2e Mini Rencontre – 3 février 1981 – De la psychologie déformée au pouvoir de l’énergie

00:00 --:--
Bernard de Montréal
2e Mini Rencontre – 3 février 1981 (4h15)
MR-004 : La déformation de la psychologie
Mini Rencontres

Introduction

Cette deuxième journée de Mini Rencontres poursuit le déplacement amorcé lors de la première journée, mais en changeant d’intensité. Il ne s’agit plus ici de montrer les limites de l’Homme à travers son mental, son émotion ou ses sens, mais de mettre en place la mécanique qui les détruit.

En effet, Bernard de Montréal entre dans la mécanique de la transformation elle-même : comment l’ancienne psychologie se défait, comment la pensée perd son autorité, comment la vibration impose un autre ordre, et comment l’ego est progressivement forcé de sortir de ses formes.

Le point central de la journée est le suivant : l’Homme ne passe pas à une nouvelle psychologie en comprenant mieux l’ancienne. Il y passe lorsque les formes qui la soutiennent cessent de fonctionner.

Dès MR-005, la pensée est décrite comme un mécanisme emprunté, alimenté par des formes collectives :

MR-005 L’intellect humain est une machine à penser
Extrait de : MR-005 - Psychologie déformée de l'Homme
00:00 --:--
Citation sonore

« L’intellect humain c’est une machine à penser, puis cette machine-là elle a du fuel, du pétrole. Et le pétrole, ce sont les pensées qui flottent. »

— MR-005

Cette phrase situe immédiatement le problème : l’Homme croit penser, alors qu’il est traversé par des pensées déjà là, déjà formées, déjà colorées par le monde. La pensée ne fonde donc pas son autonomie ; elle révèle au contraire son assujettissement.

La journée suit alors une progression très structurée : destruction de la psychologie humaine, émergence d’une intelligence vibratoire, réorganisation du réel par la neutralité et les trinités, intégration par la patience, puis confrontation aux forces. L’ensemble ne se présente pas comme une suite de conférences, mais comme un processus unique observé sous plusieurs angles, dont les titres ne reflètent qu’imparfaitement la structure réelle.

Ce processus ne concerne pas seulement le fonctionnement intérieur de l’individu. Il touche aussi directement le terrain de la relation. La transformation de la psychologie entraîne une modification du rapport entre l’homme et la femme, où la sensibilité, l’intelligence et les formes sociales ne peuvent plus s’organiser comme auparavant. Ce qui se défait dans l’individu se défait également dans la relation, qui devient à son tour un lieu de révélation des mécanismes de l’ancienne psychologie.

Thèmes abordés

  • transformation de la psychologie de l’homme
  • destruction de l’ancienne psychologie
  • perte d’autorité de la pensée
  • pensée comme mécanisme emprunté
  • rôle des formes collectives
  • basculement vers une nouvelle mécanique intérieure
  • neutralisation progressive de l’ego

Dynamique globale de la journée

L’analyse transversale met en évidence six axes majeurs : destruction de la psychologie humaine, émergence de l’intelligence vibratoire, transformation du rapport homme-femme dans la nouvelle psychologie, réorganisation du réel par la structure vibratoire, intégration par le temps et l’endurance, puis confrontation finale avec les forces. Ces axes ne sont pas juxtaposés : ils décrivent un processus continu de transformation.

1. Destruction de la psychologie humaine

La journée s’ouvre sur la mise en évidence d’une psychologie fondée sur des formes : pensée, émotions, valeurs morales, formes spirituelles et certitudes personnelles. Ces éléments fonctionnent comme des structures qui maintiennent l’ego dans l’ancienne psychologie.

Ce premier mouvement ne corrige pas cette psychologie : il en montre la déformation, ce qui rend nécessaire un déplacement plus radical.

2. Émergence de l’intelligence vibratoire

À partir de cette rupture, l’intelligence n’est plus abordée comme une faculté de l’ego ni comme une fonction psychologique. Elle apparaît comme un principe impersonnel, une fonction vibratoire liée à des lois qui dépassent le mental. Ce déplacement retire à l’individu le centre de son propre fonctionnement : ce n’est plus le mental qui produit l’intelligence, c’est l’intelligence qui traverse le mental.

3. Transformation du rapport homme/femme

La nouvelle psychologie transforme aussi la relation entre l’homme et la femme. Tant que chacun reste pris dans la forme — sensibilité, égocentrisme, position sociale, besoin d’être reconnu — la relation demeure instable. La rencontre réelle ne devient possible qu’à partir d’un rapport vibratoire, où l’intelligence et l’émotion sont stabilisées.

Dans cette transformation, la relation entre l’homme et la femme ne peut plus être comprise à partir des formes de l’ancienne psychologie. Chacun reste initialement pris dans une structure qui lui est propre : la sensibilité chez la femme, l’égocentrisme psychologique chez l’homme.

4. Réorganisation du réel

Ce basculement entraîne une réorganisation du réel. La perception elle-même se transforme : la dualité cède progressivement la place à une structure vibratoire fondée sur la neutralité et la trinité. Le fonctionnement passe progressivement de la réaction subjective à une position centrique.

5. Intégration par le temps

Ce processus ne peut pas être accéléré ni forcé. Il impose une intégration dans le temps réel des événements, où la patience devient une fonction de non-intervention psychologique. L’ego cesse d’agir pour modifier la situation et doit soutenir la pression de l’expérience jusqu’à ce que la transformation s’opère.

6. Confrontation aux forces

Cette transformation s’opère inévitablement sous pression. Les forces amènent l’ego à la limite de ses anciennes formes, jusqu’à ce qu’elles cessent de fonctionner.

Il ne se transforme pas parce qu’il comprend, mais parce qu’il est pressé, testé, amené à cette limite de ses formes involutives.

La transformation ne vient pas de la compréhension, mais de la contrainte.

La destruction de la psychologie humaine

La journée s’ouvre sur la destruction de la psychologie humaine. Cette destruction ne vise pas un défaut particulier de l’individu, mais la structure même qui organise sa manière de penser, de se juger et de se situer dans la vie.

