement.

L'ignorance de l'Homme est déjà une fragilité, mais tant que cette perception directe de l’invisible fait défaut, il reste exposé aux interprétations. C’est sur ce terrain que peut s’installer la confusion, notamment lorsqu’il devient incapable de distinguer le monde des esprits de la lumière.

1.2. La confusion entre esprit, monde des esprits et lumière

L’Homme attribue à la lumière ce qui relève en réalité du monde des esprits. (citations de MR-018 + MR-020)

Car si l’ignorance empêche l’Homme de percevoir directement la réalité invisible, elle entraîne une seconde conséquence : la confusion. Ne voyant pas clairement ce qui agit derrière les formes, il finit par tout regrouper sous une même appellation. Pour beaucoup, tout ce qui appartient à l’invisible relève nécessairement de la lumière, du bien ou du divin. C’est cette assimilation qui est remise en cause : la spiritualité telle qu’elle est véhiculée dans le monde depuis des millénaires.

Avant même d’expliquer les mécanismes qui relient l’Homme au monde invisible, Bernard établit une distinction fondamentale entre deux réalités différentes.

« Il y a le monde matériel, il y a le monde de l’esprit, des esprits, et il y a le monde de la lumière.[...] Et tant que l’Homme est assujetti au monde de l’esprit et qu’il croit que le monde de l’esprit est le monde de la lumière, il est dans la merde de la forme de l’esprit. » (MR-018)

Le monde des esprits ne constitue donc pas le prolongement naturel de la lumière. Il s’agit d’un ordre distinct. Dès lors, toute manifestation invisible ne peut plus être considérée automatiquement comme l’expression de la lumière.

C’est précisément cette confusion qui accompagne l’humanité depuis des millénaires.

Le piège ne se situe pas dans l’existence du monde des esprits lui-même, mais dans l’interprétation que l’Homme en fait. Dès qu’il attribue spontanément ces manifestations à la lumière, il cesse d’exercer son discernement et il est pris au piège. Il accepte la forme avant même d’en avoir compris l’origine.

Cette confusion représente, en d’autres termes, le deuxième mécanisme de conditionnement. Une fois installée, elle influence la manière dont l’Homme interprète les phénomènes qu’il vit, les enseignements qu’il reçoit et les expériences extraordinaires qu’il peut traverser. L’invisible cesse alors d’être observé ; il est immédiatement interprété selon les cadres psychologiques ou spirituels déjà présents dans sa mémoire.

Pour illustrer ce mécanisme, Bernard prend un exemple particulièrement connu : les apparitions de Fatima. Son intention n’est pas de discuter de leur authenticité historique mais d’examiner leurs effets sur la conscience humaine.

« Les forces de la lumière ne sont pas encore venues sur la Terre. La puissance de l’intelligence se manifeste sur la Terre. Mais cette intelligence ne fait pas partie de la lumière (…) » (MR-020)

Puis il poursuit en décrivant les conséquences qu’il attribue à cet événement :

« Elles permettent la continuité de la spiritualité chez l’humanité, elles sectarisent la spiritualité dans l’humanité (…) et elle permet à toute une civilisation de vivre dans la crainte des temps futurs. » (MR-020)

Quel que soit le jugement que l’on porte sur cet évènement ou ceux qui sont similaires, le raisonnement développé par Bernard reste le même : ce n’est pas le caractère spectaculaire d’un phénomène qui permet d’en déterminer l’origine, ni son pouvoir de fascination, ni les émotions qu’il suscite. Un phénomène se juge avant tout à ses effets sur l’évolution de l’Homme : s’il entretient la dépendance, la peur, l’attente ou la division, il ne relève pas de la lumière mais participe au maintien de la spiritualité qu’il faudrait justement dépasser.

La confusion entre le monde des esprits et la lumière ne se résume pas à une erreur de vocabulaire. Ses conséquences sont profondes et elle a des conséquences fondamentales sur l’Homme, car elle devient le socle d’un rapport faussé avec l’invisible. Tant que cette distinction n’est pas clairement établie, l’Homme demeure exposé à des influences qu’il prend lui-même pour des manifestations de la lumière. Depuis toujours, l’Homme est englué dans cette confusion qui entretient ce rapport de dépendance dont il ne soupçonne même pas l’existence, car la confusion entre le monde des esprits et celui de la lumière l’empêche de reconnaître les liens qui le maintiennent sous leur influence.

Cette confusion ne produit pas seulement une erreur de jugement. Elle ouvre sur un mécanisme encore plus profond : dès lors que l’Homme attribue spontanément à la lumière ce qui relève du monde des esprits, il ne voit plus les influences auxquelles il se soumet ; il peut alors établir des alliances qu’il croit favorables, sans percevoir qu’elles participent au maintien de sa dépendance. C’est ce mécanisme qui permet de comprendre comment l’Homme en vient progressivement à se soumettre au monde des esprits.

MR-018 Il y a deux mondes dans le monde des esprits
Extrait de : MR-018 : L'homme et sa relation avec l'invisible
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Citation sonore

« Et si vous voyiez, si vous pouviez voir dans le monde des esprits, vous verriez qu’il y a deux mondes dans le monde des esprits : il y a un monde par-là, et il y a un monde par-là. Et de ces deux mondes, chacun veut votre esprit. De quel droit ? Parce que vous êtes dans la matière, parce que vous ne voyez pas dans l’invisible, parce que vous ne pouvez pas être autonome, parce que vous pensez et parce qu’on se sert de vos pensées pour créer avec vous des alliances spirituelles, d’un camp ou d’un autre, mais le résultat étant toujours le même : la soumission de l’Homme à l’esprit.
Que l’Homme soit soumis à l’esprit qui évolue ou que l’Homme soit soumis à l’esprit qui involue, l’Homme est soumis à l’esprit et l’Homme ne doit pas être soumis à l’esprit ! L’Homme doit être en harmonie vibratoire avec son propre esprit ! » (MR-018)

1.3. Les alliances spirituelles : un mécanisme de domination

Donc cette confusion entre le monde des esprits et la lumière n’est pas sans conséquence, puisqu'en plus de produire une erreur de compréhension, elle modifie progressivement le rapport que l’Homme entretient avec l’invisible. Ne distinguant plus clairement l’origine des influences qu’il reçoit, il peut les accueillir sans les remettre en question. Ce qui lui paraît inspirant, protecteur ou élevé devient spontanément digne de confiance. C’est ainsi que se mettent en place des alliances.

« Les Hommes, dans leurs alliances avec les jeux de l’esprit, avec l’esprit, avec la forme de l’esprit et l’esprit de la forme, ont détruit leur pouvoir. » (MR-018)

Le mot alliance mérite qu’on s’y arrête. Dans ce cadre, c’est un mécanisme inconscient auquel l’Homme participe sans en percevoir la portée : en attribuant à la lumière tout ce qui provient de l’invisible, il n’exerce plus son discernement. Il accepte certaines pensées, certaines impulsions ou certaines certitudes comme si elles provenaient naturellement d’une intelligence supérieure. Pourtant, cette adhésion progressive ne renforce pas son autonomie : elle la diminue.

Quant au mot pouvoir, lorsque Bernard utilise ce mot, il est important de rappeler qu’il ne désigne pas un pouvoir sur les autres. Il parle de la capacité de l’Homme à demeurer centré dans son propre esprit, à penser et à agir sans être déterminé par une influence qui lui est extérieure. Or les alliances avec le monde des esprits entraînent justement la perte de cette autonomie intérieure : la pensée ne lui appartenant pas, il perd la maîtrise de son propre mouvement intérieur.

Le phénomène est d’autant plus difficile à reconnaître qu’il ne passe pas nécessairement par des expériences extraordinaires : c’est souvent dans son quotidien que le problème se situe. L’Homme croit que ses pensées lui appartiennent alors qu’il ne s’interroge jamais sur leur source ; il croit penser librement alors qu’il ne voit pas toujours l’origine de ce qui traverse son esprit. C’est ainsi que cette dynamique s’installe dans le fonctionnement même de la pensée et c’est à ce niveau que se situe le mécanisme de domination.

Donc l’alliance avec l’invisible produit un effet de leurre : l’Homme croit qu’elle le rend libre et qu’elle renforce son autonomie alors qu’elle l’emprisonne dans un système qui le contraint dans sa pensée. Et cette tromperie est d’autant plus efficace qu’il lui donne l’impression d’agir de lui-même. La dépendance est invisible précisément parce qu’elle se présente comme de l’autonomie. Il croit avoir le libre-arbitre.

« […] parce qu’on se sert de vos pensées pour créer avec vous des alliances spirituelles, d’un camp ou d’un autre, mais le résultat étant toujours le même : la soumission de l’Homme à l’esprit. » (MR-018)

En surface, il semble s’agir de croyances ou de doctrines. Mais en réalité, c’est la pensée elle-même qui devient le support d’une influence qui échappe à l’Homme. Que cette influence se présente sous une forme rassurante ou inquiétante importe finalement assez peu. Des deux côtés, le résultat reste identique : tant que l’Homme demeure lié au monde des esprits, il ne peut pas devenir autonome.

L’objectif n’est pas de remplacer une influence par une autre, ni de choisir un « bon » esprit plutôt qu’un « mauvais ». Il s’agit de sortir du principe même de la dépendance. C’est pourquoi il ne s’agit pas d’améliorer la relation avec le monde des esprits, mais d’y mettre un terme.

« […] l’Homme de l’avenir devra être totalement indépendant en esprit du monde des esprits. » (MR-019)

La rupture doit donc être beaucoup plus radicale qu’un simple changement de croyance. Elle implique que l’Homme cesse progressivement de chercher son orientation à l’extérieur de lui-même, même lorsque cette orientation paraît provenir d’un plan qu’il juge supérieur.

Tant qu’il éprouve le besoin d’être confirmé, rassuré, guidé ou orienté par une intelligence qu’il situe hors de lui, il demeure inscrit dans le même rapport de dépendance, même si celui-ci prend une apparence plus raffinée ou plus spirituelle. Ce n’est donc pas la nature de l’influence qui est en cause, mais le fait même de continuer à s’y référer.

Tant que persistent ces alliances invisibles, l’autonomie ne peut être qu’apparente. La liberté commence précisément au moment où l’Homme ne fonde plus ses décisions sur ce rapport de dépendance.

Et tant que l’Homme ignore l’existence de ces alliances, il ne peut évidemment pas s’y opposer.

Mais à partir du moment où il commence à les reconnaître, une autre question se pose : peut-il continuer à les accepter en sachant qu’elles entretiennent justement ce dont il cherche à se libérer ? La rupture devient ainsi inévitable. Les alliances qui ont conduit à la soumission ne peuvent être défaites par une nouvelle croyance, une meilleure interprétation ou une tentative d’amélioration : elles exigent une opposition consciente, une remise en question permanente et le refus de toute autorité qui chercherait à s’exercer sur l’esprit de l’Homme : pour que cette rupture se produise, il va falloir en passer par un combat.

1.4. Le combat : une nécessité pour rompre la soumission

Le véritable problème n’est donc pas de remplacer une croyance par une autre. Les alliances qui maintiennent l’Homme dans la dépendance existent déjà ; elles ne disparaissent pas parce qu’il change d’idée ou interprète autrement l’invisible. Pour qu’elles cessent d’agir, c’est son rapport même au monde des esprits qui doit être transformé. Tant que l’Homme continue d’accepter sans examen ce qui s’impose à son esprit, il demeure dans le même rapport de dépendance. La rupture ne peut donc pas venir d’un changement de contenu ; elle doit transformer la manière même dont l’Homme entre en relation avec ce qui se présente à lui.

« Vous devez questionner tout de l’esprit, vous ne devez jamais accepter ce que l’esprit vous dit, parce que l’esprit doit se fondre en vous par le combat avec lui et non par une alliance psychologique et spirituelle… » (MR-018)

Le mot combat peut facilement être mal compris. Il ne s’agit pas une lutte imaginaire contre des entités invisibles, ni d’une opposition entretenue par la peur ou l’agressivité mais d’une attitude intérieure entièrement nouvelle. Questionner, contester, ne plus accepter automatiquement ce qui se présente à la conscience : c’est à ce niveau que commence le combat. Tant que l’Homme adhère spontanément à ce qui traverse son esprit parce que cela lui paraît juste, élevé ou rassurant, il demeure vulnérable. Le premier acte de liberté consiste précisément à suspendre cette adhésion spontanée.

Il ne s’agit donc plus de croire davantage, mais d’acquérir un discernement qui ne repose plus sur la croyance. Toute pensée, toute certitude, toute impulsion devient susceptible d’être examinée. Non pas dans un esprit de doute systématique ou de scepticisme, mais parce que l’autonomie exige que plus rien ne soit accepté uniquement en raison de son apparence ou de l’autorité qui semble l’accompagner.

Une telle position renverse profondément le rapport traditionnel de l’Homme à l’invisible. Pendant des millénaires, la recherche spirituelle a souvent consisté à apprendre à écouter, à recevoir ou à obéir. Ici, le mouvement s’inverse complètement. Ce n’est plus l’obéissance qui est recherchée, mais la capacité à demeurer debout devant ce qui sollicite l’esprit.

