1ère Mini Rencontre – 27 janvier 1981 – De l’homme psychologique à l’homme vibratoire

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Bernard de Montréal
1ère Mini Rencontre – 27 janvier 1981 (2h15)
MR-001 - L'Homme s'ouvre à sa réalité
Mini Rencontres

Introduction

Cette première journée de séminaire pose les bases fondamentales de la transformation de l’Homme. Bernard de Montréal y décrit le passage d’une conscience psychologique, structurée par l’émotion, la pensée et la perception sensorielle, vers une conscience vibratoire capable de percevoir directement les lois qui régissent la réalité.

 Il ne s’agit pas d’un déplacement intellectuel, ni d’une amélioration progressive de l’individu, mais d’un changement de régime de conscience.

Dès les premières minutes, il situe la limite : l’Homme ne manque pas d’information, il manque de vibration.

 

MR-001 Votre vibration n’est pas ajustée totalement dans ce sens que votre mental n’est pas parfait
Extrait de : MR-001 - L'Homme s'ouvre à sa réalité
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Citation sonore

La réalité de l’avenir n’est pas dans vos mains. La conception, la compréhension, la façon de voir, la façon de vous réaliser, la façon de vous projeter est entièrement en dehors de votre capacité aujourd’hui, parce que vous n’avez pas encore la vibration. Votre vibration n’est pas ajustée totalement dans ce sens que votre mental n’est pas parfait. Et votre mental n’étant pas parfait, vous êtes incapables de dialoguer parfaitement avec l’invisible, et pour cette raison, comprendre les lois de la vie qui vous affectent et dont vous deviendrez un jour conscient.

Tant que cette structure intérieure reste inchangée, la compréhension demeure enfermée dans ses propres filtres.

Ce mouvement qui est décrit au fil de cette journée transforme profondément la manière de vivre l’expérience. Les repères habituels perdent leur stabilité, les mécanismes de compréhension cessent de fonctionner comme avant. Il devient nécessaire de sortir du cadre mental, de ne plus interpréter à partir de l’ego, et d’entrer progressivement dans un rapport direct avec l’esprit.

Et cette transition ne s’appuie pas sur un enrichissement intérieur : elle implique un travail de désagrégation. Les formes se fissurent, les certitudes se défont, les réactions émotionnelles cessent de structurer l’expérience, et le besoin de comprendre se trouve remis en question.

À partir de là, tout ce qui va suivre ne consiste pas à ajouter quelque chose, mais à faire tomber ce qui empêche de voir.

Dynamique globale de la journée

Les trois conférences convergent vers une même réalité : l’Homme ne peut accéder au réel tant qu’il fonctionne à partir de son mental, de son émotion et de ses sens. Cette limite agit en permanence, comme une grille invisible à travers laquelle tout est interprété.

La progression de la journée suit un mouvement précis :

  • MR-001 ouvre le champ. Les bases sont posées, les limites de la perception sont exposées, la notion de vibration est introduite.
  • MR-002 intensifie le processus. Les structures internes sont mises sous pression, les repères se fragilisent, l’individu est amené à traverser une phase de désorganisation.
  • MR-003 apporte une stabilisation. Les mécanismes commencent à se clarifier, la volonté prend forme, et les conditions d’une transformation plus profonde apparaissent.
MR-001 Tant que l’on pense, on est incapable de voir
Extrait de : MR-001 - L'Homme s'ouvre à sa réalité
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Tant que l’on pense, on est incapable de voir.

Cette phrase agit comme un point d’arrêt. Elle ne remet pas simplement en cause la pensée, elle en révèle la fonction : organiser une représentation du réel qui empêche d’y accéder directement.

À mesure que la journée avance, un déplacement s’opère. L’individu commence à percevoir que ce qu’il attribuait aux circonstances provient en réalité de sa propre structure.