Dans MR-004, Bernard pose frontalement le diagnostic :

MR-004 La psychologie humaine est totalement déformée
Extrait de : MR-004 : La déformation de la psychologie
00:00 --:--
Citation sonore

« La psychologie humaine est totalement déformée. Quand je dis que la psychologie humaine est déformée, je veux-dire que les valeurs que nous possédons, que l’Homme a sur la planète, que l’Homme vienne de n’importe quel pays au monde, que ce soit la Chine, la Russie, les Amériques, l’Amérique du Sud, l’Homme de la Terre a une psychologie qui est déformée parce que sa psychologie est fondée sur son expérience sensorielle et son expérience sensorielle est amplifiée par ses émotions, puis structurée par son intelligence. »

— MR-004

Cette déformation n’est pas accidentelle. Elle provient du fait que l’Homme construit sa psychologie à partir de l’expérience sensorielle, amplifiée par l’émotion et structurée par l’intellect. Autrement dit, il prend pour psychologie ce qui n’est qu’un montage de perceptions, d’émotions, d’idées et de formes culturelles.

Le problème n’est donc pas que l’Homme pense mal. Le problème est plus radical : ce qu’il appelle sa psychologie ne lui appartient pas. Elle est héritée, façonnée, contaminée par des formes collectives. Elle ne nourrit pas l’individu ; elle le maintient dans une organisation intérieure instable.

MR-005 prolonge cette idée en montrant que même les pensées ne sont pas personnelles :

MR-005 Les pensées qui flottent dans le monde
Extrait de : MR-005 - Psychologie déformée de l'Homme
00:00 --:--
Citation sonore

« L’Homme ne peut pas penser avec ses propres pensées, il pense toujours avec les pensées qui flottent dans le monde. Mais à un moment donné, l’Homme doit être obligé de se libérer de ce mécanisme-là, pour ne plus penser des pensées qui flottent dans le monde. »

— MR-005

Cette affirmation déplace brutalement le centre du problème. L’ego ne peut pas se libérer simplement en “pensant mieux”, puisque la pensée elle-même appartient déjà au champ qu’il doit dépasser. La pensée n’est pas un outil neutre ; elle est une forme. Et tant que l’Homme utilise la forme pour sortir de la forme, il reste pris dans le même mécanisme.

C’est pourquoi la critique de la pensée revient avec insistance. Bernard ne la traite pas comme une faculté à perfectionner, mais comme un fonctionnement qui doit perdre son autorité. La formule philosophique classique est alors renversée :

MR-005 « je pense, donc je suis »… arthrite mentale !
Extrait de : MR-005 - Psychologie déformée de l'Homme
00:00 --:--
Citation sonore

« Non, non, non, non, non. « Je pense donc je suis » : une autre erreur de la philosophie… Puis tout le monde y croit, puis tout le monde en parle dans les salons ! « Je pense donc je suis ». Quand t’es capable de dire « je pense donc je suis » t’es philosophe ! Pensez-vous qu’il faut penser pour être ? Ça fait partie de l’étape du développement de la psychologie mécanique de l’Homme. Ça fait partie de l’étape où l’Homme devait affirmer que sa pensée était essentielle à son évolution. C’est ça le « je pense, donc je suis. » Au niveau de la psychologie ancienne, vous allez finir par avoir de l’arthrite mentale.»

— MR-005

Dans cette logique, penser ne prouve pas l’être ; penser indique seulement que l’ego fonctionne encore dans une mécanique mentale. La pensée donne une impression d’existence, mais elle ne donne pas accès au savoir.

Cette distinction entre penser et savoir devient essentielle :

MR-005 Tu ne peux pas penser puis savoir !
Extrait de : MR-005 - Psychologie déformée de l'Homme
00:00 --:--
Citation sonore

« Quand on discute, on parle à travers ce que l’on voit, on parle de ce que l’on sent et on interprète ce que l’on sent. On sait pas. Tu ne peux pas penser puis savoir ! Même quand tu as de l’intuition tu sais pas. Tu sens, tu sais… Avoir de l’intuition c’est sentir qu’on sait, c’est pas savoir ! Parce que si l’intuition c’était savoir, il y aurait beaucoup de gens qui sauraient. »

— MR-005

La psychologie humaine apparaît alors comme une structure de substitution. Elle remplace le savoir par l’interprétation, la vibration par la réflexion, l’énergie par l’idée. Elle fabrique un monde intérieur que l’ego prend pour lui-même, alors qu’il s’agit d’un assemblage de formes.

MR-006 approfondit ce point en rattachant l’ancienne psychologie aux valeurs elles-mêmes. Espérance, charité, raison, morale : ce qui paraît noble dans l’ancienne structure devient ici une attitude de l’ego.

MR-006 L’espérance
Extrait de : MR-006 La conscience de l'Homme
00:00 --:--
Citation sonore

« L’espérance, c’est une qualité de l’ego qui prend conscience d’une possibilité. C’est bon pour l’ego parce que ça lui donne de l’espoir. Mais quand un ego est conscientisé, il n’a plus besoin de ça parce qu’il sait si c’est possible ou si ce n’est pas possible. »

— MR-006

La phrase est importante parce qu’elle retire à l’espérance sa valeur morale. Elle la replace dans une mécanique : l’ego espère parce qu’il ne sait pas. Quand le savoir vibratoire existe, l’espérance n’a plus la même fonction.

Le même mouvement touche la charité :

MR-006 La charité, c’est une attitude de l’ego
Extrait de : MR-006 La conscience de l'Homme
00:00 --:--
Citation sonore

« La charité, c’est une attitude de l’ego. »

— MR-006

MR-006 La loi de l’action
Extrait de : MR-006 La conscience de l'Homme
00:00 --:--
Citation sonore

« Quand tu es conscientisé, tu ne fais plus la charité ! Si tu passes devant un infirme, tu lui donnes de l’argent et tu t’en vas. Mais quand tu n’es pas conscientisé, si tu passes devant un infirme, tu fais la charité parce que tu flattes ce qui est en-dedans. Quand vous faites des œuvres de charité, vous vous flattez toujours, vous vous pensez toujours bon, gentil. Quand tu es conscientisé et que tu donnes à un pauvre, que tu donnes quelque chose, tu ne sens rien en dedans : tu es sur la loi de l’action. Ça fait que la charité ça ne te dit rien. Le gars qui te regarde, il va dire : il est généreux, il est charitable. Ça, c’est son problème à lui, c’est pas le tien. Si quelqu’un pense que tu es généreux et charitable, c’est son problème, c’est dans l’ancienne psychologie, mais au moins il a une bonne pensée envers toi. »

— MR-006

Là encore, il ne s’agit pas de condamner une attitude humaine, mais de la situer. Dans l’ancienne psychologie, l’ego agit en fonction d’une image intérieure de lui-même. Dans la nouvelle psychologie, l’action ne passe plus par ce ressenti. Elle se fait parce qu’elle doit se faire, sans retour psychologique sur soi.