« L’Homme se demande : “de quel droit, de quel pouvoir, puis-je contester ce que l’esprit me dit ?”. Et je réponds à la question de cet Homme qu’il peut contester ce que l’esprit lui dit… » (MR-019)

Cette possibilité de contester est tout à fait nouvelle. Tant que l’Homme croit ne pas avoir le droit de remettre en question ce qui provient du monde des esprits, il demeure psychologiquement inférieur à ce qu’il perçoit comme une autorité. À partir du moment où cette contestation devient possible, le rapport de force commence à se modifier. L’Homme cesse progressivement d’être un récepteur passif : il devient un participant conscient de son propre développement.

Bien sûr, ce combat ne produit pas immédiatement l’autonomie. Il en crée les conditions. Car on ne devient pas libre simplement parce que l’on comprend un mécanisme, encore faut-il refuser de continuer à y participer. C’est précisément ce refus qui marque le début de la rupture. À partir de là, une autre vie devient possible : celle d’un Homme qui ne cherche plus son orientation dans le monde des esprits, mais qui découvre progressivement en lui-même le centre à partir duquel il pourra penser, agir et décider sans dépendance. C’est cette autonomie que nous allons maintenant examiner.

1.5. Devenir son propre maître

Le combat contre le monde des esprits n'est pas une fin en soi. Il ne s’agit pas de vivre dans une opposition permanente, ni de remplacer une forme de dépendance par une autre. Si ce combat est nécessaire, c’est uniquement parce qu’il ouvre la possibilité d’une autonomie que l’Homme n’a jamais réellement connue.

Mais cette indépendance ne signifie pas que l’Homme se coupe de toute intelligence ou qu’il s’isole dans une autonomie psychologique : elle désigne la fin d’un rapport de soumission. Tant que l’Homme cherche son orientation à l’extérieur de lui-même, même auprès de ce qu’il considère comme supérieur, il demeure dans cette relation de dépendance. L’autonomie commence lorsqu’il cesse progressivement d’abandonner son pouvoir à une autorité qui lui est extérieure.

La transformation ne consiste donc pas à apprendre davantage, ni à accumuler des connaissances sur les mondes invisibles, mais à faire en sorte que le centre de décision revienne progressivement à l’Homme lui-même. Ce qu’il croyait devoir recevoir de l’extérieur cesse peu à peu de constituer le fondement de son action.

« L’Homme lui-même, l’Homme de demain, sera son propre maître et aucun Homme n’aura sur lui de maîtrise, et aucun esprit n’aura sur cet Homme de maîtrise. » (MR-019)

L’Homme, sorti de l’ignorance, deviendra donc son propre maître. L’ignorance conduisait à la confusion ; la confusion ouvrait la voie aux alliances ; les alliances entretenaient la soumission ; le combat permettait d’en sortir. L’autonomie n’est ni un idéal moral, ni une récompense, mais l’état qui devient possible lorsque ces mécanismes cessent progressivement de gouverner l’Homme.

Être son propre maître ne signifie pas faire ce que l’on veut, ni revendiquer une indépendance psychologique fondée sur l’ego. Il s’agit d’une autonomie beaucoup plus radicale : celle d’un Homme qui ne remet plus la direction de sa vie entre les mains d’une autorité extérieure, quelle qu’en soit la nature. À partir de là, la question n’est plus seulement de rompre avec les anciennes formes de dépendance : elle devient celle du centre réel à partir duquel l’Homme pense, agit et évolue.

2. Le centre de gravité de l'Homme

2.1. la confusion

Le combat contre le monde des esprits ne laisse pas l’Homme sans point d’appui. Au contraire. En rompant progressivement avec les influences auxquelles il se soumettait sans le savoir, une autre question apparaît : à partir de quoi peut-il désormais penser, décider et agir ? Si les anciens repères ne peuvent plus servir de fondement, il faut nécessairement qu’un autre centre s’établisse. C’est ça, la centricité.

« La centricité, c’est la capacité de votre esprit, en tant qu’Homme, de réaliser parfaitement ce que vous savez en tant qu’âme. C’est le rapport entre les deux. C’est le rapport entre votre personnalité, votre égo et l’âme. C’est ça, la centricité. » (MR-018)

Voyons d’abord ce que n’est pas la centricité. Elle n’est ni une qualité psychologique, ni un état de bien-être. Elle ne consiste pas davantage à se recentrer sur soi-même au sens où ce terme est souvent employé aujourd’hui.

En revanche, ce qu’elle est, c’est une organisation intérieure précise, fondée sur un rapport nouveau entre la personnalité, l’ego et l’âme, qui modifie le centre à partir duquel l’Homme pense, agit et comprend.

Jusqu’à présent, l’Homme cherchait son orientation à l’extérieur de lui-même. Désormais, ce mouvement s’inverse. La question n’est plus de recevoir des réponses venant d’une autorité extérieure, mais de permettre un ajustement intérieur grâce auquel ce que l’âme sait peut être réalisé consciemment par l’Homme.

Le savoir ne provient pas d’une accumulation de connaissances, ni d’une communication avec le monde des esprits, et encore moins d’une intuition psychologique ou d’une croyance plus élaborée.

« Ce n’est pas parce que vos égos communiquent avec des esprits ou de l’esprit, que votre égo sait ! Mais c’est lorsque votre égo est en communication avec votre âme que vous savez. » (MR-018)

Le savoir apparaît donc lorsque l’ego entre en communication avec l’âme. Tant que l’Homme recherche le savoir auprès du monde des esprit, il reste dans un rapport de dépendance. Même lorsqu’il croit gagner en compréhension, il continue de chercher son point d’appui à l’extérieur de lui-même.

La centricité modifie ce mécanisme : le centre de gravité cesse d’être projeté hors de l’Homme pour venir progressivement là où il peut enfin devenir autonome et les alliances précédentes sont rompues, car elles limitaient sa liberté en le maintenant captif et détournaient son attention de ce qui devait devenir son centre. La centricité ne consiste donc pas à remplacer une influence par une autre. Elle marque le moment où le centre de gravité cesse d’être recherché à l’extérieur pour se constituer à l’intérieur de l’Homme lui-même.

C’est pourquoi un seul appui peut désormais exister.

« L’Homme n’a et n’aura qu’un point d’appui dans sa vie, sur n’importe quel plan, c’est l’âme. Son âme. » (MR-018)

Le centre de soi-même, cette fameuse centricité, devient ainsi le nouvel axe autour duquel tout le reste va pouvoir s’organiser. 

2.2. L’âme, filtre de l’universel

La centricité répond à la question du point d’appui de l’Homme. Mais elle en soulève immédiatement une autre : pourquoi ce point d’appui se situe-t-il précisément au niveau de l’âme ? Pourquoi l’âme plutôt que l’ego ? Pourquoi ne pourrait-il pas exister un contact direct entre l’Homme et l’universel ? Pourquoi l’âme occupe-t-elle cette place centrale·? Qu’a-t-elle de particulier que ne possèdent ni l’ego, ni la personnalité, ni même le monde des esprits ?

« Parce que l’âme possède une capacité d’absorption de l’universel que l’esprit ne possède pas. L’âme est un filtre ! Seule l’âme peut filtrer à l’infini l’énergie de l’universel. » (MR-018)

Filtre est ici un mot-clé, car il ne s'agit pas d'une métaphore destinée à illustrer le propos, mais de décrire une propriété très précise de l’âme : sa capacité d’absorber l’énergie de l’universel. Cette capacité n’est attribuée ni à l’ego, ni à la personnalité, ni à l’esprit de l’Homme. Elle appartient exclusivement à l’âme.

Cette précision change profondément la manière d’envisager le rapport entre l’Homme et l’universel. Il ne suffit pas que cette énergie existe pour que l’Homme puisse travailler avec elle. Encore faut-il que l’Homme soit relié à la seule partie de lui-même qui possède cette capacité d’absorption. Toute la problématique se déplace donc sur les conditions qui permettent à cette énergie d’être intégrée sans détruire les structures psychologiques de l’Homme.

Cette notion permet également de comprendre pourquoi la centricité ne peut jamais résulter d’un simple effort de volonté. Il ne suffit pas de vouloir se centrer. Tant que l’ego n’est pas lié à l’âme, cette capacité d’absorption ne peut pas s’exercer.

« Et tant que l’égo, la personnalité, sur un plan ou un autre, n’est pas lié à l’âme d’une façon définitive, il est impossible à l’esprit de l’Homme de manipuler cette énergie : elle le détruit et le rend fou. » (MR-018)

La puissance de cette énergie n'est pas le problème, elle est ce qu’elle est. Mais comme l’ego et la personnalité ne sont pas encore définitivement liés à l’âme, celle-ci étant seule capable de l’absorber, cette énergie e ne peut pas être manipulée par l’esprit de l’Homme tant que ce rapport n'est pas établi, car au lieu de participer à son évolution, elle le détruit et le conduit à la folie.

« L’âme est une… l’énergie qui vient de l’âme est une énergie universelle qui est très puissante. Et lorsque l’énergie passe de ce plan et descend vers la matière, il est évident que l’Homme en subit des contre-chocs et est obligé de s’ajuster psychologiquement à cette nouvelle façon de percevoir l’énergie en lui. » (MR-020)

L’énergie de l’âme ne se situe donc pas sur un plan abstrait. Elle descend jusqu’à la matière et agit directement sur l’Homme. Cette descente ne s’effectue pas sans conséquences. Elle impose un ajustement progressif qui peut être vécu sous forme de contre-chocs, précisément parce que les structures psychologiques habituelles ne sont pas encore adaptées à cette nouvelle réalité.

L’âme n’est pas seulement le point d’appui de l’Homme, elle est aussi la seule structure capable d’absorber l’énergie de l’universel et de rendre possible son intégration progressive. Cette capacité d’absorption explique pourquoi le centre de gravité ne peut plus demeurer dans l’ego ou dans la personnalité. C’est autour de l’âme que va progressivement s’organiser une nouvelle architecture intérieure.

2.3. L’indivisibilité de l’Homme

Si l’âme est devenue le seul point d’appui de l’Homme et si elle seule possède la capacité d’absorber l’énergie de l’universel, une nouvelle question apparaît alors.

Comment cette capacité peut-elle rejoindre concrètement la conscience de l’Homme ?

L’âme sait, mais tant que ce savoir demeure séparé de l’ego et de la personnalité, il ne peut pas devenir le fondement de sa vie. Toute la question consiste donc à comprendre de quelle manière ces trois réalités vont progressivement s’organiser entre elles.

« C’est pourquoi nous devons fixer notre personnalité à notre égo, et notre égo à notre âme, car notre âme sait. C’est l’âme qui sait ! Ce n’est pas parce que vos égos communiquent avec des esprits ou de l’esprit, que votre égo sait ! Mais c’est lorsque votre égo est en communication avec votre âme que vous savez. » (MR-018)

Le verbe fixer est le socle du mécanisme. Car le sujet n’est pas de seulement rapprocher la personnalité, l’ego et l’âme ni d’établir une relation plus harmonieuse entre eux : il existe une organisation intérieure très précise, dont chaque élément occupe une place déterminée. La personnalité ne se fixe pas directement à l’âme. Elle se fixe d’abord à l’ego, tandis que l’ego se fixe à l’âme. Cet ordre n’a rien d’arbitraire : il correspond à la manière dont le savoir peut progressivement parvenir jusqu’à la conscience de l’Homme.

Pourquoi cette organisation est-elle nécessaire ? Parce que le savoir ne naît pas au niveau de l’ego. L’ego ne produit pas lui-même cette intelligence. Il ne peut donc pas devenir le centre de gravité de l’Homme. Son rôle est d’entrer en communication avec l’âme, car c’est elle qui sait. La personnalité, quant à elle, ne reçoit pas directement ce savoir. Elle l’exprime à travers un ego désormais relié à son véritable point d’appui. L’ensemble forme ainsi une continuité où chaque niveau remplit une fonction qui lui est propre.

Cette distinction est fondamentale, car, comme nous l'avons démontré plus haut, tant que l’ego cherche son orientation dans le monde des esprits, il demeure dépendant d’une réalité extérieure à lui-même. Même lorsqu’il reçoit des informations exactes, même lorsqu’il vit des expériences qui lui paraissent convaincantes, son fonctionnement intérieur reste inchangé. Il continue de chercher hors de lui ce qui devrait progressivement trouver sa source dans le rapport avec l’âme. Une information, aussi juste soit-elle, ne transforme pas la structure de l’Homme. C’est cette structure qu’il faut désormais modifier. Mais à partir du moment où l’ego cesse progressivement de chercher son point d’appui à l’extérieur, toute l’organisation intérieure commence à se réordonner. Ce déplacement est suffisamment profond pour que Bernard parle d’un véritable renversement.

« Chez l’Homme en général, l’ego et la personnalité sont toujours dans un contrebalancement, fonctionnent toujours l’un envers l’autre. Mais lorsque l’Homme devient supramental, que cette énergie pénètre en lui, il se produit un phénomène chez lui de renversement, où ce n’est plus le jeu entre l’ego et la personnalité, mais un jeu entre l’ego et l’âme. » (MR-020)

Jusqu’alors, dans l'involution, l’ego et la personnalité formaient le principal axe de fonctionnement de l’Homme. Les pensées, les réactions, les désirs, les peurs ou les croyances s’organisaient à l’intérieur de ce dialogue permanent. Avec la pénétration de l’énergie de l’âme, cet équilibre commence à se déplacer. L’ego cesse progressivement de fonctionner principalement par rapport à la personnalité. Son rapport essentiel devient celui qu’il établit avec l’âme. La personnalité n’est pas supprimée pour autant ; elle cesse simplement d’être le pôle autour duquel tout s’organise.