MR-003 Tous les problèmes de votre vie sont créés par l’intelligence supérieure qui est en vous
Extrait de : MR-003 - Les lois planétaires de l'esprit
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Citation sonore

Je vous avise que tous les problèmes de votre vie sont créés dans tous leurs aspects, dans toutes leurs conditions par l’intelligence supérieure qui est en vous. Pour votre évolution, pour l’Homme de demain, ce jeu doit cesser. L’intelligence qui est en lui, la volonté dont il ne connaît pas la puissance, doit s’équilibrer, pour qu’à un certain moment dans sa vie grandissante, dans sa vie de conscience, il en arrive de réduire à zéro le pouvoir de l’esprit sur son esprit. Et lorsque l’Homme a suffisamment de puissance volontaire, de volonté réelle, il est capable de réduire à zéro le pouvoir de l’esprit sur son esprit et c’est à ce moment-là que l’Homme devient surhomme.

Le centre de gravité se déplace. Ce qui semblait extérieur se révèle dépendre d’un mécanisme interne.

Ce changement n’est pas progressif au sens habituel. Il agit par ruptures, par pertes de repères, par glissements successifs. L’Homme cesse peu à peu de s’appuyer sur ce qui lui servait jusque-là de base.

Titres concernés

MR-001 : L’Homme s’ouvre à la réalité
MR-002 : L’Homme en voie de préparation
MR-003 : Les lois planétaires de l’esprit

Les axes majeurs

L’ouverture à la conscience vibratoire

Le premier basculement concerne l’ajustement vibratoire des centres. Ce phénomène agit sans décision consciente, comme une modification de fond qui transforme la manière d’entrer en relation avec le monde.

MR-001 Ajustement vibratoire des centres et impact sur les échanges
Extrait de : MR-001 - L'Homme s'ouvre à sa réalité
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Là où auparavant vous pouviez avec grande facilité vous entretenir psychologiquement avec les Hommes, petit à petit ça devient de plus en plus pénible, éventuellement ça viendra pour vous très difficile, pas parce que vous ne voudrez pas vous entretenir avec les Hommes, mais parce que la nature même de votre conscience vibratoire aura été altérée à un point tel que tout discours sur la valeur psychologique de la vie sera inutile, tandis que tout échange avec des êtres qui auront été ajustés vibratoirement vous permettra d’entretenir des propos à l’infini sur la nature des choses.

Ce qui était naturel devient lourd, voire difficile à soutenir. Non par rejet, mais parce que la structure intérieure ne correspond plus à ce type d’échange.

Dans le même temps, une autre forme de relation apparaît. Les échanges deviennent fluides avec ceux qui partagent un même ajustement. Une compréhension immédiate se met en place, sans passer par les mécanismes habituels de la pensée.

L’effondrement des formes psychologiques

La préparation passe par une désorganisation progressive des structures internes. Les repères sur lesquels l’individu s’appuyait commencent à perdre leur cohérence.

MR-002 Vivre l’effondrement
Extrait de : MR-002 - L'Homme en voie de préparation
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Vous devrez vivre en vous-même l’effondrement de tout ce que vous croyez être. Là où il y aura émotion en vous, il y aura retardement sur les plans. Là où il y aura destruction d’une forme qui captive votre émotion et l’enracine dans la nature animale de votre propre évolution, vous pourrez avancer.

Cette phrase n’introduit pas une éventualité, mais une nécessité.

Les vérités personnelles se fragilisent. Ce qui paraissait stable se révèle mouvant.

MR-002 Vos vérités sont de plus grands mensonges que vos mensonges
Extrait de : MR-002 - L'Homme en voie de préparation
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(…) parce que je suis plus intéressé à vos vérités qu’à vos mensonges, parce que vos vérités sont de plus grands mensonges que vos mensonges. Parce que déjà vos mensonges sont conçus, établis, relatés, compris, acceptés, refusés par vos egos et vos vérités sont déjà des points d’appuis sur lesquels vous avez établi depuis le début de votre naissance, l’édifice de votre connaissance. Et cet édifice est fondé sur un sable mouvant qui est la vérité.