La destruction de la psychologie humaine ne consiste donc pas à remplacer une morale par une autre. Elle consiste à retirer à l’ego les formes à travers lesquelles il se donne une valeur, une raison, une bonté, une intelligence ou une identité.

De la pensée à la vibration

Le déplacement central de la journée consiste à remplacer la pensée par la vibration comme critère de réalité.

Dans MR-005, Bernard donne la mécanique principale :

MR-005 L’énergie vient d’en haut et passe par le mental
Extrait de : MR-005 - Psychologie déformée de l'Homme
00:00 --:--
Citation sonore

« L’énergie, elle vient d’en haut, elle passe par le mental de l’Homme, elle est déformée parce que le mental n’est pas encore délié, séparé des émotions. C’est ce qui donne la psychologie humaine. »

— MR-005

La déformation ne vient pas d’une mauvaise interprétation de l’ego. Elle se produit au niveau même de l’énergie, lorsqu’elle traverse un mental encore lié à l’émotion.

Ce n’est pas simplement l’ego qui “interprète mal”. La déformation est déjà là, dans ce qui passe.

C’est l’énergie elle-même qui se déforme au contact d’un mental encore lié à l’émotion. La psychologie humaine naît de cette déformation.

La nouvelle psychologie ne consiste donc pas à améliorer le contenu mental, mais à modifier le rapport entre énergie, mental et émotion. Tant que le mental reste lié à l’émotion, il colore ce qui passe et produit une psychologie subjective qui empêche le savoir.

C’est pourquoi l’intuition, même valorisée comme début de conscience, reste insuffisante :

MR-005 Avoir de l’intuition
Extrait de : MR-005 - Psychologie déformée de l'Homme
00:00 --:--
Citation sonore

« Avoir de l’intuition c’est sentir qu’on sait, c’est pas savoir ! »

— MR-005

L’intuition est un passage, pas un aboutissement. Elle ouvre quelque chose, mais elle ne remplace pas le savoir. Elle reste liée à l’ego, à la recherche, à l’interprétation et à une tension intérieure.

Le basculement réel se produit quand la vibration devient le critère :

MR-005 Changement vibratoire
Extrait de : MR-005 - Psychologie déformée de l'Homme
00:00 --:--
Citation sonore

« Mais ils ne peuvent pas le vivre. Quand vous le vibrez, vous l’êtes ! Quand vous le vibrez vous l’êtes, puis quand vous l’êtes, il y a des changements vibratoires qui vous amènent à un plus haut, plus haut, plus haut niveau de réalisation, c’est vibratoire. »

— MR-005

Cette phrase condense tout le déplacement. Il ne s’agit plus de croire, penser, sentir ou comprendre, mais d’être dans la vibration de ce qui est. La vibration ne commente pas la réalité : elle la porte.

MR-006 applique cette logique au langage.

MR-006 Le mot juste
Extrait de : MR-006 La conscience de l'Homme
00:00 --:--
Citation sonore

« La vibration, elle forme le mot juste, sans ça le mot qu’on emploie est lancé dans l’espace. Il ne faut pas qu’il soit lancé dans l’espace, il faut que le mot soit formé par la vibration : là c’est un mot juste.»

— MR-006

Le mot juste n’est pas un mot élégant ni littéraire. C’est un mot formé par une vibration exacte. Sans cette correspondance, le langage flotte, même s’il semble cohérent.

La même logique vaut pour la communication. Dans MR-006, Bernard indique que parler à partir de l’émotion défait ce qui pourrait être transmis :

MR-006 Une seule façon de parler au monde
Extrait de : MR-006 La conscience de l'Homme
00:00 --:--
Citation sonore

« Il y a seulement une façon de parler au monde, c’est mentalement. Aussitôt que votre émotion rentre dedans, vous venez de colorer ce que vous avez dit. »

— MR-006

La parole devient alors un lieu de vérification. Si elle est émotionnelle, elle déforme. Si elle est mentale, elle implique discernement. Si elle est vibratoire, elle se règle d’elle-même : elle sort ou ne sort pas selon ce qui doit passer.

Ce passage explique aussi pourquoi la vibration remplace progressivement la discussion. Dans l’ancienne psychologie, on débat parce qu’on interprète. Dans la nouvelle, la discussion perd sa fonction : ce qui est su ne se discute pas.

L’ego, la centricité et la perte du besoin de preuve

La transformation de l’ego constitue un point de bascule dans la journée. Cette transformation ne repose pas sur une amélioration morale ou psychologique de l’ego, mais sur un déplacement de sa fonction. L’ego cesse progressivement d’être un centre d’interprétation pour devenir un point de passage.

Dans l’ancienne psychologie, l’ego fonctionne par validation : il cherche à comprendre, vérifier, confirmer. Ce besoin de preuve est un mécanisme central de sa structure. Il lui donne une impression de contrôle, mais en réalité il le maintient dans la forme.

Dans MR-009, ce mécanisme est directement identifié :

 

MR-009 La plus grande illusion de l’intelligence humaine
Extrait de : MR-009 : le principe de l'intelligence
00:00 --:--
Citation sonore

« La plus grande illusion de l’intelligence humaine, qu’elle soit occulte ou non occulte, c’est le fait que l’intelligence humaine a besoin de demander des questions pour vérifier ce qu’elle sait. »

— MR-009

Le besoin de poser des questions n’est donc pas un signe d’ouverture, mais une preuve que l’ego n’est pas dans le principe de l’intelligence. Il cherche à confirmer au lieu d’être dans le savoir.

Tant que l’ego cherche à valider ce qu’il perçoit, il reste dans une dynamique de dépendance. Il dépend d’un retour, d’une confirmation, d’un appui. Il ne fonctionne pas à partir d’un centre réel.

C’est pourquoi Bernard précise immédiatement :

MR-009 Être dans le principe absolu de l’intelligence
Extrait de : MR-009 : le principe de l'intelligence
00:00 --:--
Citation sonore

« Quand un Homme a besoin de demander des questions pour vérifier ce qu’il sait, il n’est pas dans le principe absolu de l’intelligence. »

— MR-009

La centricité commence là où ce besoin disparaît. Ce n’est pas une décision de l’ego : la vibration du savoir rend la question inutile.