Et c’est cette nouvelle organisation qui conduit à ce que Bernard appelle l’indivisibilité.

« L’âme de l’Homme, c’est le centre de lui-même lorsqu’elle a atteint un niveau d’évolution, cette âme, et que l’égo est en harmonie avec cette âme et que la personnalité est en harmonie avec l’égo. L’âme, l’égo et la personnalité sont indivisibles. Et l’Homme devient indivisible. Et son esprit est en puissance. » (MR-018)

L'indivisibilité décrit donc l'organisation de la personnalité, de l’ego et de l’âme. Tant que ces trois réalités ne sont pas harmonisées, l’Homme demeure divisé dans son fonctionnement. Lorsqu’elles s’ordonnent selon le rapport décrit précédemment, l’Homme devient indivisible.

Cette indivisibilité n’est ni un état émotionnel, ni une sensation d’unité intérieure. C’est une structure cohérente. Ce que l’âme sait, ce que l’ego reconnaît et ce que la personnalité manifeste cessent progressivement d’être dissociés. La division intérieure qui caractérisait l’Homme ancien laisse place à une organisation où chaque niveau retrouve sa fonction propre sans entrer en conflit avec les autres.

L’esprit de l’Homme est alors en puissance et peut enfin fonctionner à partir de sa propre organisation intérieure, sans dépendre des influences qui le déterminaient jusque-là. Il n’est plus partagé entre plusieurs centres de gravité. Il devient opérant parce que l’Homme lui-même est devenu indivisible.

Cette réorganisation intérieure n'est pourtant pas l’aboutissement du processus. Une fois le rapport entre l’ego et l’âme établi, il reste encore à comprendre comment cette relation se développe concrètement au cours de la transformation de l’Homme.

2.4. Le rapport ego-âme

L’indivisibilité de l’Homme n’achève pas pour autant le processus. Une fois cette nouvelle organisation intérieure établie, le rapport âme-ego-personnalité continue d’évoluer. Le changement ne porte plus sur leur disposition, il porte sur leur fonctionnement : l’ego cesse progressivement de fonctionner à partir de la personnalité pour entrer dans un rapport direct avec l’âme.

« Lorsque les forces du supramental pénètrent la conscience de l’homme (…) il se produit dans l’homme, à un certain moment, un changement de rapport entre son ego et sa personnalité (…) ce n’est plus le jeu entre l’ego et la personnalité, mais un jeu entre l’ego et l’âme. » (MR-020)

Ceci représente un véritable renversement. Jusqu’alors, l’ego construisait son expérience à partir du dialogue permanent qu’il entretenait avec la personnalité. Ses réactions, ses choix, ses certitudes et jusqu’à son sentiment de liberté prenaient naissance dans cette relation. À mesure que l’énergie de l’âme pénètre l’ego, cet équilibre se modifie. L’ancien axe perd progressivement sa fonction centrale tandis qu’un nouvel axe s’établit entre l’ego et l’âme.

Et ce déplacement engage directement la volonté de l’Homme. Jusqu’alors, l’ego se percevait comme l’origine de son propre mouvement. Il lui semblait que sa volonté prenait naissance en lui et qu’elle constituait naturellement le point de départ de ses décisions. À mesure que l’énergie de l’âme pénètre l’ego, cette perception se transforme. Une autre force commence à agir en lui, avec une intensité qu’il ne peut ni produire lui-même ni contrôler. L’ego découvre alors que sa propre volonté n’occupe plus la position centrale qu’il lui attribuait jusqu’alors.

« …au fur et à mesure que cette énergie pénètre en lui, l’ego (…) commence à sentir que la force de la vibration est équivalente ou supérieure à sa propre volonté (…) » (MR-020)

Cette expérience est profondément déstabilisante. Depuis toujours, l’ego se pense comme l’auteur de ses décisions. Mais là, il se vit comme le centre à partir duquel il choisit, agit et oriente sa vie. Et lorsque la vibration de l’âme devient plus puissante que sa propre volonté, cette représentation commence à se fissurer. Ce n’est pas encore l’âme qui est remise en cause ; c’est l’idée que l’ego se faisait de lui-même.

C’est dans ce contexte qu’apparaît la question du libre arbitre.

« L’ego est habitué à travailler (…) avec son expérience de libre arbitre (…) cette illusion essentielle (…) commence à s’atténuer (…) et son esprit s’affole. » (MR-020)

L’expérience du libre arbitre se modifie donc aussi. Habitué à se percevoir comme l’origine de ses décisions, l’ego découvre qu’une force agit désormais en lui avec une puissance supérieure à celle qu’il connaissait jusqu’alors. Tant qu’il continue d’interpréter cette expérience à partir de son ancien mode de fonctionnement, il ne peut lui donner qu’une seule signification : celle d’une perte de liberté. Il cherche alors à retrouver les repères qui lui permettaient jusque-là de se sentir maître de lui-même. Mais plus cette force s’établit en lui, plus ces repères lui échappent. L’inquiétude grandit à mesure que l’ancien fonctionnement cesse de répondre.

Le libre arbitre dont il est question ici ne disparaît pas brutalement. C’est l’expérience que l’ego en avait qui commence progressivement à s’atténuer. Habitué à se percevoir comme l’origine de ses décisions, il ressent comme difficile l'apparition d’une force qui dépasse sa propre volonté. Et tant qu’il interprète cette expérience à partir de son ancien fonctionnement, il peut avoir l’impression de perdre quelque chose d’essentiel, créant une inquiétude. Cette réaction résulte du fait que les structures psychologiques de l’Homme ne sont pas encore ajustées à cette nouvelle réalité.

« L’énergie qui vient de l’âme est une énergie universelle qui est très puissante. Et lorsque l’énergie (…) descend vers la matière, il est évident que l’homme en subit des contre-chocs et est obligé de s’ajuster psychologiquement… » (MR-020)

Les contre-chocs vécus ne sont pas un accident du processus, ils en font partie. La descente de cette énergie dans la matière impose nécessairement un ajustement progressif. L’Homme apprend à supporter une intensité à laquelle il n’est pas encore adapté et ce travail engage progressivement l’ensemble de ses principes.

« Remarquez que tout ce qui se produit en vous (…) c’est à vos corps, à vos principes de s’ajuster à cette énergie et de là, éventuellement, le pouvoir interne de l’Homme. » (MR-020)

Le processus ne s’arrête pas à une expérience intérieure. L’ajustement concerne la totalité de l’organisation humaine. Et c’est parce que les principes s’ajustent progressivement à cette énergie qu’un pouvoir interne devient possible. Celui-ci n’est donc pas acquis par un effort de volonté mais par une transformation de la structure elle-même.

« …lorsque l’âme commence à pénétrer l’égo (…) elle gèle complètement l’esprit de l’homme, l’homme ne peut plus penser. » (MR-020)

À mesure que cette pénétration se poursuit, un phénomène plus radical encore apparaît : un arrêt du fonctionnement habituel de la pensée. L’activité réflexive qui entretenait jusqu’alors le dialogue permanent entre l’ego et la personnalité cesse progressivement de constituer le centre du fonctionnement humain. Le silence qui s’installe n’est pas vide. Il correspond à la mise en place d’un rapport nouveau entre l’ego et l’âme, à partir duquel l’Homme pourra désormais fonctionner. La pensée cesse alors d’occuper la fonction centrale qu’elle exerçait jusque-là. Le mouvement habituel de réflexion, de comparaison et d’analyse laisse progressivement place à un autre mode de fonctionnement, fondé sur le rapport direct entre l’ego et l’âme. Une pseudo-discipline mentale ou un effort pour faire taire les pensées restent sans effet. Mais cette dynamique accompagne naturellement la réorganisation intérieure décrite depuis le début de cette section de l'article. À mesure que ce nouveau rapport s’établit, l’ancien fonctionnement perd progressivement sa raison d’être.

2.5. La formation du canal

Le rapport entre l’ego et l’âme ne se limite pas à une nouvelle manière de comprendre ou de percevoir les choses. À mesure que cette relation s’établit, elle transforme progressivement la structure intérieure de l’Homme. Ce travail produit non seulement un nouvel équilibre entre l’ego, la personnalité et l’âme, mais aussi la formation d’un canal.

MR-020 La pénétration de l’énergie
Extrait de : MR-020 : L'instruction, outil vibratoire de transmutation
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Je vous parle de ceci non pas pour vous inquiéter ou pour dramatiser l’expérience de la pénétration de la conscience universelle, mais pour vous faire reconnaître que lorsque, ou si, dans certaines conditions qui peuvent être de courte durée, vous faites l’expérience de cette belle vibration et remarquez que lorsque je vous parle de quelque chose, je vous parle de ceci parce qu’il y a des temps qui viennent où ce dont je vous parle fera partie de votre expérience - chez certains en tout cas - mais je vous dis ça pour que vous ne vous inquiétiez pas quand vous sentez cette grande pénétration d’énergie et que vous sentez cette force qui s’impose à votre volonté. Et la meilleure façon de réagir dans un cas pareil, c’est de vous mettre réellement au neutre, de ne pas vous occuper de cette force qui pénètre, d’ailleurs vous n’y pouvez rien, et de la subir, mais de la subir d’une façon totalement froide. Quand je dis froide, je dis sans émotion et sans y penser trop, trop, si vous êtes capable. De la subir et de laisser passer l’énergie. Et lorsque ceci se produit, c’est la formation du canal en vous. Et la formation du canal est essentielle, elle fait partie de la structuration psychique de l’Homme nouveau. Et au cours des années qui viendront, d’une façon graduelle, je suis sûr pour la plupart d’entre vous, ce canal se formera et sa formation sera vécue chez vous comme étant extrêmement concrète et extrêmement réelle. Réelle dans le sens que vous sentirez cette force qui vous empêche d’aller par là et qui vous force d’aller par là. La compréhension de ce que je vous explique en relation avec ce phénomène va vous faciliter l’expérience pour qu’il ne se crée pas dans votre esprit une panique à outrance.

Ces propos apportent un élément nouveau. Jusqu’à présent, il était surtout question de comprendre les transformations produites par la pénétration de l’énergie de l’âme. Désormais, l’attention se porte sur la manière de les vivre. Face à cette énergie, l’Homme n’a rien à provoquer, rien à accélérer, rien à contrôler. Il lui suffit de se mettre au neutre, de ne pas intervenir, de laisser l’énergie accomplir elle-même son travail.

Cette neutralité n’est pas de la passivité. Elle demande au contraire de renoncer au réflexe habituel qui consiste à vouloir comprendre immédiatement ce qui se produit, à vouloir reprendre le contrôle ou à chercher à retrouver les repères auxquels l’ego était habitué. Tant que l’Homme cherche à retenir, à interpréter ou à bloquer ce mouvement, il continue de fonctionner selon son ancienne organisation. L’énergie rencontre alors une résistance qui ralentit le processus d’ajustement.

Laisser passer l’énergie signifie tout autre chose. Il s’agit de permettre à cette force de traverser les principes de l’Homme sans que l’ego tente constamment de s’y opposer. Ce n’est pas l’Homme qui construit le canal. C’est l’énergie elle-même qui le forme à mesure qu’elle peut circuler librement.

Le chemin parcouru depuis la centricité conduit justement à cette formation du canal. L’âme est devenue le seul point d’appui de l’Homme, elle seule peut absorber l’énergie de l’universel. L’ego cesse progressivement de fonctionner à partir de la personnalité pour entrer dans un rapport direct avec l’âme. Les principes s’ajustent à cette énergie. Et le canal apparaît lorsque cette nouvelle organisation devient suffisamment stable pour permettre à l’énergie de circuler sans rencontrer la résistance habituelle de l’ego.

Toutes ces transformations concourent à la formation d’une nouvelle structure.

« Et la meilleure façon de réagir dans un cas pareil, c’est de vous mettre réellement au neutre, de ne pas vous occuper de cette force qui pénètre, d’ailleurs vous n’y pouvez rien, et de la subir, mais de la subir d’une façon totalement froide. Quand je dis froide, je dis sans émotion et sans y penser trop, trop, si vous êtes capable. De la subir et de laisser passer l’énergie. Et lorsque ceci se produit, c’est la formation du canal en vous. » (MR-020)

Le canal fait partie de la structuration psychique de l’Homme nouveau. Il devient une réalité concrète qui modifie directement sa manière d’agir. Contrairement à la période involutive, la transformation ne repose plus sur une réflexion, une analyse ou une décision psychologique, mais elle se manifeste par une force intérieure suffisamment réelle pour empêcher certaines actions et en imposer d’autres.

Cette force ne remplace pas la volonté de l’Homme, mais elle transforme progressivement le rapport que celui-ci entretient avec elle. Ce qui paraissait auparavant résulter d’un choix psychologique devient de plus en plus l’expression d’une organisation intérieure nouvelle. L’action ne prend plus naissance dans les hésitations de l’ego, mais dans un rapport devenu direct entre celui-ci et l’âme.

Cette organisation ne peut cependant s’établir tant que l’Homme demeure lié au monde des esprits. Depuis le début de cette étude, il est apparu que les alliances spirituelles entretenaient un rapport de dépendance incompatible avec l’autonomie. La formation du canal en constitue l’exact opposé.