L’ego découvre que ses points d’appui participent eux-mêmes à l’illusion qu’il tente de dépasser.

Ce mouvement ne produit pas immédiatement de clarté. Il installe une instabilité, un terrain où les anciennes références ne tiennent plus, sans que les nouvelles soient encore pleinement intégrées.

La fin de la compréhension par la pensée

La pensée cesse progressivement d’occuper sa place centrale. Elle continue d’exister, mais elle ne structure plus l’expérience de la même manière.

« Tant que l’Homme pense, il ne voit pas » (MR-001).

Cette affirmation agit comme une coupure. Elle ne demande pas d’arrêter de penser, elle montre que la pensée ne permet pas d’accéder à ce qui est.

Dans MR-002, ce mécanisme apparaît sous un autre angle :

« la plus grande retenue sur l’esprit de l’Homme… ses pensées ».

L’activité mentale maintient l’individu dans une boucle de traitement qui l’empêche de percevoir directement.

Un autre mode de perception s’installe progressivement, moins dépendant du mental, plus immédiat, plus silencieux.

Les lois du mensonge et de l’adaptation

Le mensonge est introduit comme une loi fonctionnelle. Il s’inscrit dans le fonctionnement de l’ego tant que celui-ci est structuré par l’émotion.

« Le mensonge est une déformation de la réalité… liée à l’émotion » (MR-001).

Il intervient comme mécanisme d’ajustement dans un système où la perception est encore fragmentée.

Lorsque la vibration change, ce mécanisme perd sa fonction. L’individu ne réagit plus au mensonge de la même manière.

« L’Homme de demain… ne souffre pas du mensonge… parce qu’il sait qu’on lui ment » (MR-001).

La perception devient immédiate, sans passer par une analyse ou une confrontation. Les relations humaines s’en trouvent transformées. Elles ne reposent plus sur l’échange d’informations, mais sur une reconnaissance directe, indépendante des mots.

La formation de la volonté réelle

La souffrance devient un point de pression qui permet l’émergence d’une volonté nouvelle, distincte de la volonté psychologique. Cette volonté ne cherche pas à résoudre les problèmes : elle empêche leur formation. La volonté prend une dimension nouvelle. Elle ne s’exprime plus comme un effort dirigé, mais comme une énergie qui s’impose à partir d’un certain seuil.

MR-003 La volonté de l’Homme
Extrait de : MR-003 - Les lois planétaires de l'esprit
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Par le passé, dans la race ancienne, la volonté de l’Homme était le produit direct de son désir égoïque. Tandis que dans l’avenir, la volonté de l’Homme est le produit du conflit entre sa souffrance et la volonté de l’esprit qui établit les conditions de la souffrance. Et lorsque l’Homme a souffert suffisamment pour réaliser en lui la limite, ou la nécessité d’une limite à cette souffrance, il descend en lui-même cette énergie qui devient sa volonté propre et à ce moment-là, l’Homme bénéficie de la volonté de l’esprit et c’est à ce moment-là qu’il peut détruire toutes les conditions qui, par le passé, ont servi à créer en lui les problèmes.

« La volonté… est le produit du conflit entre sa souffrance et la volonté de l’esprit » (MR-003).

Ce conflit agit comme un point de compression. Lorsque la limite est atteinte, une autre force apparaît.

Cette volonté n’intervient pas pour résoudre les problèmes. Elle agit en amont, en modifiant les conditions qui les produisent. L’expérience change de nature. L’individu cesse progressivement de fonctionner dans une logique de réaction. Il entre dans une dynamique où les situations ne prennent plus la même forme.  C’est à ce niveau que l’Homme commence à sortir du cycle répétitif des expériences.