Dans MR-004 et MR-005, cette dynamique apparaît sous un autre angle : l’ego croit être autonome parce qu’il pense, alors qu’il est dépendant de formes qu’il ne voit pas.

MR-005 L’homme ne peut pas penser avec ses propres pensées
Extrait de : MR-005 - Psychologie déformée de l'Homme
00:00 --:--
Citation sonore

« L’Homme ne peut pas penser avec ses propres pensées… »

— MR-005

Ce constat détruit l’illusion de liberté mentale. L’ego ne maîtrise pas ce qu’il croit être son outil principal. Il est traversé par des formes qu’il prend pour lui-même.

La transformation vers la centricité implique donc une rupture : l’ego ne s’appuie plus sur ses pensées, ni sur ses émotions, ni sur ses validations internes. Il devient progressivement neutre.

MR-006 décrit ce basculement en termes de fonctionnement :

MR-006 Ce n’est plus vous qui contrôlez le langage
Extrait de : MR-006 La conscience de l'Homme
00:00 --:--
Citation sonore

« Ce n’est plus vous autres qui contrôlent le langage… »

— MR-006

La centricité ne correspond pas à un contrôle accru de l’ego. Elle correspond à une perte de contrôle de l’ego au profit de la vibration. L’ego ne décide plus de ce qu’il dit, pense ou exprime. Il devient ajusté.

Cette neutralité entraîne aussi la disparition d’un autre mécanisme fondamental : le besoin d’avoir raison.

MR-006 Avoir raison, c’est une attitude de l’ego
Extrait de : MR-006 La conscience de l'Homme
00:00 --:--
Citation sonore

« Avoir raison, c’est une attitude de l’ego. L’ego qui sent, l’ego qui sait, l’ego qui perçoit. Mais il faut aller plus loin que ça, il faut aller au niveau vibratoire où ça passe parce que ça doit passer ou ça ne passe pas parce que ça ne doit pas passer. »

— MR-006

Dans l’ancienne psychologie, avoir raison donne une sécurité. Dans la nouvelle, cela rigidifie la forme. L’ego qui veut avoir raison se fixe, et ce qui est fixé ne peut pas être traversé par l’intelligence.

La centricité implique donc une position radicalement différente : l’ego cesse de se confirmer, de se défendre, de se définir. Il devient un point d’équilibre dans lequel la vibration peut circuler sans être déformée.

La relation homme-femme dans la psychologie nouvelle

Le quatrième enregistrement de la journée (MR-007 : La femme intelligente) introduit un axe essentiel : la transformation de la relation entre l’homme et la femme. Cette conférence ne sort pas du fil directeur de la rencontre ; elle l’incarne dans un terrain concret, celui du rapport entre sensibilité, intelligence, forme sociale et vibration.

Bernard ne traite pas la femme comme une catégorie sociale à défendre ou à corriger. Il montre plutôt que l’évolution extérieure de la femme ne suffit pas si elle n’est pas accompagnée d’un déplacement intérieur réel. La femme peut gagner de l’espace social, mais rester prise dans l’ancienne psychologie si son intelligence n’est pas stabilisée mentalement et dégagée de l’émotion.

MR-007 La femme n’a pas la facilité de vivre sa vie comme l’homme
Extrait de : MR-007 : La femme intelligente
00:00 --:--
Citation sonore

« La femme aujourd’hui, même avec les changements sociaux n’a pas la facilité de vivre sa vie comme l’homme, à moins qu’elle soit bien, bien forte, bien sur ses patins, bien indépendante psychologiquement, bien indépendante émotivement. »

— MR-007

Cette mise au point est importante parce qu’il distingue deux plans : l’évolution sociale et l’évolution vibratoire. La première peut donner une place ; elle ne donne pas nécessairement une stabilité. Ce qui est en jeu n’est pas l’égalité comme principe abstrait, mais la capacité de la femme à porter son intelligence sans être désorganisée par sa sensibilité, par les formes sociales ou par les réactions qu’elle déclenche.

C’est pourquoi Bernard insiste sur le caractère mental de la libération :

« La libération devrait être mentale. Elle devrait être mentale. » — MR-007

Cette phrase recentre tout. La libération ne peut pas être seulement sociale, idéologique ou comportementale. Une idée peut être juste sur le plan social et pourtant créer du déséquilibre si elle n’est pas comprise profondément. L’ancienne psychologie peut donc se moderniser, adopter des formes nouvelles, produire des mouvements collectifs, sans sortir réellement de ses mécanismes.

Le problème devient encore plus net lorsque Bernard aborde la relation homme/femme. La femme est fragilisée par sa sensibilité, l’homme par son égocentrisme psychologique. Les deux sont pris dans des positions qui se répondent et se renforcent.

MR-007 Le problème de la femme : sa sensibilité – le problème de l’homme : son égocentrisme
Extrait de : MR-007 : La femme intelligente
00:00 --:--
Citation sonore

« L’homme n’est pas plus intelligent ! L’homme est aussi idiot, d’ailleurs l’homme est idiot. La femme son problème c’est sa sensibilité, puis l’homme son problème c’est son égocentrisme psychologique. L’homme, il se prend pour un autre, parce qu’il a des muscles. »

— MR-007

Il ne s’agit pas ici de produire une hiérarchie entre l’homme et la femme. Au contraire, Bernard détruit les deux illusions à la fois : l’homme n’est pas supérieur, la femme n’est pas inférieure. Mais tant que chacun se perçoit à travers la forme, aucun rapport réel n’est possible.

MR-007 L’égalité entre l’homme et la femme
Extrait de : MR-007 : La femme intelligente
00:00 --:--
Citation sonore

« L’homme n’est pas capable de voir sa femme, ou la femme comme étant un être égal à lui-même, égal, socialement parlant, il n’est pas capable. La femme n’est pas capable de voir l’homme égal à elle-même. Elle le regarde de bas en haut et lui de la regarde de haut en bas, donc les deux en souffrent éventuellement dans leur rapport. »

— MR-007

Ceci rejoint directement la destruction de la psychologie humaine. La relation ne se déforme pas seulement parce que l’homme ou la femme se trompent individuellement ; elle se déforme parce qu’ils se voient à travers le corps, la forme, la position, la comparaison. Ils ne se rencontrent pas dans la vibration, mais dans une perception faussée par l’ancienne psychologie.