« Il est essentiel que l’Homme comprenne ce que je veux dire afin de commencer le travail mondial qui doit renverser la forme qui nous est imposée par le monde des esprits, afin de libérer l’égrégore spirituel de l’Homme et permettre que l’Homme devienne un canal parfait pour la hiérarchie. » (MR-018)

Le canal n’apparaît donc pas indépendamment de ce qui précède. Il en est l’aboutissement. Tant que l’Homme demeure soumis aux formes du monde des esprits, cette communication directe ne peut pas s’établir. À mesure que cette dépendance disparaît, le rapport avec l’âme devient suffisamment stable pour qu’un nouveau mode de fonctionnement puisse s’installer.

Cette formation ne s’achève pas en un instant. Elle se poursuit dans le quotidien de l’Homme, chaque fois que l’énergie peut circuler sans être bloquée.

« Laisser passer la vibration, sentir la vibration, puis laisser passer la vibration, c’est un exercice de tous les jours. Et chaque jour il y a des conditions qui viennent où on la sent, la vibration. Si on la bloque, la vibration, psychiquement, il va venir un jour où cette vibration-là, on en aura besoin, puis on ne l’aura pas. » (MR-021)

La formation du canal s’inscrit dans un travail continu où chaque situation de la vie devient l’occasion de laisser l’énergie poursuivre son œuvre. Peu à peu, ce qui n’était d’abord qu’une pénétration de l’énergie dans l’ego devient une communication stable, suffisamment intégrée pour que l’Homme puisse vivre à partir d’elle.

3. L’instruction, une force de transformation

MR-020 L’instruction, sa puissance, est intemporelle
Extrait de : MR-020 : L'instruction, outil vibratoire de transmutation
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L’instruction échappe à tout. L’instruction n’est maitrisée par rien. L’instruction n’appartient à personne. L’instruction ne vient que par une personne. L’instruction n’est pas de l’Homme, mais elle passe par l’Homme.

Mais l’instruction possède une faiblesse : l’Homme. Auquel elle est dédiée. Parce que l’Homme auquel elle est dédiée ne peut pas la comprendre tout de suite. Mais l’instruction possède une force, c’est qu’elle est indestructible. Et elle ne se cerne pas. Et elle n’appartient pas à l’intellect de l’Homme. Elle subjugue l’intellect de l’Homme pour élever la vibration de son esprit. Et comme elle est impuissante à donner à tous les Hommes ce qu’elle a le pouvoir de donner, elle maintient sa puissance dans le temps. Et c’est là que sa faiblesse est éliminée et que la victoire de l’Homme sur son inconscience, sur ses préjudices, ses conceptions ou ses préconceptions est assurée dans l’avenir.

L’instruction est tellement juste qu’elle peut ne se parler que par la voix d’un centre qui est totalement sous le contrôle de la lumière et auquel l’Homme qui en est induit est incapable de refuser le passage. L’instruction est tellement universelle qu’elle doit être à un moment donné, dans la vie de l’Homme qui la reçoit, confirmée par le monde des esprits. Tant que le monde des esprits ne confirme pas l’instruction, le monde des esprits a empire sur votre esprit. Je vous dis ici quelque chose d’essentiel.

Et après ceci, c’est votre propre expérience. Je canalise l’instruction et l’Homme se sert d’elle pour comprendre sa relation avec le monde des esprits. Parce que le phénomène de la pensée, chez l’Homme, est un phénomène qui appartient à la fois au monde des esprits et à la fois au monde de la lumière.

3,1. La nature de l'instruction

Lorsqu’on parle d’instruction, on pense généralement à une personne qui transmet des connaissances à une autre, au contact de laquelle l’objectif est de comprendre, d’apprendre et d’enrichir progressivement ses connaissances. Le mot conserve d’ailleurs ce sens dans le langage courant. L’instruction dont il est question ici relève d’une réalité tout autre. Son rôle n’est pas d’apporter des connaissances à l’Homme, mais d’agir sur lui.

L’instruction ne peut pas être ramenée à celui qui parle, à sa psychologie, à son style ou à son savoir intellectuel. La personne qui la porte devient un passage. L’instruction ne lui appartient pas davantage qu’elle n’appartient à ceux qui l’écoutent. L’Homme ne produit donc pas l’instruction. Il en est le passage.

C’est pourquoi l’instruction ne peut pas être reçue comme une connaissance ordinaire. L’intellect cherche à comprendre, à cerner, à organiser. Il veut reconnaître une forme, l’associer à ce qu’il sait déjà, puis l’intégrer à son propre système de pensée. Or l’instruction ne fonctionne pas selon ce mouvement. Elle ne vient pas ajouter une idée à d’autres idées. Elle agit sur l’esprit.

« Mais l’instruction possède une force, c’est qu’elle est indestructible et elle ne se cerne pas, et elle n’appartient pas à l’intellect de l’Homme. Elle subjugue l’intellect de l’Homme pour élever la vibration de son esprit. » (MR-020)

Le mot important est ici subjugue. L’instruction ne demande pas à l’intellect de collaborer avec elle. Elle le dépasse, le force, l’empêche de rester maître du processus. Tant que l’intellect cherche à la saisir, il se heurte à quelque chose qui ne se laisse pas enfermer dans ses catégories habituelles. Cette difficulté n’est pas un défaut de l’instruction, elle fait partie de son action. Si l’instruction pouvait être comprise immédiatement par l’intellect, elle ne ferait que renforcer l’ancien fonctionnement. L’Homme ajouterait simplement une nouvelle forme à celles qu’il possède déjà. Il pourrait alors discuter, comparer, adhérer, refuser, interpréter, mais il resterait dans le même rapport à la pensée. L’instruction agit au-delà du fonctionnement de l’intellect. Elle oblige l’Homme à subir une vibration plutôt qu’à manipuler une idée.

La parole devient alors le moyen par lequel cette action peut se produire sans donner directement à l’Homme un pouvoir qu’il ne saurait pas encore utiliser.

« De sorte que la parole est la meilleure façon d’instruire l’Homme et non le pouvoir. » (MR-020)

La parole protège l’Homme d’un contact trop direct avec le pouvoir. Elle ralentit le processus, l’inscrit dans le temps, oblige l’ego à traverser les résistances que l’instruction soulève en lui. L’Homme entend des mots, mais ce ne sont pas les mots seuls qui travaillent. Une partie de la parole peut satisfaire son intérêt, sa curiosité ou son besoin de comprendre. Une autre partie agit sur lui sans lui demander son accord.

La parole emprunte des mots, mais elle ne se limite pas à leur signification. Deux personnes peuvent prononcer les mêmes phrases sans produire le même effet. Ce qui agit ne dépend donc pas seulement du contenu de la parole, mais aussi de ce qui passe par elle.

« Mais que l’Homme comprenne qu’il y a dans la parole deux aspects : un que va chercher l’Homme pour son propre plaisir et l’autre que doit subir l’Homme pour sa transmutation. Et ce n’est pas la partie qui fait plaisir à l’Homme qui le fera évoluer mais c’est l’autre. » (MR-020)

L’instruction devient alors une force de transformation parce qu’elle ne laisse pas l’Homme choisir uniquement ce qui lui convient. La part compréhensible de la parole peut nourrir son intérêt, mais elle ne suffit pas à modifier sa structure. Ce qui agit réellement est la part qu’il doit subir : celle qui dérange l’intellect, qui heurte les formes déjà installées, qui met l’ego devant ce qu’il ne peut plus organiser à son avantage.

L’instruction n’agit donc pas pour enrichir les connaissances de l’Homme. Elle agit sur l’esprit pour modifier sa vibration. C’est ce qui explique son caractère parfois difficile, déroutant ou même inconfortable. Elle ne cherche pas d’abord à être comprise ; elle travaille l’Homme jusqu’à ce que sa manière de comprendre soit elle-même transformée.

3.2. Le choc vibratoire

Donc l’instruction agit sur l’Homme et elle élève progressivement la vibration de son esprit. Une question se pose alors naturellement : comment cette «élévation» devient-elle possible ? Suffit-il d’être exposé à cette énergie pour évoluer, ou existe-t-il une loi qui gouverne cette transformation ?

« Si la maturité de l’Homme ne se mesure pas selon les règles de l’âge chronique, chronologique, elle se mesure suivant le taux vibratoire de ses corps, de ses principes, et le taux de vibration des principes s’élève chez l’Homme, comme dans tous les règnes de la nature, sous l’effet du choc vibratoire. Il n’y a aucune évolution possible sans un choc vibratoire. Il n’y a aucune évolution, il n’y a aucune mutation, transmutation, il n’y a aucun saut en hauteur sans un choc vibratoire. C’est une loi du cosmos, c’est une loi de l’univers… » (MR-019)

La maturité ne dépend donc pas de l’âge, de l’expérience accumulée ou des connaissances acquises. Elle dépend du taux vibratoire des principes de l’Homme, lui-même engendré par les chocs vibratoires. La question n’est plus de savoir combien de temps un Homme a vécu, ni même ce qu’il a appris, mais ce que cette expérience a réellement transformé en lui.

Cette loi ne concerne pas seulement l’Homme. Elle agit comme dans tous les règnes de la nature. L’élévation vibratoire n’est donc pas une particularité de l’évolution humaine. Elle participe d’un mécanisme beaucoup plus vaste qui gouverne l’ensemble du vivant. Dès lors, le choc vibratoire cesse d’apparaître comme une expérience exceptionnelle. Il devient la condition même de toute transformation réelle.

L’instruction agit donc de la même manière. La parole introduit dans l’Homme une énergie que l’intellect ne peut pas assimiler selon son fonctionnement habituel. Le choc ne provient pas des mots eux-mêmes, mais de cette rencontre entre une vibration nouvelle et une organisation qui n’est pas encore ajustée à elle. C’est cette rencontre qui met le processus de transformation en mouvement.

MR-020 La parole que l’homme doit subir pour sa transmutation
Extrait de : MR-020 : L'instruction, outil vibratoire de transmutation
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« Mais que l’Homme comprenne qu’il y a dans la parole deux aspects : un que va chercher l’Homme pour son propre plaisir et l’autre que doit subir l’Homme pour sa transmutation. Et ce n’est pas la partie qui fait plaisir à l’Homme qui le fera évoluer mais c’est l’autre. » (MR-020)

Le choc vibratoire apparaît donc lorsqu’une énergie nouvelle rencontre une organisation qui n’est pas encore ajustée à elle. Tant que cette rencontre ne se produit pas, l’ancien équilibre demeure intact. Rien n’oblige les formes déjà établies à se transformer.

Cette loi ne s’exprime pas uniquement à travers l’instruction. Elle accompagne également les événements de la vie. Chaque situation qui met l’Homme en présence d’une vibration plus élevée devient l’occasion d’un ajustement. Ce ne sont pas les circonstances elles-mêmes qui produisent la transformation, mais le rapport vibratoire qui s’établit entre elles et les principes de l’Homme.

« La résistance, c’est la capacité de subir les chocs vibratoires qui viennent en relation avec les évènements quand vous êtes dans la sensibilité de cette énergie-là. C’est ça la différence entre la conscience puis l’inconscience. » (MR-021)

Le choc vibratoire est le mécanisme par lequel la vibration des principes s’élève. Chaque choc engage un travail d’ajustement qui modifie progressivement l’organisation de l’Homme. À mesure que cette loi devient consciente, les évènements cessent d’être vécus uniquement pour eux-mêmes. Ils deviennent les points d’appui d’une transformation qui conduit progressivement à la mutation.

Reste alors à comprendre ce que ce choc produit concrètement dans l’Homme. Car une force capable de modifier la vibration de ses principes ne peut laisser intactes les formes sur lesquelles reposait jusque-là son fonctionnement.

3.3. La déprogrammation

Nous venons de voir que l’instruction agit sur l’Homme en élevant progressivement la vibration de son esprit. Cette élévation ne s’effectue jamais sans conséquence. Dès qu’une énergie nouvelle pénètre ses principes, un choc vibratoire se produit. Ce choc est suivi d’autres chocs dans le processus évolutif qui engagent une chaîne de transformations dont la déprogrammation représente l’une des étapes essentielles.

Et ce choc vibratoire agit directement sur l’organisation de l’Homme. La rencontre entre cette énergie et les structures qui soutenaient jusque-là son fonctionnement provoque des contre-chocs. L’ego découvre progressivement une force dont l’intensité dépasse sa propre volonté. Ce qu’il tenait jusqu’alors pour stable commence à perdre son équilibre. Autrement dit, le choc vibratoire ne s’arrête pas au moment où il est ressenti. Il produit progressivement un travail intérieur qui transforme la structure de l’Homme et qui a pour but de détruire les anciennes formes sur lesquelles reposait jusqu’alors son fonctionnement.

« Que l’Homme sache que toute évolution nécessite un choc vibratoire. Et le choc vibratoire se manifeste chez lui dans une sorte de souffrance qu’il veut voir cesser, qu’il veut voir se terminer, mais qui doit cesser et se terminer lorsque le travail a été fait et accompli. » (MR-019)

La souffrance apparaît alors comme l’expression directe du travail engagé par le choc vibratoire. Elle accompagne la descente de cette énergie dans l’Homme et l’ajustement progressif des principes à une vibration qui leur était jusque-là étrangère.

Cette souffrance produit progressivement un effet beaucoup plus profond qu’un simple inconfort psychologique. Elle conduit l’Homme à reconnaître l’illusion de la forme. Ce qui lui paraissait jusqu’alors solide, évident ou définitif cesse progressivement de pouvoir soutenir son intelligence. Les formes auxquelles il s’identifiait perdent leur pouvoir d’organisation.