Le refus de se comprendre soi-même

Un renversement important intervient dans le rapport à soi. L’idée de se comprendre, largement valorisée dans les approches psychologiques, devient ici un obstacle.

MR-003 L’homme ne peut pas se connaître par lui-même
Extrait de : MR-003 - Les lois planétaires de l'esprit
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L’Homme ne peut pas se connaître par lui-même.

« L’Homme ne peut pas se connaître lui-même » : cette affirmation ne laisse pas de place à l’interprétation. Elle met fin à une démarche fondée sur l’analyse de soi. Le processus décrit par Bernard de Montréal montre que cette recherche produit de nouvelles formes, de nouvelles interprétations, sans jamais atteindre une réalité stable. L’individu « se mal-informe de lui-même » (MR-003).

MR-003 Se comprendre soi-même
Extrait de : MR-003 - Les lois planétaires de l'esprit
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Se comprendre soi-même, c’est un effort logique de la part de l’Homme, c’est un effort qu’on valorise dans les écoles de l’Homme, c’est un effort qui est considéré comme étant louable dans la société de l’Homme, mais dans la réalité de l’Homme, c’est un effort impossible. C’est un effort qui mène constamment à un échec partiel, parce que l’Homme, en essayant de se comprendre lui-même, est obligé dans ce processus-là de se mal informer de lui-même, et en se mal informant de lui-même, il crée une autre illusion de lui-même ainsi de suite.

Une autre attitude apparaît progressivement. L’attention se relâche. L’individu cesse d’intervenir constamment sur lui-même. Une observation plus simple s’installe, moins chargée, moins volontaire.

L’émergence d’une vie neuve

Au fil de cette transformation, une autre manière de vivre commence à se dessiner. Elle ne s’inscrit pas dans la continuité directe de ce qui précède. Bernard de Montréal introduit une distinction précise entre une vie transformée et une vie entièrement dégagée de l’ancien cadre. Cette seconde forme de vie se développe indépendamment des structures précédentes.

MR-003 Vivre dans l’énergie du rayon
Extrait de : MR-003 - Les lois planétaires de l'esprit
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Dans la vie neuve, l’ego ne se voit pas, ou de moins en moins. Dans la vie neuve, la personnalité ne se sent pas, ou de moins en moins. Dans la vie neuve, seule l’âme existe en harmonie vibratoire avec l’ego, qui est en harmonie vibratoire avec la personnalité, de sorte qu’un axe se forme et par cet axe passe l’énergie du courant du rayon auquel vous êtes affecté. Et c’est de cette énergie que vous vivez. C’est de cette énergie que vous vous nourrissez. C’est de cette énergie dont vous vous servez pour descendre dans la matière l’esprit de Dieu. Et lorsque dans la vie neuve, l’Homme descend dans la matière l’esprit de Dieu, tout esprit qui est contre lui, tout esprit qui est contre la lumière de cet esprit ne peut pénétrer l’espace où évolue, progresse cet Homme, parce que cet espace est inviolable, parce que cet espace est la lumière.

MR-003 Ce n’est pas par l’intellect que vous pouvez vivre la vie neuve
Extrait de : MR-003 - Les lois planétaires de l'esprit
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Et ce n’est pas par l’intelligence, l’intellect, qu’il peut vivre cette vie et la comprendre, c’est par la vibration en lui, qui organise son mental, son émotion, son vital et son matériel.

« Ce n’est pas par l’intellect… c’est par la vibration en lui » (MR-003). L’organisation interne ne repose plus sur les mécanismes habituels. Une cohérence différente apparaît.

L’ego change de position. Il devient moins central, moins visible, moins impliqué dans la construction de l’expérience. Le rapport à soi se modifie, sans effort direct.

La mise en place d’une diffusion structurée de l’instruction

Dès cette première journée, la question de la diffusion est posée avec précision.