La figure de la femme intelligente devient alors décisive. Bernard montre que l’intelligence, lorsqu’elle n’est pas intégrée, peut devenir un facteur de déséquilibre. Ce n’est pas l’intelligence qui est en cause, mais son absence de centrage.

« Moi j’en connais une femme, elle est intelligente, (inaudible); elle ruine sa vie. Rien qu’avec son intelligence, elle ruine sa vie, parce qu’elle manque de discernement. »

— MR-007

Ce passage complète fortement l’axe de l’intelligence vibratoire. L’intelligence n’est pas suffisante en elle-même. Si elle reste liée à l’ego, à l’émotion ou à la réaction, elle peut désorganiser au lieu de stabiliser. La femme intelligente doit donc apprendre à vivre son intelligence d’une manière centrique, non explosive, non compétitive, non dépendante du regard social.

Bernard le dit très directement lorsqu’il décrit le problème émotionnel :

MR-007 Le manque de centricité de la femme sur le plan émotif
Extrait de : MR-007 : La femme intelligente
00:00 --:--
Citation sonore

« Le problème des femmes, c’est qu’elles ne savent pas vivre leur vie d’une façon centrique sur le plan émotif. »

— MR-007

Là encore, il faut lire cette phrase mécaniquement, non moralement. Il ne condamne pas l’émotion féminine ; il montre que l’émotion, lorsqu’elle n’est pas stabilisée par le mental, empêche l’intelligence de se déposer correctement dans la vie. La femme intelligente ne doit donc pas devenir “comme l’homme”. Elle doit devenir centrée dans sa propre structure.

La fin de la MR-007 ouvre alors sur une issue essentielle : la relation réelle ne se fonde plus sur l’ancienne psychologie, mais sur la vibration. Bernard donne l’exemple d’un couple qui n’aurait jamais pu se rencontrer dans l’ancien cadre psychologique, parce que les personnalités étaient trop différentes.

« Dans l’ancienne psychologie, ils ne se seraient jamais rencontrés, quand bien même qu’ils auraient été voisins à côté. »

— MR-007

Ce qui permet la rencontre n’est donc pas la compatibilité sociale, ni l’image, ni les critères habituels, mais l’ajustement vibratoire.

« Quand ils ont eu leur vibration, puis qu’ils ont senti leur vibration, c’est là qu’ils se sont rencontrés, c’est par la vibration qu’ils ont été amenés ensemble, pas par la psychologie, parce que leur personnalité était trop différente. »

— MR-007

MR-007 devient alors une pièce centrale de la journée. Elle montre que la nouvelle psychologie ne concerne pas seulement la pensée, le savoir, la neutralité ou la patience. Elle transforme aussi la possibilité même de la relation. Tant que l’homme et la femme se rencontrent par la forme, ils se rencontrent à travers l’ancienne psychologie. Lorsqu’ils se rencontrent par vibration, la relation ne dépend plus de l’image, du rôle ou de la position : elle devient possible à partir d’un autre centre.

Réorganisation du réel par la structure vibratoire

À partir de là, une rupture plus profonde s’opère : le réel lui-même se réorganise. Ce qui se transforme ici n’est plus seulement l’ego, mais la manière dont les relations, les phénomènes et les interactions sont perçus.

Cette réorganisation implique une sortie de la dualité. La perception humaine fonctionne naturellement en oppositions : vrai/faux, bien/mal, oui/non. La dualité est une simplification produite par le mental.

MR-010 introduit une autre logique : la structure trinitaire. Bernard y introduit un déplacement radical : le passage de la dualité à la neutralité.

MR-010 La neutralité de l’Homme nouveau
Extrait de : MR-010 : Les trinités
00:00 --:--
Citation sonore

« La neutralité, à ce moment-là, c’est l’Homme nouveau de l’évolution. Que l’Homme n’a pas connu, parce que l’Homme a connu la dualité de l’involution. L’autre phase, c’est la neutralité. Ça fait que l’amour est ici, l’intelligence est ici, la volonté est ici, mais ton ego n’est pas en jeu, tu es un canal. »

— MR-010

Cette logique transforme la compréhension des relations. Rien ne fonctionne en opposition directe. Toute relation implique un troisième terme qui stabilise, transforme et organise l’échange. Il ne s’agit plus de penser les relations en termes d’opposition, mais de sortir du jeu même de la polarité. Ce qui était vécu comme conflit entre deux pôles — bien et mal, positif et négatif — cesse d’être structurant.

Cette transformation passe par une modification des fonctions fondamentales :

MR-010 La neutralité de la trinité
Extrait de : MR-010 : Les trinités
00:00 --:--
Citation sonore

« Dans l’autre cycle, les Hommes feront partie de la troisième trinité et leur intelligence sera neutre, leur amour sera neutre, leur volonté sera neutre. Ils seront simplement des canaux. Moi je vous représente cet Homme-là, où la volonté n’est plus subjective, l’intelligence n’est plus subjective et l’amour n’est plus subjectif. »

— MR-010

L’intelligence, l’amour et la volonté ne sont plus vécus comme des qualités subjectives orientées dans un sens ou dans un autre. Elles deviennent neutres, c’est-à-dire capables d’agir sans être prises dans une polarité.

La pensée ne peut pas saisir cette structure, car elle simplifie. La vibration, au contraire, permet de percevoir autrement. Elle ne réduit pas les relations à des oppositions, mais révèle leur organisation réelle.

La vibration, au contraire, révèle la complexité réelle. Elle permet de percevoir les relations non comme des oppositions, mais comme des interactions dynamiques.

Cette logique apparaît aussi dans la communication. Dans MR-006, Bernard corrige une idée courante sur la télépathie :

MR-006 C’est triangulaire, la télépathie, ce n’est pas horizontal
Extrait de : MR-006 La conscience de l'Homme
00:00 --:--
Citation sonore

« La télépathie, ça ne va pas de même. Ça ne va pas de même. C’est triangulaire, la télépathie, ce n’est pas horizontal.»

— MR-006

Même les phénomènes que l’ego interprète comme directs sont en réalité structurés par des relations complexes.

La réorganisation du réel introduit un changement de perception : l’individu ne voit plus les choses en termes d’opposition, mais en termes de relation vibratoire.

Cette transformation a une conséquence directe : l’émergence de la neutralité.