Tant que cet ajustement n’est pas accompli, la tension demeure. Lorsqu’il l’est, la souffrance cesse d’elle-même parce que le travail auquel elle correspond est arrivé à son terme.

« L’Homme de demain devra vivre une expérience de déprogrammation, de déconditionnement total. Mais une déprogrammation et un déconditionnement qui ne viendra pas de l’extérieur de lui-même, mais qui sera le résultat de sa souffrance, qui sera le résultat de la réalisation de l’illusion en lui de la forme. » (MR-019)

C’est là que la déprogrammation commence. Elle apparaît lorsque les formes qui conditionnaient son fonctionnement cessent d’exercer leur autorité. Les formes ne disparaissent pas parce que l’Homme décide de les abandonner. Elles cessent de gouverner son intelligence lorsqu’il en reconnaît directement la nature illusoire. Car c’est leur pouvoir de conditionnement qui s’effondre progressivement sous l’effet du travail vibratoire. La déprogrammation ne consiste donc pas à remplacer un système de pensée par un autre. Ce déplacement est intérieur. Aucune intervention extérieure ne peut le produire à sa place, parce que lui seul peut réaliser directement ce qui, jusque-là, organisait sa manière de penser, de percevoir et de réagir.

À mesure que cette réalisation s’approfondit, les anciens conditionnements perdent leur emprise. L’organisation qui reposait sur eux cesse progressivement de fonctionner et laisse apparaître une autre structure. Dans le même mouvement, les rapports entre l’ego et la personnalité continuent de s’effacer au profit d’un rapport de plus en plus étroit entre l’ego et l’âme. Une nouvelle étape s’ouvre, celle de la réorganisation intérieure qui conduit progressivement à l’Homme nouveau.

3.4. La souffrance générée par le choc vibratoire

Le travail de déprogrammation ne suspend pas l’action de l’énergie. Celle-ci continue de pénétrer les principes de l’Homme et de transformer progressivement leur fonctionnement. À mesure qu’elle descend vers la matière, elle rencontre une organisation qui n’est pas encore accordée à sa vibration. Cette rencontre produit immédiatement ces contre-chocs.

« L’âme est une… l’énergie qui vient de l’âme est une énergie universelle qui est très puissante. Et lorsque l’énergie passe de ce plan et descend vers la matière, il est évident que l’Homme en subit des contre-chocs et est obligé de s’ajuster psychologiquement à cette nouvelle façon de percevoir l’énergie en lui. » (MR-020)

Ces contre-chocs appartiennent au mécanisme même de la transformation. Ils apparaissent dès que l’énergie universelle entre en contact avec une organisation qui fonctionne encore selon son ancien équilibre. L’écart entre ces deux niveaux de vibration crée une pression à laquelle l’Homme ne peut se soustraire. Et cette pression ne résulte pas d’un conflit entre deux volontés. L’énergie de l’âme ne cherche pas à convaincre l’Homme ni à lutter contre lui. Elle poursuit son mouvement. Ce sont les structures déjà en place qui rencontrent une réalité à laquelle elles ne sont pas encore adaptées. Les contre-chocs traduisent précisément cette rencontre. Ils indiquent que l’ancienne organisation ne peut plus continuer à fonctionner exactement comme auparavant.

L’ajustement commence alors immédiatement. Il n’est pas demandé à l’Homme, il lui est imposé par la présence même de cette énergie. La psychologie découvre progressivement une manière entièrement nouvelle de percevoir ce qui agit en elle, tandis que les principes commencent eux aussi à modifier leur fonctionnement pour supporter cette vibration.

Cet ajustement ne dépend pas d’une décision de l’Homme. Il accompagne la présence même de cette énergie dans ses principes. L’ego peut s’inquiéter, tenter de comprendre ce qui lui arrive ou chercher à retrouver son ancien équilibre, mais ces réactions ne modifient pas le travail engagé. Celui-ci se poursuit tant que l’énergie continue d’agir. Peu à peu, les corps apprennent à soutenir une vibration qui leur était jusque-là étrangère. L’organisation intérieure cesse progressivement de répondre selon ses anciens mécanismes et s’adapte à une nouvelle réalité.

La souffrance naît de ce travail. Elle n’est pas produite par l’ajustement lui-même, mais par la pression exercée sur une organisation qui n’est pas encore capable d’absorber librement cette énergie. Tant que cette adaptation demeure incomplète, les contre-chocs continuent d’être ressentis.
C’est pourquoi la souffrance accompagne essentiellement les périodes où l’ajustement est encore incomplet. L’Homme ressent la pression exercée par cette énergie parce que son organisation n’a pas encore trouvé la manière de l’intégrer librement. À mesure que cet ajustement progresse, la même énergie continue d’agir, mais elle rencontre de moins en moins de résistance. La souffrance diminue alors non pas parce que l’énergie se retire, mais parce que les principes deviennent progressivement capables de la supporter. 

« Remarquez que tout ce qui se produit en vous en relation avec les énergies de l’âme vers votre ego et votre personnalité fait partie des forces de la lumière et c’est à vos corps, à vos principes de s’ajuster à cette énergie et de là, éventuellement, le pouvoir interne de l’Homme. » (MR-020)

Ici, Bernard ne parle pas seulement de la psychologie de l’Homme. Il évoque explicitement les corps et les principes. Cette précision montre que l’ajustement concerne l’ensemble de son organisation. La transformation ne se limite donc pas à une nouvelle manière de penser ou de percevoir. Elle engage progressivement toutes les composantes qui participent à son fonctionnement. Chacune doit apprendre à recevoir cette énergie selon sa propre fonction.
L’ajustement ne concerne donc pas uniquement l’ego. Toute l’organisation intérieure est progressivement amenée à s’accorder à cette énergie. Ce travail accompagne l’évolution de chacun de ses plans.

Au fil de cet ajustement, la souffrance change elle aussi de nature. La même énergie qui produisait d’abord une forte résistance circule progressivement avec davantage de liberté. Les contre-chocs s’atténuent à mesure que les principes deviennent compatibles avec cette nouvelle vibration. Ce n’est pas l’énergie qui diminue. C’est l’Homme qui devient progressivement capable de la supporter.

Cette évolution modifie progressivement la place de la souffrance elle-même. Au début du processus, elle accompagne presque chaque rencontre avec cette énergie nouvelle. Puis, à mesure que les principes s’ajustent, les contre-chocs perdent de leur intensité. Le travail n’est pas interrompu ; il devient simplement moins conflictuel parce que l’organisation intérieure s’accorde progressivement à ce qui lui paraissait d’abord insupportable.

Au fur et à mesure que les corps et les principes s’ajustent à cette énergie, un pouvoir interne devient progressivement possible. Il accompagne une organisation désormais capable de soutenir cette énergie sans provoquer les mêmes résistances. Il naît de la transformation des principes eux-mêmes.

Le rôle des contre-chocs est d’exercer une pression mécanique qui oblige l’Homme à s’ajuster psychologiquement à cette nouvelle façon de percevoir l’énergie en lui.

3.5. La transmutation par l’instruction

Au fil des mécanismes décrits jusqu’ici, une question finit par s’imposer.

Pourquoi l’instruction agit-elle de cette manière ? Pourquoi passe-t-elle par une parole qui provoque un choc vibratoire, engage les principes dans un ajustement, fait apparaître la souffrance puis conduit à la déprogrammation ?

Ces phénomènes pourraient sembler indépendants les uns des autres. Pourtant, Bernard les rattache à une même fonction. Ils participent tous d’un seul et même travail.

« L’instruction n’appartient à personne. L’instruction ne vient que par une personne. L’instruction n’est pas de l’Homme, mais elle passe par l’Homme. » (MR-020)

Cette précision permet déjà de rappeler que l’instruction ne dépend pas de celui qui la transmet. Bernard ne produit pas cette action par sa personnalité, son intelligence ou son expérience. Il sert de passage. Ce qui agit traverse la parole sans appartenir à celui qui la prononce.

Du côté de l’auditeur, le phénomène suit la même logique. Lorsqu’il écoute, son attention se porte spontanément sur les idées, les explications ou les formulations qui lui parlent. Pourtant, ce premier niveau ne suffit pas à rendre compte de ce qui se produit. Car la parole agit simultanément sur un autre plan.

Si une partie de la parole est recherchée par l’intellect tandis qu’une autre agit directement sur l’organisation de l’Homme, alors le travail de l’instruction ne dépend pas d’abord de ce qui est compris. Il se poursuit à travers cette action que Bernard demande de subir. Et c’est justement cette action qui met progressivement en mouvement les mécanismes étudiés dans les sections précédentes. L’instruction élève la vibration de l’esprit. Cette élévation introduit une énergie nouvelle dans les principes de l’Homme. Leur rencontre produit un choc vibratoire. Les contre-chocs obligent ensuite les corps et les principes à s’ajuster à cette énergie. Cet ajustement s’accompagne d’une souffrance qui conduit progressivement à la réalisation de l’illusion de la forme. De cette réalisation naissent la déprogrammation et le déconditionnement.

« Mon esprit peut élever la vibration de votre esprit, mais vous devez vivre la souffrance de cette vibration. » (MR-019)

Cette phrase relie directement l’instruction à tout le processus décrit jusqu’ici. La souffrance fait partie de la transmutation. Le choc vibratoire, les contre-chocs, l’ajustement des principes, la réalisation de l’illusion de la forme et la déprogrammation sont liés. Ils correspondent aux différentes transformations que l’instruction met progressivement en œuvre chez l’Homme.

La transmutation apparaît alors sous un jour nouveau. Elle ne désigne pas un événement particulier venant s’ajouter aux étapes précédentes. Elle est le nom donné à l’ensemble de ce travail de transformation intérieure engagé par l’instruction. À mesure que ce travail se poursuit, l’organisation ancienne cède progressivement la place à une nouvelle manière de fonctionner, fondée sur le rapport entre l’ego et l’âme plutôt que sur celui entre l’ego et la personnalité.

Si l’action de l’instruction dépend de ce qui passe à travers la parole du canal, alors la question ne se réduit plus au contenu des phrases. Les mêmes mots peuvent être lus, commentés ou répétés. Bernard situe pourtant l’action transmutatrice ailleurs : dans ce qui passe par celui qui les prononce.

C’est pour cette raison que ce travail éditorial sur BDMS associe systématiquement les enregistrements originaux aux transcriptions.

Une transcription permet d’étudier les propos.

L’enregistrement permet d’entendre la parole telle qu’elle a été prononcée.

Les deux approches ne remplissent pas la même fonction.

4. Du psychisme à l'action mentale

Comment l’Homme cesse progressivement de fonctionner par la pensée pour fonctionner par la vibration.

Les mécanismes décrits jusqu’à présent expliquent comment l’instruction agit progressivement sur l’Homme. À mesure que cette transformation s’accomplit, son fonctionnement se modifie lui aussi. Sa relation à la pensée, au temps, à l’action et à la décision cesse progressivement d’obéir aux mécanismes psychologiques habituels pour laisser apparaître une autre manière de percevoir, de comprendre et d’agir. C’est cette transition que nous allons explorer.

4.1. La double nature de la pensée

Avant de décrire le passage du psychisme à l’action mentale, Bernard commence par revenir sur ce que l’Homme considère comme l’un de ses outils les plus naturels : la pensée. Rien ne paraît plus familier que penser. Pourtant, cette évidence repose sur une confusion. L’Homme croit avoir affaire à un phénomène unique alors que la pensée recouvre en réalité deux réalités de nature différente.

« Une partie de vos pensées fait partie du monde des esprits et une partie de vos pensées fait partie du monde de la lumière. Et la seule partie de vos pensées qui fait partie du monde de la lumière est l’énergie de vos pensées, la forme de vos pensées fait partie du monde de l’esprit. » (MR-020)

Cette distinction change complètement la manière d’aborder la pensée. Jusqu’ici, elle pouvait sembler constituer un phénomène unique. Bernard montre au contraire qu’elle comporte deux composantes bien distinctes : la forme de la pensée et son énergie. Toutes deux sont présentes lorsque l’Homme pense, mais elles n’ont ni la même origine, ni la même fonction.

La forme est ce que l’Homme perçoit spontanément. Elle donne naissance aux images, aux raisonnements, aux opinions, aux explications et à tout ce que l’intellect peut organiser. C’est à travers elle que l’Homme réfléchit, compare, interprète ou cherche à comprendre. Pourtant, Bernard rattache précisément cette forme au monde de l’esprit.

L’énergie de la pensée appartient à un autre registre : elle ne s’ajoute pas à la forme. Elle est la seule partie de la pensée qui appartient au monde de la lumière.

« […] parce que vous pensez et parce qu’on se sert de vos pensées pour créer avec vous des alliances spirituelles, d’un camp ou d’un autre, mais le résultat étant toujours le même : la soumission de l’homme à l’esprit. » (MR-018)

La forme de la pensée n’est donc pas un simple contenant. Parce qu’elle appartient au monde de l’esprit, elle devient le support à travers lequel celui-ci peut exercer son influence sur l’Homme. La pensée cesse alors d’apparaître comme une activité purement personnelle. Tant que l’Homme s’identifie à la forme de ses pensées, il demeure exposé à ces influences sans en percevoir l’origine. Ce qu’il croit produire lui-même participe encore d’un fonctionnement auquel il reste lié.