MR-001 Diffusion et utilité du matériel de l’instruction
Extrait de : MR-001 - L'Homme s'ouvre à sa réalité
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… Et ce matériel-là servira à d’autres personnes et le matériel pourra être diffusé, ou transcrit dans différentes langues. Dans quelques années… quand je dis quelques années, je ne dis pas combien d’années, mais dans quelques années je serai connu dans tous les pays du monde. Or ce matériel réfléchira le début de tout ce mouvement. Et les gens qui s’occuperont de cette diffusion d’une façon ou d’une autre, seront dans une vibration qui leur permettra de comprendre tout le plan lié à ça.

Le matériel est destiné à circuler. « Le matériel pourra être diffusé… transcrit… dans différentes langues » (MR-001). Cette diffusion s’inscrit dans un mouvement plus large.

Elle implique toutefois une condition : la compréhension ne peut pas être uniquement intellectuelle. « Les gens… seront dans une vibration qui leur permettra de comprendre tout le plan lié à ça » (MR-001). Sans cet ajustement, le contenu risque d’être transformé.

La transmission devient alors une responsabilité. Elle demande de maintenir l’intégrité du matériel tout en respectant le niveau de conscience nécessaire à sa réception.

La diffusion n’est pas un projet humain, mais un prolongement du mouvement de l’instruction.

 Points clés

* L’Homme ne peut percevoir le réel tant qu’il fonctionne par la pensée, l’émotion ou les sens
* Les problèmes sont produits par l’ego, non par les événements
* La transformation passe par la destruction des formes intérieures
* Le mensonge est un mécanisme adaptatif qui disparaît avec la vibration
* La volonté réelle naît du conflit avec l’esprit, non de la psychologie
* La compréhension mentale ne mène pas au réel
* L’entrée dans une vie nouvelle implique l’arrêt de la production des problèmes
* Les relations humaines évoluent d’un mode psychologique vers un mode vibratoire
* La diffusion du matériel doit préserver strictement son intégrité

 

 

Le processus

Ce qui se met en place au cours de cette journée ne représente PAS un ensemble d’idées à comprendre ou à retenir. Il s’agit d’un déplacement progressif, presque imperceptible au début, qui affecte la manière même dont l’individu se situe par rapport à ce qu’il vit.

Au départ, rien ne semble bouleversé. L’individu continue de fonctionner avec ses repères habituels. Il pense, il analyse, il organise son expérience comme il l’a toujours fait. Les relations tiennent, les échanges s’inscrivent dans une continuité. Tout paraît encore cohérent.

Puis une légère distorsion apparaît.

Elle ne prend pas la forme d’un événement particulier ni ne se manifeste comme une rupture brutale. Elle s’installe plutôt comme une modification du rapport à ce qui était jusque-là évident. Les échanges psychologiques commencent à perdre leur fluidité. Ils demandent un effort, une attention qui n’était pas nécessaire auparavant.

« Là où auparavant vous pouviez… vous entretenir psychologiquement avec les Hommes… petit à petit ça devient de plus en plus pénible » (MR-001).

Il ne s’agit pas d’un rejet volontaire, l’individu ne décide pas de se retirer et il ne change pas consciemment son attitude. C’est la structure même de sa perception qui commence à ne plus correspondre à ce type d’échange. Ce qui était naturel devient progressivement difficile à soutenir.

Dans le même temps, sans que cela soit recherché, une autre forme de relation apparaît. Plus directe, plus simple, sans construction. Elle repose sur une reconnaissance immédiate, pas sur l’organisation du discours. Elle ne dépend pas de la qualité des mots, ni de la pertinence des idées. Elle se produit lorsque certaines conditions sont réunies, et disparaît dès qu’elles ne le sont plus.

Ce premier glissement reste discret. Il ne modifie pas encore profondément la structure intérieure, mais il en révèle les limites.

Très rapidement, ce mouvement ne reste pas extérieur. Il revient vers l’individu lui-même.

Les repères sur lesquels il s’appuyait commencent à perdre leur stabilité. Ce qui semblait évident devient incertain. Les certitudes ne tiennent plus de la même manière. Il ne s’agit pas encore d’une disparition, mais d’un « affaiblissement », d’une perte de solidité.

« Vos vérités sont de plus grands mensonges que vos mensonges » (MR-002).

Cette phrase ne peut pas être intégrée immédiatement. Elle entre en conflit avec la manière dont l’individu s’est construit. Elle remet en question ce qui lui servait de base. Elle agit comme une fissure qui ne cesse de s’élargir à mesure que l’expérience avance.

Face à ça, le réflexe est de comprendre.

L’individu mobilise ses outils habituels. Il analyse, il compare, il tente de reconstituer une cohérence. Il cherche à situer ce qu’il vit dans un cadre qu’il connaît déjà. Mais quelque chose ne répond plus comme avant.

La pensée continue de fonctionner. Elle produit des explications, elle formule des hypothèses, elle organise des liens. Mais elle ne permet plus d’atteindre ce qui est en train de se transformer. Elle reste à la surface du phénomène.

« Tant que l’on pense, on est incapable de voir » (MR-001).

Cette phrase ne prend sens que lorsqu’elle devient une expérience. Tant qu’elle reste une idée, elle peut être discutée, interprétée, contournée. Mais lorsque l’individu commence à constater que la pensée ne lui donne pas accès à ce qu’il vit, elle devient une limite interne.

La pensée n’est pas arrêtée. Elle continue d’opérer. Mais elle est vue autrement. Elle apparaît comme un mécanisme qui organise une représentation, sans jamais atteindre directement ce qui est.

À partir de là, une forme de fatigue s’installe.

Il ne s’agit pas d’une fatigue physique, mais d’une fatigue du fonctionnement lui-même. Chercher à comprendre ne produit plus les mêmes effets. Chercher à résoudre ne donne plus les mêmes résultats. L’effort devient moins efficace, moins pertinent.

« La plus grande retenue sur l’esprit de l’Homme… ses pensées » (MR-002).

Ce qui servait d’outil devient perceptible comme une limite. La pensée, en cherchant à tout traiter, maintient l’individu dans une boucle. Elle reconstruit sans cesse sans permettre une stabilisation.

Alors quelque chose se relâche.

Ce relâchement n’est pas volontaire. Il ne résulte pas d’une discipline ou d’une décision. Il s’impose progressivement, parce que l’effort ne produit plus le même effet. L’individu cesse, par moments, d’intervenir systématiquement sur ce qu’il vit.

Et dans ce relâchement, un retournement se produit.

Ce qui était attribué aux circonstances commence à revenir vers l’individu.

Les problèmes, les tensions, les incompréhensions cessent progressivement d’être perçus comme des éléments extérieurs. Ils apparaissent comme liés à un mécanisme interne.

« Les problèmes… sont créés… par l’intelligence supérieure qui est en vous » (MR-003).

Cette idée ne peut pas être acceptée immédiatement. Elle contredit la perception habituelle. Elle retire à l’individu son point d’appui extérieur. Pourtant, elle s’impose peu à peu, non pas comme une théorie, mais comme une observation.

L’expérience montre que ce qui est vécu dépend de la manière dont l’énergie est engagée. Ce n’est plus l’événement qui est déterminant, mais la structure qui le reçoit.

Ce déplacement modifie profondément le terrain.

Dans ce contexte, les émotions deviennent visibles autrement.

Ce qui paraissait naturel — s’inquiéter, anticiper, réagir — apparaît comme un mécanisme qui participe à la construction même de l’expérience.

« Vos émotions sont vos plus grandes ennemies » (MR-002).

Il ne s’agit pas d’une condamnation morale. Il s’agit d’une mise en évidence fonctionnelle. Les émotions consomment l’énergie, amplifient les tensions, entretiennent les situations problématiques.

Le premier réflexe consiste à essayer de les contrôler, à les réduire, à les canaliser. Mais là encore, l’effort montre ses limites. Il entretient ce qu’il tente de résoudre.

Progressivement, une autre attitude se met en place.

Moins d’intervention. Moins de réaction immédiate. Une forme de retrait intérieur qui ne cherche pas à supprimer les mouvements, mais à ne plus les alimenter systématiquement.

À ce stade, un renversement plus profond intervient dans le rapport à soi-même.

Chercher à se comprendre cesse d’être une évidence.

« L’Homme ne peut pas se connaître lui-même » (MR-003).

Cette affirmation ne propose pas une alternative. Elle met fin à une dynamique. Elle retire à l’ego son principal terrain d’activité.

L’analyse de soi apparaît pour ce qu’elle produit : une accumulation de formes, de représentations, de constructions qui ne donnent jamais accès à une réalité stable.

« Il se mal-informe de lui-même » (MR-003).

L’individu commence alors à cesser d’intervenir de manière constante sur lui-même. Il ne cherche plus à corriger chaque mouvement, à améliorer chaque réaction. Il laisse apparaître ce qui est là, sans tenter immédiatement de le transformer.

Une observation plus simple s’installe. Moins tendue, moins dirigée. Elle ne cherche pas à produire un résultat.

C’est dans cet espace que la compréhension du mensonge change de nature.

Le mensonge n’est plus perçu comme une faute. Il apparaît comme un mécanisme lié à la structure émotionnelle de l’ego.

« Le mensonge est une déformation de la réalité… liée à l’émotion » (MR-001).

Tant que l’émotion est présente, ce mécanisme a une fonction. Il protège, il ajuste, il permet de maintenir certaines formes de relation.

Mais lorsque la structure intérieure se modifie, ce mécanisme perd sa nécessité.

« L’Homme de demain… ne souffre pas du mensonge… parce qu’il sait qu’on lui ment » (MR-001).

La perception devient directe. Il n’y a plus besoin d’analyse, ni de confrontation. Le mensonge est vu immédiatement, sans effort.

Les relations cessent alors de reposer sur l’interprétation. Elles s’établissent sur une reconnaissance directe, indépendante des constructions psychologiques.

Dans ce mouvement, une autre forme de volonté apparaît.

Elle ne correspond pas à la volonté habituelle, fondée sur l’effort, la décision ou l’intention.

Elle se forme à partir d’un point de tension.

« La volonté… est le produit du conflit entre sa souffrance et la volonté de l’esprit » (MR-003).

Lorsque la souffrance atteint une limite, quelque chose cède. Une autre énergie descend. Elle ne se manifeste pas comme un effort supplémentaire, mais comme une modification du fonctionnement.

Cette volonté n’intervient pas pour résoudre les problèmes. Elle agit en amont. Elle modifie les conditions dans lesquelles les situations se forment.

Progressivement, certaines expériences ne prennent plus. Elles ne s’installent plus comme auparavant. Le cycle répétitif commence à se rompre.

À mesure que ce processus se développe, une autre manière de vivre apparaît.

Elle ne s’inscrit pas dans la continuité directe de l’ancienne. Elle ne se construit pas à partir des mêmes repères.

« Ce n’est pas par l’intellect… c’est par la vibration en lui » (MR-003).

Le centre de gravité change. L’ego devient moins central. Moins présent dans la construction de l’expérience. Le rapport à soi se transforme.

Il y a moins de tension à se définir, à se situer, à comprendre. Moins de besoin d’intervenir constamment.

Quelque chose fonctionne, sans être constamment analysé.

Ce processus ne suit pas une progression linéaire.

Il avance par glissements, par ruptures, par retours, par ajustements successifs. Il ne peut pas être accéléré volontairement. Il ne peut pas être organisé.

Il peut seulement être vécu.

Et c’est dans cette expérience que se met en place, progressivement, une autre relation au réel.

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