L’ego centrique ne prend plus position dans une opposition. Il ne cherche plus à trancher entre deux pôles. Il fonctionne à partir d’un point d’équilibre où la relation peut être perçue dans sa totalité.

Cette position permet une compréhension non mentale, non discursive, mais directe.

Intégration par le temps et l’endurance

Une contrainte majeure apparaît : cette transformation ne peut pas être accélérée par l’ego. Elle se déploie dans le temps, selon un rythme imposé par l’énergie.

La patience se situe dans ce rapport au temps :

 

MR-008 La patience dans sa forme la plus pure
Extrait de : MR-008 : La patience
00:00 --:--
Citation sonore

« La patience, dans sa forme la plus pure, c’est un état d’esprit dans lequel vous ne manipulez pas les évènements : vous les vivez quand ils viennent mais vous ne les manipulez pas. »

— MR-008

La patience n’est donc pas une vertu morale. Elle est une fonction mentale de non-intervention psychologique dans le déroulement des événements.

L’ego, dans son fonctionnement habituel, veut agir, corriger, accélérer, comprendre. Il produit constamment du temps psychologique.

La patience détruit ce mécanisme :

MR-008 Importance de travailler avec le temps
Extrait de : MR-008 : La patience
00:00 --:--
Citation sonore

« C’est bien important de travailler avec le temps et c’est très dur de travailler avec le temps. Parce que quand on ne travaille pas avec le temps, on force les évènements et quand on travaille avec le temps, on est obligé d’attendre dans leur temps à eux-autres. »

— MR-008

Toute intervention prématurée crée une distorsion. L’ego, en voulant améliorer une situation, en modifie la structure vibratoire.

Attendre le moment juste permet de recevoir uniquement ce qui est ajusté.

La patience devient alors un outil d’intégration. Elle permet à l’énergie de faire son travail sans interférence.

Mais cette intégration a un prix : la durée.

Cette contrainte temporelle se manifeste aussi dans la durée des processus :

MR-006 Vivre les périodes dures… sans déprimer
Extrait de : MR-006 La conscience de l'Homme
00:00 --:--
Citation sonore

« Les périodes plaisantes, ça va de soi, elles sont plaisantes. Mais les périodes dures… Plus vous devenez conscient, plus vous pouvez les vivre, ces périodes-là, sans vous déprimer, et vous pouvez les vivre en vous en fâchant. Vous avez le droit de vous fâcher, gueuler, sacrer[1], mais si vous vous déprimez, vous êtes dans la merde. Vous n’avez pas de volonté. Puis vous allez être amené d’une façon ou d’une autre à développer de la volonté.  »

— MR-006

La transformation ne se fait pas en ligne droite. Elle passe par des phases, des cycles, des répétitions. L’ego est constamment ramené dans des situations qui testent sa capacité à rester dans la vibration sans retomber dans la forme.

Ce processus exerce une pression :

MR-009 Les périodes difficiles
Extrait de : MR-009 : le principe de l'intelligence
00:00 --:--
Citation sonore

« Vous êtes obligés de passer par une expérience difficile, parce que ce n’est pas le temps que vous passiez dans une autre expérience. Ça fait qu’en attendant vous marquez le pas. Puis en marquant le pas, vous détruisez votre karma. Vous devez détruire votre karma, vous ne pouvez pas entrer dans l’invisible avec du karma ! Ça fait que vous détruisez votre karma, vos souffrances détruisent votre karma. Et finalement vous finissez avec un éther qui est totalement clair, il n’y a pas d’égrégore. Quand il n’y a plus d’égrégore, à ce moment-là vous êtes capables de manifester des pensées qui sont totalement régies par les lois du principe de l’intelligence. Et à ce moment-là vous êtes totalement centrique, puis ce que vous dites c’est final. Ce que vous dites à n’importe qui, à n’importe quelle hiérarchie, c’est universel, ça ne se discute pas. C’est de même que ça marche. »

— MR-009

Cette difficulté est structurelle. Elle sert à détruire les mécanismes de réaction de l’ego et à renforcer sa capacité à rester centrique.

La patience devient donc indissociable de l’endurance. Il ne s’agit pas d’attendre, mais de soutenir l’énergie jusqu’au bout d’une situation.

C’est cette endurance qui permet l’accès au pouvoir réel de l’énergie.

Confrontation avec les forces et accès au pouvoir réel de l’énergie

La dimension la plus contraignante du processus apparaît ici : la confrontation avec les forces.

Cette confrontation rompt avec toute vision idéalisée de l’évolution. Les forces ne sont pas bienveillantes au sens humain. Elles agissent en puissances vibratoires qui imposent le processus.

Ce rapport aux forces se manifeste de façon directe. L’ego ne choisit pas ce combat. Il y est amené. Les forces créent des situations, des pressions, des répétitions qui le poussent à la limite de ses structures.

La souffrance devient alors structurante.

Cette souffrance n’a pas de valeur morale. Elle n’est pas punitive. Elle est fonctionnelle. Elle sert à détruire les formes auxquelles l’ego s’accroche encore.

Le processus va jusqu’à un point de saturation.

 

« Tu ne veux pas changer de vibration, tu veux la paix. Quand tu as souffert l’initiation avec eux autres, en fusion pendant onze ans, tu veux la PAIX ! Tu veux être un Homme ordinaire… tu veux être un Homme ordinaire. Tu es tanné de souffrir, puis de souffrir, puis de souffrir, puis de souffrir puis de souffrir. Vous autres, vous souffrez de temps en temps, mais quand tu es fusionné, tu souffres tout le temps ! Tout le temps, vingt-quatre heures par jour, des années, des années, puis des années, et éventuellement tu en as plein le cul.”. »

— MR-011

Tant que l’ego peut encore supporter ses formes, il les maintient. Quand il atteint sa limite, il lâche. C’est à ce moment que l’énergie peut passer sans résistance.

La confrontation entraîne alors une transformation du désir. L’ego ne cherche plus à comprendre, ni à évoluer, ni à atteindre un idéal : il cherche la paix.

Et cette paix n’est pas une récompense. Elle est le résultat d’un rapport stabilisé avec l’énergie.