C’est également sous cet angle que Bernard aborde la question du discernement.

« Mais l’homme n’a pas de discernement parce qu’il pense. Il n’a pas de discernement parce qu’il se sert de la pensée pour concrétiser ce qu’il veut, pour concrétiser ses désirs, pour concrétiser ses passions, pour concrétiser un devenir qui est beaucoup trop court devant l’éternité. » (MR-020)

Le discernement devient possible à mesure que l’Homme se libère de la forme de la pensée. Tant qu’il s’y identifie, celle-ci demeure au service de ses désirs, de ses passions et de sa subjectivité. Son intelligence s’oriente vers ce qu’il veut accomplir plutôt que vers les mécanismes qui déterminent son propre fonctionnement.

Bernard conduit alors ce raisonnement jusqu’à une conclusion qui peut sembler paradoxale.

« Le monde de la pensée est le monde de l’esprit à travers l’esprit de l’homme. C’est pourquoi l’homme de demain n’aura plus le pouvoir de penser car il sera libre du monde de l’esprit et de la pensée. » (MR-020)

Cette affirmation annonce la fin d’un mode de fonctionnement fondé sur la forme de la pensée. À mesure que le travail sur le corps mental se poursuit, l’Homme cesse progressivement de prendre appui sur cette forme. Son rapport à la pensée se déplace vers son énergie. C’est ce déplacement qui ouvre progressivement la voie au fonctionnement mental que nous allons développer.

4.2. La polarité de la pensée

La polarité de la pensée n'est pas un mécanisme séparé de la forme : elle en est une propriété. Tant que l’Homme fonctionne à partir de la forme de ses pensées, il les perçoit naturellement selon une opposition entre le positif et le négatif.

« Et la seule partie de vos pensées qui fait partie du monde de la lumière est l’énergie de vos pensées, la forme de vos pensées fait partie du monde de l’esprit. Voilà pourquoi il y a dans votre esprit, souvent, des pensées que vous appelez négatives, ou des pensées que vous appelez positives. » (MR-020)

Puisque la polarité appartient à la forme de la pensée, dès que l’Homme fonctionne à partir de cette forme, les pensées peuvent être vécues sous l’angle du positif ou du négatif. Cette opposition ne vient pas de l’énergie de la pensée, mais de la forme elle-même.

Bernard déplace ainsi complètement la question. Il ne cherche pas à apprendre à l’Homme comment produire davantage de pensées positives ou éliminer les pensées négatives, ce que font les courants spirituels. Son propos porte sur le mécanisme qui rend cette opposition possible.

Cette remise en question dépasse d’ailleurs la seule pensée. Elle concerne la manière même dont l’Homme interprète la réalité.

« Comment l’Homme, par lui-même, par ses propres efforts, peut-il séparer le vrai du faux, le bon du mauvais ? C’est une illusion de l’Homme. Dans le cosmos il n’y a ni bon ni mauvais. Le bon et le mauvais est toujours proportionnel à la conscience de celui qui le perçoit. » (MR-020)

À partir de là, le bien et le mal, le vrai et le faux cessent d’apparaître comme des réalités absolues. Ils expriment la manière dont une conscience encore psychologique organise son expérience. La polarité appartient ainsi au regard que l’Homme porte sur les choses beaucoup plus qu’aux choses elles-mêmes. Tant qu’il demeure impliqué dans cette perception, il continue de fonctionner à partir de la forme de la pensée.

« L’Homme dans son ignorance et à cause de son émotionnalité a perverti la réalité et a senti la nécessité au cours des âges de penser en termes de bien et de mal, de bon et de mauvais, de satanique et de lumière. » (MR-018)

Cette organisation trouve son origine dans l’ignorance et l’émotion, qui conduisent naturellement l’Homme à interpréter le réel selon une logique de dualité. L’émotion entretient alors la polarité, et la polarité entretient l’implication psychologique. L’Homme continue de mesurer les situations, les idées et les évènements à partir de ce qu’ils représentent pour lui, au lieu de percevoir directement les mécanismes qui les gouvernent. Mais le travail effectué sur le corps mental transforme progressivement ce fonctionnement.

« Et lorsque par l’expérience du travail fait sur le corps mental vous serez libre de la polarité de la pensée, vous ne serez que dans l’énergie de la pensée et à ce moment-là vous serez vous-même dans l’énergie de l’instruction. » (MR-020)

La sortie de la polarité ne consiste donc pas à remplacer une catégorie de pensées par une autre. Elle accompagne le déplacement déjà amorcé dans la section précédente : le passage de la forme vers l’énergie de la pensée. À mesure que cette transformation s’accomplit, les oppositions psychologiques perdent leur pouvoir d’organisation. L’Homme cesse progressivement de fonctionner à partir d’elles et devient disponible à une intelligence qui n’opère plus selon les catégories du positif et du négatif.

Une fois libérée de la polarité, l’action cesse d’être gouvernée par l’évaluation psychologique. Elle répond directement à la vibration, sans être ramenée aux préférences, aux craintes ou aux jugements de l’ego.

4.3. La cellule de l'esprit

La cellule de l’esprit correspond à un état mental qui apparaît progressivement au cours de la transformation. À partir de cet état, l’Homme mesure son expérience depuis ce que Bernard appelle un « rien intérieur », une forme de neutralité où les mécanismes psychologiques perdent progressivement leur pouvoir d’organisation.

« La cellule de l’esprit, c’est un état de l’esprit, de l’esprit de l’Homme, qui est tellement puissant, parce qu’il est mental, qu’il permet à l’Homme de mesurer tout de son expérience, en relation avec un rien intérieur. C’est une forme de neutralité, la cellule de l’esprit. » MR-021

Depuis cette neutralité, l’Homme reçoit son expérience dans son intégralité. Les préférences de l’ego cessent d’en organiser la perception. L’expérience conserve toute son intensité, mais elle n’est plus absorbée par le mouvement habituel de la pensée. L’Homme la reçoit depuis un point d’équilibre qui ne dépend plus de son implication psychologique. Cet état devient particulièrement perceptible lorsque les évènements exercent une forte pression.

« La raison pour laquelle je vous parle de cette cellule de l’esprit, c’est que vient un temps où on s’aperçoit que notre esprit est comme emmagasiné dans une énergie, il est comme emboîté dans une énergie. Ça, on s’en aperçoit quand ça va mal. » MR-021

La cellule de l’esprit est un véritable espace vibratoire. L’esprit se retrouve entièrement contenu dans cette énergie. Les repères habituels disparaissent et l’intellect ne parvient plus à reprendre le contrôle de la situation. La réflexion ne produit plus de solution. L’Homme demeure dans cet état parce qu’aucun mouvement ne peut encore naître de lui-même. Il attend jusqu’à ce que la vibration produise elle-même le mouvement.

« Le principe du concept de la cellule de l’esprit, c’est un principe qui est très, très occulte. On le réalise, ça, ce phénomène-là quand… quand on a bien souffert. »

La cellule de l’esprit ne devient perceptible qu’au terme d’un long travail. Les chocs vibratoires, les ajustements successifs et la déprogrammation conduisent progressivement l’Homme jusqu’à cet état. C’est au cœur des situations les plus difficiles qu’il découvre cette autre manière de fonctionner, lorsque les mécanismes psychologiques ne suffisent plus à reprendre le contrôle de l’expérience.

« La cellule de l’esprit, c’est comme une confrontation entre l’esprit de l’Homme et l’expérience de la vie. […] Mais quand l’Homme connaît le mécanisme où il est dans la vibration de la cellule de l’esprit, à ce moment-là il n’essaye pas au niveau psychique d’arranger les choses, il attend que le moment soit propice pour sentir la vibration qui va le faire déplacer pour arranger la chose. » MR-021

L’Homme n’intervient plus à partir de son psychisme. L’attente change de fonction : elle laisse le temps à la vibration de devenir perceptible. Lorsque celle-ci se manifeste, l’Homme la suit sans revenir à son fonctionnement psychologique. Tant qu’elle n’est pas présente, l’Homme demeure dans cette neutralité. Lorsqu’elle apparaît, l’action s’impose d’elle-même.

« Il n’y a aucune émotion. C’est comme une boîte, mais la boîte est pleine d’énergie et tu fonctionnes avec cette énergie. Il n’y a pas d’émotion dans le mental, dans le psychique il y en a. » MR-021

L’énergie devient alors le seul principe d’organisation. L’émotion cesse de déterminer le mouvement de l’Homme. La cellule de l’esprit ouvre ainsi le passage vers l’action mentale, où l’énergie devient alors le principe qui met l’Homme en mouvement. L’action cesse d’être déterminée par le psychisme pour répondre directement à la vibration.

4.4. Le fonctionnement psychique

Le fonctionnement psychique accompagne l’Homme tant que son intelligence demeure gouvernée par l’émotion. Une difficulté, une contrariété ou une tension suffisent à mettre ce mécanisme en marche. L’émotion ne se contente pas d’accompagner la réflexion : elle lui donne sa direction. Les fonctions intelligentes, intuitives ou mentales s’organisent alors autour de l’état émotif qui vient de naître.

« Agir psychiquement, c’est agir en relation avec des fonctions intelligentes intuitives ou mentales qui sont déterminées par un état émotif. » MR-021

À partir de là, l’intelligence change de fonction. Elle cherche une manière de réduire la tension, d’éviter une perte ou de retrouver un équilibre. La réflexion se met au service de ce besoin. Elle cherche à produire une issue capable de satisfaire l’état intérieur de l’ego.

« Quand tu agis psychiquement, tu agis avec le désir de créer un équilibre nouveau. De sorte que si tu agis psychiquement, tu vas essayer d’agir en relation avec une prise de conscience ultérieure à l’action. » MR-021

Cette recherche d’équilibre entraîne aussitôt un déplacement hors du présent. L’expérience vécue devient un point de départ pour imaginer ce qui pourrait arriver ensuite. Le passé fournit des repères, le futur devient l’objet de toutes les anticipations. L’instant présent disparaît progressivement derrière les conséquences attendues ou redoutées.

« Le psychique ne fonctionne pas dans le présent, il fonctionne toujours vers un avenir ou un passé. Dans le présent, c’est la vibration qui fonctionne. » MR-021

L’intellect entre alors dans son mode habituel de fonctionnement. Il compare, calcule, mesure, évalue les risques et tente de prévoir les résultats. Chaque réflexion cherche à diminuer l’incertitude créée par l’émotion. Plus l’émotion est forte, plus cette activité devient intense.

« Si j’avais agi psychiquement… mon émotion aurait anticipé la valeur de l’action ultérieurement. […] Il n’y a plus d’intellect, là : calculer, puis mesurer, puis vais-je perdre mon char… » MR-021

L’expérience joue là un rôle déterminante : les situations déjà vécues servent de référence pour interpréter le présent et orienter les décisions. Cette compréhension expérientielle fournit à l’intellect la matière dont il a besoin pour construire ses anticipations et tenter de contrôler le déroulement des évènements.

« Le temps d’une action doit être contrôlé par la vibration et non dirigé ou contrôlé ou manipulé par la subjectivité de votre compréhension expérientielle. » MR-021

À mesure que ce mécanisme se développe, l’implication psychologique devient de plus en plus importante. L’Homme s’attache au résultat de son action, cherche à en garantir l’issue et intervient pour arranger les choses selon ce qu’il estime souhaitable. Toute son attention se concentre sur ce qui pourrait arriver plutôt que sur ce qui est en train de se produire.

« Tandis que quand vous fonctionnez psychiquement, vous êtes impliqué dans l’action, surtout dans l’action de l’avenir : c’est là que vous faites jouer un tour. » MR-021

La vibration demeure pourtant présente tout au long de cette séquence. L’émotion, la réflexion, le calcul et l’anticipation occupent progressivement tout l’espace intérieur jusqu’à empêcher l’Homme d’en percevoir le mouvement. Le psychisme finit ainsi par interposer son propre fonctionnement entre l’Homme et l’énergie.

« Et ce sont vos émotions qui vous préviendront, qui vous empêcheront de faire l’expérience de l’énergie de l’âme. » MR-020

« Si on la bloque, la vibration, psychiquement, il va venir un jour où cette vibration-là, on en aura besoin, puis on ne l’aura pas. » MR-021

4.5. Le fonctionnement mental

Le fonctionnement mental apparaît lorsque le fonctionnement psychique cesse d’organiser l’action. La tension n’entraîne plus une réaction émotionnelle, la réflexion ne cherche plus à anticiper les conséquences, et la vibration peut enfin remplir son rôle. L’action ne prend plus naissance dans un calcul intérieur ; elle répond directement au mouvement de cette vibration.

« Tandis qu’agir mentalement, c’est agir dans une dimension interne qui n’est ni dans le futur, ni dans le passé, mais qui est totalement dans le présent et qui est totalement désimpliquée de la conséquence de la situation. Quand tu agis mentalement, tu agis toujours en puissance. » MR-021

Le présent prend alors une fonction entièrement nouvelle. Il ne représente plus un instant situé entre le passé et le futur. Il devient le seul lieu où la vibration peut se manifester. Tant que l’Homme reste dans ses projections, il reste à l’extérieur de ce mouvement. Lorsqu’il demeure dans le présent, la vibration peut apparaître au moment où la situation l’exige.

L’action ne résulte plus d’une analyse préalable. Elle prend naissance lorsque cette vibration traverse l’ego.

« La décision du mental pur ne prend jamais rien en considération. […] la vibration passe dans l’ego, puis l’ego s’ajuste à la vibration instantanément et c’est l’ego qui fonctionne. Vous êtes dans la loi, dans ce que j’appelle la loi de l’action. » MR-021

L’enchaînement est immédiat. La vibration apparaît, traverse l’ego, puis l’ego s’y ajuste sans délai. Il n’examine pas les différentes possibilités, ne mesure pas les risques et ne compare pas plusieurs solutions. L’ajustement lui-même devient la décision. L’action suit naturellement, sans qu’aucune réflexion supplémentaire ne soit nécessaire.

« Ce n’est pas une prise de conscience, il faut que tu l’aies déjà, la conscience, quand tu fonctionne de même. C’est une action pure. […] Pour fonctionner au niveau de l’action pure, c’est de fonctionner dans le moment réel de l’évènement. Dans ce moment-là, il n’y a pas de prise de conscience. Tu es déjà dans la conscience. » MR-021

Cette précision modifie profondément la manière de comprendre l’action. Elle ne naît pas d’une réalisation intellectuelle ou d’une compréhension nouvelle. La conscience constitue déjà le point d’appui à partir duquel l’action devient possible. Il ne s’agit plus de comprendre avant d’agir. L’action se produit parce que la conscience est déjà présente dans le moment réel de l’évènement.

L’intellect n’a alors plus la fonction qu’il occupait dans le fonctionnement psychique. Le calcul, la comparaison et l’anticipation cessent d’intervenir entre la vibration et l’action. L’Homme n’a plus à déterminer ce qu’il convient de faire ; la vibration porte déjà le mouvement.

« C’est un acte pur. C’est mental. C’est vibratoire. Ce n’est plus psychique. Il n’y a plus d’intellect, là : calculer, puis mesurer, puis vais-je perdre mon char, tu sais. […] C’est dans le présent, la vibration passe dans le présent, elle ne passe pas dans le futur, la vibration. » MR-021

L’action conserve toute sa précision, mais elle ne dépend plus d’une construction psychologique. Elle répond directement à la situation présente. Rien ne vient s’interposer entre la vibration et le mouvement.

« Si vous fonctionnez mentalement, vous ne vous ferez jamais jouer de tour parce que quand vous fonctionnez mentalement, vous n’êtes pas impliqué dans l’action que vous faites. Vous faites l’action. Mais vous n’êtes pas impliqué dedans. » MR-021

Cette désimplication ne signifie pas que l’Homme devient indifférent à ce qu’il accomplit. Elle signifie que son identité n’est plus engagée dans le résultat. L’action est réalisée entièrement, mais elle cesse d’être portée par l’espoir d’un gain, la crainte d’une perte ou le besoin de confirmer une image de soi.

« Quand tu es dans le mental, il n’y a rien là. Quand tu es dans le mental, tu n’es pas dans le psychique. Quand tu es dans le mental, il n’y a pas de valeur psychologique attachée à la qualité de l’action. » MR-021

L’action mentale marque ainsi l’aboutissement du déplacement amorcé dans les sections précédentes. La pensée cesse progressivement d’être organisée par sa forme, puis par sa polarité. La neutralité de la cellule de l’esprit ouvre un espace où la vibration peut finalement traverser l’ego et le mettre en mouvement. L’action devient alors l’expression directe de cette vibration, sans intervention du fonctionnement psychique.

4.6. La mise au neutre

La mise au neutre intervient lorsque le fonctionnement psychique cesse d’être la réponse automatique face à une situation difficile. Tant que l’Homme cherche à intervenir immédiatement, à résoudre le problème, à réduire la tension ou à retrouver un équilibre, il continue d’agir selon les mécanismes décrits précédemment. L’émotion mobilise alors l’intelligence, la réflexion reprend sa place et la vibration demeure en arrière-plan. Face à cette tendance naturelle, la mise au neutre introduit un fonctionnement entièrement différent. Au lieu de répondre immédiatement à la tension, l’Homme suspend son intervention. Il cesse de vouloir modifier la situation par son psychisme et attend que la vibration produise elle-même le mouvement.

« Si l’expérience de la vie est un petit peu difficile, s’il y a des tensions durant la journée […] l’esprit de l’homme, lui, a tendance de par sa nature à vouloir tasser les choses, arranger les choses. Mais quand l’homme connaît le mécanisme où il est dans la vibration de la cellule de l’esprit, à ce moment-là il n’essaye pas au niveau psychique d’arranger les choses, il attend que le moment soit propice pour sentir la vibration qui va le faire déplacer pour arranger la chose. » MR-021

La mise au neutre consiste à interrompre cette réaction psychique. L’attention cesse de se fixer sur le problème lui-même. La tension demeure présente, mais elle n’entraîne plus immédiatement une réponse intérieure. L’Homme laisse simplement l’énergie agir, sans chercher à l’accélérer, à la comprendre ou à lui résister.

« Et la meilleure façon de réagir dans un cas pareil, c’est de vous mettre réellement au neutre, de ne pas vous occuper de cette force qui pénètre, d’ailleurs vous n’y pouvez rien, et de la subir, mais de la subir d’une façon totalement froide. Quand je dis froide, je dis sans émotion et sans y penser trop, trop, si vous êtes capable. De la subir et de laisser passer l’énergie. Et lorsque ceci se produit, c’est la formation du canal en vous. » MR-020

Cette froideur dont parle Bernard n’est pas de l’indifférence. Elle permet simplement de ne plus alimenter le mouvement psychique. L’émotion ne relance plus la réflexion, la réflexion ne relance plus l’anticipation, et l’énergie peut poursuivre son travail sans rencontrer l’opposition habituelle de l’ego.

La mise au neutre introduit alors une attente d’une nature entièrement nouvelle. Il ne s’agit plus d’attendre qu’une situation s’améliore ni qu’une solution apparaisse intellectuellement. L’attente consiste à demeurer disponible jusqu’à ce que le mouvement vibratoire se manifeste.

« L’ego, il n’a rien qu’une chose à faire dans cette énergie-là : s’asseoir et ne pas répondre. L’ego, il attend. Puis quand l’ego s’est saisi, quand ça va mal de même, qu’il s’est saisi, qu’il se met au neutre, il peut attendre cinq minutes, il peut attendre une heure il peut attendre… Et tout d’un coup, il y a un mouvement qui vient, il y a un mouvement. […] Là, il y a un mouvement qui vient, puis l’ego commence à suivre le mouvement, puis il sort. » MR-021

L’attente n’a donc pas de durée déterminée. Elle peut durer quelques minutes ou beaucoup plus longtemps. Ce qui importe n’est pas le temps écoulé, mais l’apparition du mouvement. Lorsque celui-ci surgit, il ne résulte d’aucun calcul préalable. L’ego le reconnaît immédiatement et le suit.

Cette synchronisation avec le temps de l’énergie permet à l’action de coïncider exactement avec la situation.

« Quand un homme connaît le principe du mécanisme de la cellule de l’esprit, il ne cherche jamais à changer les évènements de sa vie : il attend — c’est bien important ça, je vous dis ça pour plus tard — il attend de pouvoir, dans le temps de l’énergie, faire un mouvement qui va coïncider avec une action qui va changer la situation. » MR-021

La mise au neutre transforme aussi le rapport de l’Homme à la souffrance. La pression de l’événement et l’énergie qui l’accompagne demeurent entièrement présentes. Ce qui change, c’est la réaction de l’ego. Tant qu’il cherche à intervenir, à comprendre, à reprendre le contrôle ou à forcer une solution, il entre en opposition avec cette énergie. C’est cette opposition qui entretient la souffrance et l’épuise. En se mettant au neutre, il cesse progressivement de lutter contre ce qui agit en lui. Le psychisme arrête de s’opposer à l’énergie. Celle-ci poursuit alors son travail sans rencontrer cette résistance intérieure, jusqu’au moment où elle produit elle-même le mouvement.

« Si l’ego se met au neutre, s’il est capable de se mettre au neutre : “poum”. L’énergie va demeurer mais l’ego n’en souffrira pas. Quel que soit l’évènement ! Parce qu’il n’y a plus rien qui peut le toucher. Mais si tu commences à te péter contre les murs avec cette énergie-là, c’est là que tu vas te péter longtemps. » MR-021

La mise au neutre constitue ainsi le dernier ajustement avant l’action mentale. Le psychisme suspend son intervention, l’ego demeure disponible, l’énergie poursuit son travail et, lorsque le moment est atteint, la vibration produit d’elle-même le mouvement auquel l’Homme s’ajuste instantanément. C’est à partir de cette disponibilité que peut s’établir durablement le fonctionnement mental.

5. La naissance de la volonté créative

5.1. La résistance vibratoire

Les évènements de la vie agissent sur l’Homme par des chocs vibratoires. Tant qu’il demeure inconscient, il cherche surtout à mettre fin à la souffrance qu’ils produisent. Lorsqu’il devient conscient de l’énergie en jeu, une autre capacité commence à se développer : celle de subir ces chocs vibratoires. Bernard appelle cette capacité la résistance.

« La résistance, c’est la capacité de subir les chocs vibratoires qui viennent en relation avec les évènements quand vous êtes dans la sensibilité de cette énergie-là. C’est ça la différence entre la conscience puis l’inconscience. » MR-021

Toute évolution repose sur le choc vibratoire, qui constitue une loi du cosmos. L’homme inconscient ne perçoit pourtant pas cette réalité : il ne vit que la dimension psychologique des évènements. Lorsque l’homme devient sensible à l’énergie qui agit à travers eux, son rapport à l’expérience se transforme. Les évènements ne sont plus vécus comme des difficultés ou des souffrances : ils révèlent l’énergie qui agit à travers eux, et c’est au contact de cette énergie que la résistance commence à se développer.

La résistance désigne donc une capacité d’encaissement. Elle se développe au contact des chocs vibratoires, lorsque l’Homme ne peut plus se soustraire à la pression exercée par l’évènement. Cette pression agit comme une force qui oblige l’ego à reconnaître qu’il ne contrôle pas encore l’énergie à laquelle il est confronté. Le choc produit alors une souffrance que l’ego cherche naturellement a faire cesser. Pourtant, cette souffrance correspond à un travail qui doit aller jusqu’à son terme. Tant que ce travail n’est pas accompli, l’Homme reste placé devant la force qui agit sur lui.

« Il n’y a aucune évolution possible sans un choc vibratoire. […] C’est une loi du cosmos, c’est une loi de l’univers, c’est ainsi que les vibrations sont diminuées ou élevées dans le cosmos. Que l’Homme sache que toute évolution nécessite un choc vibratoire. Et le choc vibratoire se manifeste chez lui dans une sorte de souffrance qu’il veut voir cesser… » MR-019

La résistance se construit justement dans cette impossibilité de sortir trop vite du choc. L’Homme rencontre une force, sent qu’elle le dépasse, puis se tasse devant elle. Il ne triomphe pas immédiatement de cette force. Il apprend d’abord à la supporter. Chaque fois qu’il la subit sans pouvoir la contourner, une capacité nouvelle se forme en lui.

« Tu réalises une force, tu réalises une volonté au-dessus de toi, puis tu te tasses. C’est là que tu développes de la résistance. Et puis avec le temps, tu développes énormément de résistance, de résistance, de résistance, etc. » MR-021

La résistance ne se développe donc que lorsque l’Homme est placé devant une force qui l’oblige à attendre, à subir, à tenir. L’attente imposée devient alors un élément du mécanisme. Elle empêche l’ego de reprendre immédiatement la situation en main et l’oblige à accumuler de la résistance contre la volonté qui le domine.

« Je n’avais pas le choix, j’attendais, je développais de la résistance, puis je développais de la résistance, puis je développais de la résistance. Mais pour en arriver à ne plus être esclave de l’esprit, il faut avoir développé une résistance contre la volonté de l’esprit et à ce moment-là, Charley, t’attends plus. » MR-021

Cette accumulation se poursuit tant que l’Homme demeure placé devant cette force. Tant qu’il ne connaît pas la limite de sa propre résistance, il reste soumis à une volonté qui le dépasse. À force de se taper dans le mur, de subir la pression et de développer sa capacité d’encaissement, il finit par atteindre le point où cette résistance devient elle-même une force intérieure.

« Vous n’aurez pas de volonté tant que vous n’aurez pas le pouvoir de déterminer la nature limite de votre résistance. » MR-021

La résistance vibratoire constitue ainsi la première étape de la volonté réelle. Elle ne donne pas encore à l’Homme le pouvoir d’agir librement, mais elle forme en lui la capacité de ne plus s’effondrer devant la pression de l’esprit. C’est cette endurance accumulée, portée jusqu’à sa limite, qui prépare le passage de la résistance à la volonté.

5.2. Sans mur, pas de résistance

Sans mur, pas de résistance.

Sans résistance, pas de volonté.

Le mur apparaît lorsque l’Homme arrive devant une situation qui ne lui laisse plus aucune issue. Toutes les solutions qu’il imagine échouent. Plus il cherche une porte de sortie, plus il découvre qu’il n’y en a pas. L’impression d’être enfermé est une condition imposée qui maintient l’Homme devant une force qu’il ne peut ni contourner ni faire disparaître. Il n’a plus le choix.