C’est à ce niveau que le pouvoir apparaît :

MR-011 Pour avoir la paix, il faut combattre
Extrait de : MR-011 : Les forces spirituelles
00:00 --:--
Citation sonore

« Ça été ton choix avant l’incarnation ! Mais quand tu es incarné dans la matière, éventuellement tu en as plein le casque ! Ça fait que tu n’es plus pris dans les formes de sauver l’humanité, puis tu n’es plus pris dans les formes de la spiritualité. Tu veux la paix ! Pour avoir la paix, la grande paix, pour que tu vives dans le pouvoir… pour que tu vives du  pouvoir de l’énergie, il faut que tu combattes avec eux autres. »

— MR-011

Le pouvoir ne vient pas de l’ego. Il vient de sa capacité à ne plus interférer. Plus l’ego cesse de résister, plus l’énergie agit directement.

La transformation est alors complète : l’individu ne fonctionne plus à partir de ses formes, mais à partir de l’énergie qui le traverse.

Conclusion

Cette deuxième journée ne propose pas une compréhension de l’Homme. Elle met en place une mécanique de transformation.

La psychologie humaine est détruite non parce qu’elle est fausse, mais parce qu’elle repose sur des formes qui empêchent l’accès à la réalité. Pensée, connaissance, valeurs morales, structures relationnelles, repères spirituels : tout ce qui servait de base devient progressivement inutilisable.

À mesure que ces formes tombent, un autre fonctionnement apparaît. L’intelligence ne se développe pas : elle se manifeste. La vibration ne s’apprend pas : elle s’impose. Le réel ne se comprend pas : il se vit.

Ce passage ne dépend pas de la volonté de l’ego. Il s’opère sous pression, dans le temps, par confrontation et par endurance. L’ego ne devient pas libre parce qu’il comprend, mais parce qu’il ne peut plus fonctionner comme avant.

L’évolution n’est pas une amélioration. C’est un déplacement de centre.

Et lorsque ce déplacement est suffisamment avancé, une certitude apparaît, sans support et sans forme : le savoir n’a plus besoin d’être vérifié.

Le processus

Ce qui se met en place au cours de cette journée ne relève pas d’une compréhension supplémentaire. Il s’agit d’un déplacement du fonctionnement lui-même, qui ne commence pas par une rupture visible, mais par une modification progressive du rapport de l’ego à ce qui le traverse.

Au départ, l’ego continue de fonctionner comme auparavant. Il pense, il analyse, il organise ce qu’il perçoit à partir de ses repères habituels. Rien ne semble remis en cause de manière immédiate. La pensée produit encore des réponses, et ces réponses paraissent suffisantes pour maintenir une cohérence.

Mais cette cohérence repose sur un mécanisme qui n’est pas encore vu.

« L’intellect humain c’est une machine à penser, puis cette machine-là elle a du fuel, du pétrole. Et le pétrole, ce sont les pensées qui flottent. » — MR-005

Ce qui était perçu comme une activité personnelle commence à apparaître comme un fonctionnement emprunté. La pensée ne vient pas de l’individu, elle le traverse. Elle circule, elle s’impose, elle alimente le mental sans que celui-ci en soit l’origine.

Cette perception ne s’impose pas immédiatement. Elle entre en conflit avec la manière dont l’ego se définit. Il continue de s’appuyer sur la pensée pour comprendre ce qu’il vit, alors même que cette pensée ne lui appartient pas.

Il cherche alors à ajuster, à préciser, à mieux comprendre.

Mais ce mouvement renforce la dépendance.

« Tu ne peux pas penser puis savoir ! » — MR-005

La pensée continue de produire des formes, mais elle ne permet plus d’accéder à ce qui est en train de se transformer. Elle organise une représentation, sans atteindre directement la réalité du phénomène.

À partir de là, une instabilité apparaît.

Ce qui semblait solide commence à perdre sa tenue. Les idées tiennent moins longtemps. Les certitudes ne se maintiennent plus de la même manière. L’ego constate que ce qu’il produit mentalement ne stabilise pas son rapport à ce qu’il vit.

Dans ce contexte, il cherche à vérifier.

« La plus grande illusion de l’intelligence humaine […] c’est le fait que l’intelligence humaine a besoin de demander des questions pour vérifier ce qu’elle sait. » — MR-009

Le besoin de confirmer devient plus visible. Il ne disparaît pas immédiatement, mais il apparaît comme un mécanisme de compensation. L’ego tente de s’assurer, de valider, de retrouver un point d’appui dans ce qui lui échappe.

Mais cette validation ne produit plus le même effet.

Elle ne stabilise pas. Elle relance le mouvement.

La question ne mène plus à une réponse, elle maintient une dépendance.

Progressivement, une autre limite apparaît : celle de la structure même du mental.

« L’énergie elle vient d’en haut, elle passe par le mental de l’Homme, elle est déformée parce que le mental n’est pas encore délié, séparé des émotions. » — MR-005

La déformation ne vient pas d’une mauvaise interprétation. Elle se produit dans ce qui passe. Le mental, encore lié à l’émotion, colore ce qu’il reçoit. Il transforme, il altère, il produit une psychologie à partir d’une énergie qui n’est pas encore ajustée.

Ce qui est vécu ne correspond plus à ce qui est perçu.

L’ego continue de fonctionner, mais il ne peut plus s’appuyer sur ce fonctionnement de manière stable.

À ce stade, une autre forme de perception commence à apparaître, qui ne passe plus par la pensée mais par un rapport direct à ce qui est.

Elle ne passe pas par la pensée. Elle ne se construit pas. Elle ne dépend pas d’une organisation mentale.

« Quand vous le vibrez, vous l’êtes ! » — MR-005

Ce qui était traité par le mental commence à être saisi autrement. Il ne s’agit plus de comprendre, mais d’être en rapport direct avec ce qui est là. Cette relation n’est pas médiatisée par une idée ou une représentation.

Elle ne s’explique pas. Elle se produit.

Mais cette modification ne s’installe pas immédiatement comme un nouveau fonctionnement stable. Elle coexiste avec l’ancien. L’ego oscille entre les deux. Il revient vers la pensée, puis constate à nouveau ses limites.

Ce va-et-vient crée une pression.

Dans le même temps, le langage lui-même devient instable.

« La vibration, elle forme le mot juste, sans ça le mot qu’on emploie est lancé dans l’espace. » — MR-006

Parler ne repose plus simplement sur la capacité à organiser des idées. Le mot doit correspondre à ce qui passe. Sinon, il perd sa portée. Il ne rejoint rien. Il ne soutient rien.

Ce décalage devient perceptible.

L’ego continue de parler, mais il voit que ce qu’il produit n’est pas toujours ajusté. Le langage cesse d’être un outil fiable.