« Quand ça va mal, il y a comme un mur quelque part. […] comme s’il n’y avait pas de sortie. » MR-021

L’ego continue pourtant à fonctionner selon ses habitudes. Il cherche une autre solution, tente de contourner l’obstacle, essaie de reprendre le contrôle de la situation. Toute son organisation psychologique repose sur cette capacité à résoudre les difficultés lorsqu’elles apparaissent. Devant ce mur, ce fonctionnement devient inopérant. Aucune des stratégies habituelles ne permet d’avancer. Cette absence de sortie possède une fonction : elle retire progressivement à l’ego la possibilité de s’appuyer sur son intelligence psychologique. Tant qu’il croit encore pouvoir résoudre lui-même la situation, le travail n’est pas terminé. Le mur le maintient devant une condition qu’il ne peut ni modifier ni contourner.

« S’il n’y en a pas, de porte de sortie, c’est pour vous entraîner à fonctionner dans votre esprit, c’est pour vous entraîner à fonctionner. » MR-021

Le premier réflexe consiste naturellement à chercher une solution. L’ego veut sortir de l’impasse, reprendre le contrôle ou forcer le passage. L’Homme s’agite, cherche une autre direction, recommence les mêmes tentatives ou s’épuise à vouloir faire céder l’obstacle. Bernard décrit cette réaction avec une image très concrète : celle d’un homme qui continue à se taper contre le mur.

« Mais si tu commences à te péter contre les murs avec cette énergie-là, c’est là que tu vas te péter longtemps. » MR-021

Le mur impose alors l’attente. Peu à peu, l’Homme cesse de lutter contre cette impasse. L’attente devient le moyen par lequel la résistance s’accumule. Tant que l’Homme ne possède pas les moyens d’agir, cette attente lui est imposée et il ne peut plus avancer selon la volonté de son ego. Elle l’oblige à demeurer devant la force au lieu de chercher continuellement à lui échapper. C’est pendant cette période que la résistance continue de se développer.

« Eux-autres vont dire « attends » quand tu n’as pas les moyens. [...] Je n’avais pas le choix, j’attendais, je développais de la résistance, puis je développais de la résistance, puis je développais de la résistance… » MR-021

Le mur ne disparaît pas parce que la situation change. Il résiste jusqu’à ce que l’Homme change lui-même : car à force de se taper dans ce mur, il accumule une résistance qui finit par atteindre sa propre limite, chaque attente ajoutant une nouvelle résistance. La force qui l’obligeait jusque-là à attendre ne produit plus le même effet. Peu à peu, la résistance cesse d’être une capacité à supporter la pression et devient une force capable de s’opposer au mur. Le mur change alors de nature et n’oppose plus de résistance : la volonté qui s’est développée au contact de cette opposition atteint finalement une intensité suffisante pour équilibrer la force qui lui faisait obstacle depuis le début.

« Pour créer une résistance, il faut qu’il y ait un mur. Et à un certain moment, ta volonté est tellement forte qu’elle pète le mur. À ce moment-là, il y a un équilibre entre ta volonté puis leur volonté. À ce moment-là, tu n’attends plus. » MR-021

Le mur révèle ainsi sa véritable fonction. Il n’avait pas pour objectif d’empêcher l’Homme d’avancer, mais de maintenir la pression aussi longtemps que sa résistance demeurait insuffisante. Une fois cette résistance devenue volonté, l’attente cesse d’elle-même. L’obstacle qui paraissait bloquer l’évolution apparaît alors comme l’élément qui l’a rendue possible.

5.3. La naissance de la volonté

La volonté qui apparaît au terme de ce processus n’a plus rien de commun avec la volonté ordinaire : il ne s’agit pas d’une détermination psychologique, d’un effort personnel ou d’une discipline intérieure. Cette volonté appartient à un tout autre ordre.

« Vous n’aurez pas de volonté tant que vous n’aurez pas le pouvoir de déterminer la nature limite de votre résistance. La volonté dont je parle… la volonté dont je parle, ce n’est pas la volonté de tous les jours. […] La volonté dont je parle, c’est la volonté qui est une réaction absolue de votre esprit contre l’esprit universel. » MR-021

Cette volonté ne se décide pas. Elle apparaît lorsque la résistance accumulée atteint sa limite et qu’une réaction se produit au niveau même de l’esprit. Bernard décrit ce moment comme un véritable processus inverse : l’Homme cesse progressivement de subir la pression exercée sur lui et commence à lui opposer une force de même nature.

« Là il y a un processus inverse qui se produit : éventuellement l’ego en a plein le cul de cette énergie-là qu’il sent, parce qu’elle est forte, cette énergie. C’est là que l’ego commence à développer de la volonté. » MR-021

« La volonté, ça n’a rien à faire avec une attitude. La volonté, c’est un pouvoir interne qui résulte de la souffrance. » MR-021

« La volonté dont je parle, c’est la volonté qui est une réaction absolue de votre esprit contre l’esprit universel. C’est une révolte. Ce n’est pas une forme de révolte : c’est une révolte. » MR-021

La volonté naît donc lorsque la pression exercée par cette énergie devient telle que l’Homme atteint la limite de ce qu’il est capable de supporter et constitue une réaction de l’esprit contre la force qui le maintenait jusque-là sous sa domination. Elle est aussi la conséquence de la souffrance qui elle-même résulte des chocs vibratoires. La résistance cesse alors d’être la simple capacité à supporter la pression et devient progressivement une force d’opposition.

Ainsi la souffrance est l’expression du travail qui construit la volonté. Chaque choc, chaque attente, chaque confrontation avec le mur ajoute progressivement à cette force intérieure jusqu’à ce qu’elle puisse finalement répondre à la pression qui l’a fait naître.

Pendant toute cette période, la résistance ne fait qu’endurer la pression. Puis un seuil est atteint. Ce qui supportait jusque-là les chocs vibratoires cesse simplement de les subir et commence à leur répondre. La volonté apparaît à cet instant précis. Elle est la réaction de l’esprit contre l’esprit universel. Elle est cette révolte.

« Tu te bats contre jusqu’au moment où tu es capable de te battre contre à un point tel que tu es capable de développer la volonté de descendre l’énergie de l’esprit ici. Parce que la volonté, c’est l’énergie de l’esprit. » MR-021

La volonté atteint alors une dimension nouvelle. Elle ne constitue plus simplement une réaction face à l’obstacle. Elle devient l’énergie même de l’esprit agissant désormais à travers l’Homme. Le rapport de force se transforme définitivement : l’Homme n’agit plus sous la domination de cette énergie, il commence à la porter lui-même.

5.4. L'autonomie de l'Homme

L’autonomie est l’aboutissement du mécanisme décrit jusqu’ici. Tant que l’Homme est soumis à la volonté de l’esprit, il ne possède pas encore ses propres moyens d’action. L’attente lui est imposée, les évènements continuent de déterminer son mouvement, et la pression exercée par l’esprit conserve sur lui son pouvoir.

Cette situation prend fin lorsque la volonté devient suffisamment forte pour établir un équilibre avec la force qui lui faisait obstacle.

Cet équilibre transforme alors complètement le rapport de force. L’Homme ne reçoit plus l’ordre d’attendre, parce qu’il possède désormais les moyens d’agir. La résistance accumulée tout au long des épreuves devient l’énergie qui lui permet d’agir de lui-même. L’attente disparaît avec la dépendance qui la rendait nécessaire.

La relation entre l’Homme et l’esprit se transforme. Tant qu’il subissait cette force sans réponse possible, il demeurait sous son autorité. Lorsqu’il possède enfin les moyens de lui répondre, cette relation devient un rapport de force. Le combat ne constitue donc pas une image destinée à évoquer une lutte intérieure : il désigne le mécanisme par lequel l’Homme cesse de subir l’énergie qui s’exerçait sur lui et lui oppose désormais sa propre volonté.

« Ils te fouettent jusqu’à temps que t’en arrives à prendre le fouet puis refouetter la condition dans laquelle ils t’ont mis. » MR-021

Cette énergie fournit désormais les moyens qui faisaient défaut à l’Homme. C’est elle qui met fin à la dépendance qui l’obligeait à attendre et rend l’autonomie possible .

Désormais, l’Homme possède les moyens d’agir à partir de sa propre énergie. Il n’est plus placé sous l’autorité d’une autre volonté : il devient lui-même le principe de son mouvement. L’autonomie ne met donc pas seulement fin à l’attente ; elle met fin à la domination qui rendait cette attente nécessaire.

Cette disparition de la domination ne signifie pourtant pas que l’Homme rompe toute relation avec l’esprit. Le rapport entre eux change entièrement de nature. L’Homme n’agit plus sous l’autorité du monde des esprits ; il devient capable d’entrer en relation avec lui à partir de son propre esprit. C’est précisément ce qui rend désormais possible un rapport d’égal à égal, où il peut convoquer, discuter, organiser et travailler avec ces forces sans leur être soumis.

« […] jusqu’au jour où l’homme sera suffisamment fort et puissant en lui-même pour se rebeller contre la loi de ce jeu et finalement pénétrer dans son mental supérieur avec la clé du discernement où il lui sera possible, parce que lui aussi est esprit, de convoquer, de parler, de discuter, d’organiser, de travailler, de fondre lui-même ses forces avec l’esprit. » MR-018

Cette relation nouvelle ne repose plus sur la nature de l’esprit auquel l’Homme est confronté. Une fois l’autonomie acquise, la question n’est plus de savoir si cette influence est bénéfique ou nuisible. Le problème se situe en amont : tant qu’une volonté extérieure continue d’exercer son autorité sur l’Homme, celui-ci demeure dans un rapport de soumission. L’autonomie met précisément fin à cette condition en rétablissant l’Homme dans le rapport direct avec son propre esprit.

« Que l’homme soit soumis à l’esprit qui évolue ou que l’homme soit soumis à l’esprit qui involue, l’homme est soumis à l’esprit et l’homme ne doit pas être soumis à l’esprit ! L’homme doit être en harmonie vibratoire avec son propre esprit ! » MR-018

6. Conclusion

Cette quatrième journée marque une étape importante dans la progression des Mini Rencontres. Après avoir montré comment la psychologie se désorganise progressivement au contact de l’intelligence, Bernard de Montréal décrit ici le mécanisme qui permet à l’Homme de développer la force nécessaire pour ne plus être soumis à une volonté extérieure.

Dans ces enregistrements du 15 février 1981, Bernard de Montréal ne présente pas la souffrance comme une épreuve morale, ni comme une expérience destinée à être comprise psychologiquement. Il lui attribue une fonction : les chocs vibratoires, les obstacles, l’attente, les situations sans issue ou encore les périodes où l’Homme se heurte continuellement à une même limite participent d’un processus qui conduit progressivement au développement de la résistance.

Cette résistance n’est cependant jamais un état définitif. À mesure qu’elle s’accumule, elle atteint sa propre limite et se transforme. La volonté est alors non pas une qualité psychologique ou un effort personnel, mais une réaction de l’esprit lui-même contre la force qui le maintenait jusque-là dans la soumission. Bernard explique que cette volonté naît directement de la souffrance accumulée, jusqu’à devenir capable de renverser le rapport de force avec le monde des esprits.

Le combat décrit tout au long de cette journée prend ainsi un sens entièrement nouveau. Il ne renvoie ni à une lutte symbolique, ni à une opposition psychologique. Il constitue un mécanisme par lequel l’Homme cesse progressivement de subir les conditions qui lui sont imposées, jusqu’à développer les moyens de fonctionner à partir de sa propre énergie.

Cette transformation conduit ainsi à l’autonomie. L’Homme n’attend plus parce qu’il possède désormais les moyens d’agir. Il ne dépend plus de la volonté d’un autre, mais de sa propre relation avec l’esprit. La soumission disparaît, non parce que le monde des esprits cesse d’exister, mais parce que l’Homme cesse d’en être l’esclave.

Cette autonomie éclaire également un point essentiel : la question n’est plus de savoir à quel esprit l’Homme est confronté. Tant qu’il demeure soumis à une volonté extérieure, la soumission subsiste. L’évolution consiste à retrouver un rapport direct avec son propre esprit, condition nécessaire à une autonomie réelle.

Cette quatrième journée apporte ainsi une clé de lecture qui éclaire l’ensemble des conférences précédentes. Les chocs vibratoires, la souffrance, l’attente ou les obstacles cessent d’apparaître comme des expériences isolées. Ils participent à un même mécanisme dont la finalité est de conduire l’Homme jusqu’au point où il ne peut plus être soumis à une autre volonté que la sienne. La résistance, la volonté et l’autonomie ne décrivent donc pas trois états différents de la conscience. Elles correspondent aux différentes phases d’une même transformation, par laquelle l’Homme devient progressivement capable de fonctionner à partir de son propre esprit.

La résistance, la volonté et l’autonomie ne décrivent donc pas trois états différents de la conscience. Elles correspondent aux différentes phases d’une même transformation, par laquelle l’Homme devient progressivement capable de fonctionner à partir de son propre esprit.

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2 commentaires

  1. cayla

    Gratitude pour ce travail d analyse!

    Il permet de saisir plus en profondeur les mécanismes et les étapes de la libération de l’ homme et ,pour ma part, amène un éclairage nouveau que l’ écoute seule ne m’ avait pas permis d’ appréhender.

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    • BDMS

      Merci beaucoup pour ce retour. C’est précisément le but de ces analyses : faire apparaître les mécanismes et les liens qui traversent les enregistrements, tout en permettant de revenir à l’écoute originale. Savoir que ce travail vous a apporté un éclairage nouveau donne tout son sens à cette démarche.

      Répondre

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