Il en est de même pour la communication.

« Aussitôt que votre émotion rentre dedans, vous venez de colorer ce que vous avez dit. » — MR-006

L’émotion introduit une distorsion. Elle modifie ce qui est transmis. Elle altère la relation. Ce qui semblait naturel — réagir, exprimer, intervenir — apparaît comme un facteur de déformation.

Progressivement, une autre attitude s’installe.

Moins d’intervention. Moins de réaction immédiate.

L’ego ne cesse pas de fonctionner, mais il intervient moins systématiquement. Il ne cherche plus à corriger chaque situation. Il ne cherche plus à ajuster immédiatement ce qu’il perçoit.

Ce retrait ne résulte pas d’une décision.

Il s’impose, parce que l’intervention ne produit plus les mêmes effets.

Dans ce contexte, la perception des relations se transforme. Ce qui était perçu comme une opposition directe apparaît comme une structure plus complexe. Rien ne fonctionne en dualité simple. Les relations cessent d’être structurées par l’opposition. Ce qui se met en place ne relève plus de la dualité, mais d’un état où l’intelligence, l’amour et la volonté ne sont plus polarisés.

La pensée simplifie :

« La pensée simplifie en dualité. » — MR-010

Mais ce qui est perçu ne correspond plus à cette simplification. Le réel apparaît comme structuré autrement. L’ego ne peut plus s’appuyer sur ses catégories habituelles.

Cette modification entraîne une autre conséquence.

Il ne prend plus position de la même manière.

La réaction immédiate perd de sa pertinence. L’opposition cesse d’être un réflexe. Une forme de neutralité s’installe, non comme une posture, mais comme une conséquence du déplacement de la perception. 

Dans ce déplacement, la relation elle-même commence à se transformer. Ce qui était vécu à travers des rôles, des attentes ou des formes sociales ne tient plus de la même manière. La relation entre l’homme et la femme devient un lieu où l’ancienne psychologie se révèle directement.

« La femme son problème c’est sa sensibilité, puis l’homme son problème c’est son égocentrisme psychologique. » — MR-007

Chacun fonctionne à partir d’un déséquilibre propre. L’un par réaction émotive, l’autre par affirmation psychologique. Tant que ces mécanismes dominent, la relation ne se fait pas réellement. Elle se construit à partir de formes, de positions, de perceptions déformées.

« Elle le regarde de bas en haut et lui la regarde de haut en bas, et les deux en souffrent éventuellement dans leur rapport. » — MR-007

Ce qui était perçu comme une relation devient visible comme une structure de perception faussée. Dans ce contexte, même l’intelligence peut devenir un facteur de déséquilibre.

« Moi j’en connais une femme, elle est intelligente… elle ruine sa vie… parce qu’elle manque de discernement. » — MR-007

L’intelligence ne suffit pas. Tant qu’elle n’est pas centrée, elle agit à travers la forme, provoque des réactions, et maintient le déséquilibre. La transformation impose alors un autre point d’appui. La relation ne peut plus se construire à partir de la psychologie. Elle ne peut plus reposer sur la compatibilité des formes.

« Quand ils ont eu leur vibration… c’est par la vibration qu’ils ont été amenés ensemble, pas par la psychologie. » — MR-007

La rencontre ne dépend plus de la structure psychologique. Elle se produit lorsque la vibration s’ajuste.

Ce déplacement marque une rupture : la relation cesse d’être construite. Elle devient un effet.

Dans ce mouvement, le rapport au temps change.

L’ego ne peut plus accélérer ce qui se produit.

« La patience […] c’est la capacité de vivre les événements dans leur temps réel. » — MR-008

Ce qui était traité dans l’urgence ou dans l’anticipation doit être vécu dans son déroulement réel. Toute tentative d’intervention introduit une distorsion.

L’ego continue de vouloir agir, mais il constate que cette action modifie ce qu’il tente d’ajuster. Il introduit des variations qui ne sont pas nécessaires.

Progressivement, il cesse d’intervenir systématiquement.

Il ne s’agit pas d’un choix.

Il s’agit d’une adaptation à ce qui ne peut plus être contrôlé de la même manière.

Mais ce retrait ne se fait pas sans pression.

Certaines phases s’imposent. Elles ne peuvent pas être évitées. Elles mettent l’ego en face de ses limites. Elles testent sa capacité à ne pas retomber dans ses anciens mécanismes.

Cette pression devient structurante. Vous êtes obligés de passer par des expériences difficiles. 

L’ego ne choisit pas les conditions dans lesquelles il se transforme. Il y est amené. Les situations se répètent, se renforcent, jusqu’à atteindre un point de saturation.

À ce niveau, la résistance ne tient plus.

Ce combat n’est pas initié par l’ego. Il est imposé. Les formes auxquelles il s’appuie cessent progressivement de fonctionner. Elles ne produisent plus les effets attendus.

La tension augmente.

Cette souffrance n’est pas interprétée. Elle agit comme un mécanisme de destruction des formes. Elle pousse l’ego à la limite de ce qu’il peut soutenir.

Jusqu’à un point de rupture.

À ce moment, quelque chose cède.

Ce qui était maintenu ne peut plus l’être. L’ego cesse de soutenir ses formes, non par choix, mais parce qu’il ne peut plus le faire.

Ce relâchement permet un passage.

Ce qui était bloqué circule.

Et à partir de là, un autre rapport s’installe.

L’ego ne fonctionne plus à partir de ce qu’il construit. Il devient un point de passage. Il n’intervient plus de la même manière. Il ne cherche plus à valider, à corriger, à comprendre.

Ce qui se met en place ne dépend pas de lui.

« Accès au pouvoir de l’énergie. » — MR-011

Ce pouvoir ne s’ajoute pas au fonctionnement. Il apparaît lorsque le fonctionnement cesse d’interférer.

Plus l’ego cesse de résister, plus ce qui passe agit directement.

Le processus ne se termine pas par une compréhension.

Il passe par un point où les formes ne tiennent plus, où l’ego ne peut plus soutenir ce sur quoi il s’appuyait.

C’est à partir de cette rupture que s’installe un autre rapport.

Un rapport où la pensée n’est plus centrale.

Où l’intervention n’est plus systématique.

Où la transformation ne dépend plus de l’ego.

Et où ce qui est su ne demande plus à être vérifié.

0 commentaires

Soumettre un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *