Montage cinématographique réaliste montrant en gros plan une boussole en laiton tenue en main et, en arrière-plan, une femme marchant avec détermination sur un sentier rocailleux vers un passage encaissé sous la brume — C.009B Le discernement, Bernard de Montréal.
Enregistrement original
mars 1981
Publié le :

C.009B : Le discernement

C.009B : Le discernement

Présentation

Dans cette communication de mars 1981, Bernard de Montréal aborde le discernement dans le cadre de la psychologie supramentale. Il ne s’agit pas de réfléchir davantage, de peser plus soigneusement le pour et le contre ou d’appliquer des critères moraux pour savoir ce qu’il convient de faire. Le discernement apparaît lorsque nous pouvons sentir directement qu’une action, une décision ou une pensée est juste ou ne l’est pas, avant même d’avoir à la justifier intellectuellement. Il devient ainsi une protection : il nous évite d’agir contre nous-mêmes tout en croyant agir correctement.

Le problème est que nous ne savons pas toujours reconnaître ce qui agit en nous. Une pensée surgit et nous la prenons pour la nôtre. Une impulsion apparaît et nous lui trouvons aussitôt de bonnes raisons. Nous rencontrons un obstacle et nous y voyons une difficulté inhérente à l’existence, alors qu’il peut précisément servir à éprouver notre capacité à ne plus être dirigés de l’extérieur. Tant que nous ne discernons pas l’origine de ces mouvements, nous pouvons être amenés à souffrir de situations que nous aurions pu éviter. La souffrance cesse alors d’apparaître comme une fatalité terrestre : elle révèle aussi notre ignorance des lois de l’esprit et notre difficulté à reconnaître les forces qui interviennent dans notre vie.

Cette difficulté devient plus subtile encore lorsque nous entrons en contact avec l’invisible. La spiritualité peut ouvrir l’esprit à une réalité qui dépasse le monde matériel, mais cette ouverture ne nous rend pas automatiquement libres. Nous pouvons simplement déplacer notre dépendance : ne plus nous soumettre aux formes du monde matériel, mais nous soumettre à des formes astrales, à des entités ou à des intelligences auxquelles nous accordons une autorité parce qu’elles nous paraissent supérieures. Dès que nous obéissons parce que « cela vient d’en haut », le discernement disparaît. Le rapport à l’invisible ne peut devenir conscient que lorsque nous sommes capables de recevoir une information sans lui abandonner notre intelligence.

C’est là que se joue la différence entre l’amour et l’intelligence. Nous pouvons accepter une situation par bonté, par générosité, par compassion ou parce que nous croyons devoir nous sacrifier. Mais si cet amour nous conduit à nous laisser détruire, exploiter ou détourner de ce que nous savons intérieurement être juste, il travaille contre nous. La sagesse permet à l’amour de ne plus être aveugle ; le discernement joue le même rôle pour l’intelligence. Il nous permet de savoir jusqu’où aller, ce que nous pouvons accepter et ce que nous devons refuser.

L’obstacle se trouve alors très près de nous : dans notre émotivité et dans l’image que nous avons de nous-mêmes. Nous discernons mal dès que nous voulons qu’une situation corresponde à ce qui « fait notre affaire ». Nous préférons facilement une interprétation qui nous rassure, nous valorise ou préserve notre amour-propre à une perception qui nous obligerait à voir quelque chose que nous n’avons pas envie de voir. Le discernement commence précisément lorsque cette préférence cesse d’intervenir dans ce que nous percevons.

Il faut alors apprendre à reconnaître notre propre direction. L’image du nord employée au cours de la communication permet de comprendre ce déplacement. Toute notre éducation nous apprend où se trouve le nord : elle nous donne des valeurs, des repères, des façons de penser et des critères permettant de nous orienter. Mais vient un moment où cette boussole extérieure ne suffit plus. Découvrir le « nord réel », c’est commencer à reconnaître directement ce que notre intelligence nous indique et apprendre à nous y fier sans chercher continuellement une confirmation ailleurs. À mesure que ce discernement se développe, nous cessons d’être aussi facilement dirigés par nos pensées, nos émotions, les formes apprises ou les influences de l’invisible. Nous reprenons progressivement la direction de notre propre vie.

Thèmes abordés

  • Définition supramentale du discernement : faculté vibratoire et dépassement du jugement philosophique
  • Les pièges de l’esprit et les mécanismes de la pensée soufflée
  • La souffrance comme conséquence de l’ignorance des lois de l’esprit
  • Le discernement comme protection contre les impulsions intérieures
  • Les limites de la spiritualité et le risque d’assujettissement aux sphères invisibles
  • Le rapport de travail entre l’homme conscient et les forces de la lumière
  • La destruction des formes dans le mental inférieur comme condition d’accès au discernement
  • La sagesse dans son rapport à l’amour et le discernement dans son rapport à l’intelligence
  • L’émotivité subjective comme obstacle au discernement
  • L’amour-propre de l’ego et l’illusion de ce qui « fait notre affaire »
  • Apprendre à se fier entièrement à sa propre intelligence
  • L’éducation humaine et la découverte du « nord réel »
  • Le refus de la souffrance et la fin de l’exploitation psychologique de l’homme
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Bernard de Montréal
C.009B - Le discernement
C.009B

Transcription intégrale

Qu’est-ce que le discernement à la lueur de la pensée supramentale ? Il est très important pour l’homme de réaliser les pièges de l’esprit, car ce sont ces pièges qui déterminent la qualité de vie et qui allouent une marge plus ou moins grande d’erreur, sujette à rendre pénible la vie humaine, au-delà d’une telle justification, et l’homme naturellement en est la victime. Tant que l’homme n’a pas compris les principes de base concernant le rapport entre l’esprit en lui et l’intelligence de l’esprit qui lui souffle des pensées, il lui est impossible de discerner parfaitement si telle ou telle pensée lui est bénéfique humainement parlant ou si elle ne lui sert qu’à dépasser certaines limitations psychologiques dues à son manque de maturité et d’expérience. Les hommes ont l’impression qu’ils sont sur le plan matériel pour souffrir, lorsqu’en fait, ils souffrent parce que leur niveau d’intelligence et de discernement est insuffisant pour contrecarrer tous les efforts de l’esprit en eux, qui ne cherche qu’à provoquer des situations afin que l’homme, selon l’expérience de ces situations, en arrive à comprendre comment bien vivre sa vie.

Le discernement est tellement vital pour l’homme que celui qui en est dépourvu ne peut vivre sa vie à son avantage, c’est-à-dire qu’il subira toujours la vie sans pouvoir en contrôler les facteurs aptes à lui donner une vue d’ensemble possible, plaisante et enrichissante sur le plan de l’expérience personnelle. Le discernement vu du point de vue de la psychologie supramentale est fondé sur le principe de la protection de l’individu, face aux impulsions qui le traversent et qui suscitent en lui des mouvements et des actions susceptibles de le faire souffrir plutôt que de lui apporter de plus en plus d’équilibre et de paix véritable. Le discernement correspond à une haute faculté de l’esprit de l’homme et sa puissance ne s’acquiert que lorsque l’homme a finalement réalisé qu’il n’est pas sur le plan matériel pour souffrir, mais qu’il souffre à cause de son ignorance des lois de l’esprit. Le discernement ne peut s’acquérir que lorsque l’on a saisi l’importance de mettre fin à la souffrance dans sa vie et qu’on a décidé d’appliquer notre volonté à tout ce qui nuit à notre paix véritable, compte tenu de ceux qui nous entourent. Évidemment, le discernement vu du point de vue supramental n’est pas le discernement philosophique mais bien une capacité intérieure de juger avec plus ou moins de perfection, c’est-à-dire vibratoirement, telle ou telle action selon qu’elle est convenable et susceptible de rendre notre vie plus vivable.

Les hommes étant prisonniers des formes tels qu’ils le sont, vivent à la merci de ces formes et ne peuvent bénéficier du discernement supramental qui se situe au-delà ou au-dessus de ces formes et qui permet à l’homme de vivre une vie de plus en plus libre. Tant que nous n’avons pas réalisé que nous avons assez souffert, tant que nous n’avons pas réalisé qu’il doit y avoir un terme à la souffrance, nous ne pouvons appliquer notre volonté aux facteurs dans notre vie qui sont responsables de cette souffrance. Le discernement est un pouvoir de l’intelligence supramentale qui ne se discute pas, une fois que l’esprit de l’homme a été harmonisé ou conscientisé à ces intelligences. Mais l’intelligence supramentale doit d’abord être ajustée à l’esprit de l’homme avant que ce dernier puisse en bénéficier les yeux fermés. Tant que l’intelligence n’est pas suffisamment ajustée à l’esprit de l’homme, ce dernier, prisonnier des formes, ne peut voir les nuances et les trucs de cette intelligence contre son esprit. C’est alors qu’il fait l’expérience du premier contact avec l’intelligence supramentale et qu’il doit vivre certaines expériences en relation avec ce contact jusqu’au jour où les souffrances aidant, il aura compris que l’intelligence supramentale en lui fait réellement partie de lui, lorsqu’il a su la comprendre. La pénétration du supramental dans l’homme s’accompagne de toutes sortes de déformations, car les formes du mental inférieur humain doivent être détruites.

C’est le résultat de cette destruction des formes dans le mental humain qui donne à l’homme le discernement. À partir de ce point, l’homme est libre et toute expérience devant lui est sous le contrôle de son esprit, c’est-à-dire qu’il n’est plus sujet à subir la vie mais peut la vivre de la façon dont lui en est le maître. C’est à ce moment de sa vie que la souffrance ne peut pénétrer dans l’homme, car le discernement, c’est-à-dire la vision parfaite de ce qu’il doit faire, provient à la fois de l’intelligence du supramental en lui et de l’harmonie de cette intelligence avec son esprit. L’homme est alors en pleine possession de ses facultés et aucune force, aucune intelligence ne peut intervenir pour lui faire perdre cette harmonie dont il a conquis le droit et le pouvoir de posséder pour toujours. Le grand problème aujourd’hui avec les gens spirituels réside dans le fait qu’ils n’ont pas encore appris et compris que le contact avec les sphères spirituelles ne constitue que la première étape vers le supramental et que cette étape sert à ouvrir leur esprit sur des réalités qui dépassent la limite des sens, mais qui doit éventuellement déboucher sur une harmonie totale entre le plan humain et le plan supramental. Tant que ces gens n’ont pas compris cette étape essentielle d’harmonisation entre le supramental et l’homme, ils sont sujets à vivre des expériences de toutes sortes, expériences souvent très pénibles parce qu’ils n’ont pas compris que l’homme doit être harmonisé avec le supramental et que le supramental doit aussi être en harmonie avec l’homme.

C’est-à-dire que l’homme ne doit pas agir aveuglément sous les dictées du supramental. Si les dictées se conforment au bien-être humain tel que vu et attendu par l’homme, tout va bien et la vie est facile, agréable et vaste, mais dès que l’homme commence à subir le joug de la conscience supramentale, car les formes spirituelles en lui l’empêchent de voir plus loin dans son illusion, il est temps qu’il se réveille et qu’il apprenne à discerner, c’est-à-dire à ne pas se laisser manger la laine sur le dos par des forces qui doivent le servir, au lieu de l’enchaîner à cause de son manque de discernement. L’homme a été tellement empoisonné par les formes spirituelles qui ne servaient qu’à élever son niveau de conscience hors du plan purement matériel, qu’il a oublié que son rôle sur le plan matériel doit être joué en relation avec les forces de l’invisible mais non sous le joug de l’invisible. Le discernement est le seul outil que possède l’homme pour se soustraire à ce joug, afin de pouvoir vivre et travailler avec ces forces. Sans le discernement, l’homme est voué à l’exploitation sans trêve de sa faiblesse psychologique et ce n’est que par l’expérience et la compréhension de certains principes fondamentaux de la vie de l’esprit en lui, qu’il peut s’en sortir.

Il ne s’agit plus pour l’homme seulement d’être spirituel, mais il s’agit de se servir de ces forces pour élever le niveau de sa conscience sur la planète et de transmuter la matière à l’aide de ces forces. Voilà le but du contact entre l’homme et les forces du supramental. Tout autre lien avec ces forces qui ne sert pas l’homme le dessert, et ce jusqu’au jour où il comprendra la leçon réelle de la vie supramentale en lui. Ce n’est pas par le biais des forces supramentales qu’il sera donné à l’homme de comprendre son lien et son rôle évolutif avec elles, mais par l’entremise de certains hommes qui comprennent les lois du supramental et qui servent de pont entre l’homme ancien et l’homme nouveau, afin que ce dernier puisse grandir dans la compréhension totale de lui-même. La volonté fait partie de l’homme, mais l’homme ne la connaît pas, car les formes nuisent à l’application de cette volonté sur le plan matériel. Tant que l’homme n’a pas suffisamment souffert de ses bêtises et développé la force nécessaire pour corriger son action à la lueur des activités du supramental en lui, tant que l’homme se fait prendre dans le jeu nécessaire des forces supramentales, il n’a pas compris sa leçon et ce n’est que dans l’expérience qu’il la comprendra. Il suffit à l’homme de réaliser que les forces en lui cherchent à pénétrer par tous les moyens et qu’il s’avise et en arrive à ne pas se laisser prendre dans leurs jeux. Voilà ce que j’appelle le discernement. Le grand discernement, qui est plus grand que la sagesse car même si l’on est sage, on peut se laisser prendre par les forces supramentales. La sagesse est à l’amour ce que le discernement est à l’intelligence. L’amour sans intelligence peut énormément être la cause de souffrance pour l’homme non avisé des lois de l’esprit. Lisez l’histoire des martyrs et vous comprendrez. Tout ce que nous vivons sur le plan matériel est vécu selon notre degré de discernement. Tant que le discernement n’est pas développé, nous sommes sujets à subir la vie et une vie subie n’est pas une vie libre.

Le discernement coïncide avec la plus haute forme d’intelligence possible à l’homme, car il détermine le degré d’intelligence requis pour épurer la vie des embûches causées par l’émotivité. L’émotivité est la cause fondamentale du manque de discernement et représente chez l’homme la raison même de son état primitif vis-à-vis de la compréhension de lui-même et des grands phénomènes cachés de l’univers. Tant que l’homme n’aura pas dépassé ses subjectivités émotives, il lui sera impossible de vivre sa vie selon les grandes lignes de l’intelligence supramentale, dont le discernement est la qualité fondamentale, la qualité qui le protège dans son activité et qui lui permet de ne jamais agir contre les lois de l’évolution. L’émotivité humaine fait partie du fardeau de la science humaine. Aujourd’hui encore et pour quelque temps encore, l’émotivité sera la force motrice derrière l’action de l’homme. Et l’homme la considérera encore comme essentielle à une vie qu’il croira bien vécue. Mais ce dilemme fait partie de l’évolution de l’homme et tant que ce dernier n’aura pas conquis son émotivité subjective, il lui sera impossible d’en voir l’effet retardataire dans sa vie. Le discernement est une puissance intérieure qui dicte sans erreur et sans compromis.

Cette force intérieure provient de l’ajustement vibratoire de l’intelligence et de l’émotivité. De sorte que l’homme qui le possède véritablement amplifie la valeur expérientielle de sa vie et gravite toujours vers de nouveaux sommets d’expérience interdits à celui qui, à cause de ses erreurs constantes, perd une somme énorme d’énergie et une quantité incalculable d’opportunités à l’intérieur desquelles il peut s’émanciper et vivre une vie plus grande et plus remplie. Nous avons la mauvaise habitude de ne pas pouvoir nous fier totalement, à cent pour cent à nous-mêmes. Car nous avons perdu confiance en nous-mêmes et cette confiance au cours de notre expérience passée s’est effritée. Justement car notre discernement étant insuffisant, nous ne pouvions nous apercevoir que se fier totalement à soi-même est une clé fondamentale de la vie supramentale. La pénétration de la conscience supramentale nous offre la possibilité de réaliser la nature même des erreurs que nous avons tendance à commettre et ceci en relation avec des forces qui nous invitent à les faire tant que nous n’avons pas compris le jeu de l’esprit en nous. Dès que nous avons compris ce jeu, notre psychologie s’ajuste, se développe et nous réalisons qu’il nous est nécessaire et possible d’agir avec une très grande clarté, dès que nous avons suffisamment souffert d’être dupes.

L’esprit invente des obstacles afin que l’homme apprenne par ses erreurs. En fait, il n’y a pas d’erreur réelle puisque tout sert à l’évolution. Mais il y a des souffrances réelles, qui peuvent être évitées lorsque l’homme a enfin compris la leçon. C’est pourquoi il nous est dit d’apprendre à ne pas croire l’esprit, mais à se fier à notre intelligence et à puiser dans l’harmonie de notre intelligence ce dont nous avons besoin pour bien fonctionner et vivre agréablement. Mais l’esprit connaît nos faiblesses et c’est ici qu’il nous tend le piège. Si nous nous habituons à ne pas nous faire cerner, nous apprendrons à voir à travers les pièges de l’esprit, ceci est le discernement. Mais trop souvent nous avons besoin de plusieurs expériences avant de pouvoir voir à travers le jeu, mais lorsque nous avons bien saisi, il nous est impossible de ne plus voir clair. Ensuite, il y aura un autre piège et ainsi de suite jusqu’au jour où devenu très vif d’esprit, les forces supramentales n’auront plus de travail à faire sur notre esprit et nous pourrons enfin bénéficier totalement de l’intelligence supramentale en nous. Mais il faut d’abord commencer par réaliser que tout rapport entre l’homme et les forces supramentales est un rapport de perfectionnement. Et ce perfectionnement ne vient que graduellement, de sorte que le discernement lui aussi nous vient avec le temps. Plus le combat entre les forces et l’homme s’accentue, plus sa volonté est grande de ne pas souffrir. Moins alors il souffre, plus il est centrique et plus son discernement est grand. Tant que l’homme vit aux dépens de sa spiritualité, il est sujet au jeu de l’esprit car déjà par sa spiritualité, il accepte les jeux de l’esprit. Mais la souffrance imposée par les obstacles lors du rapport entre l’homme et les forces supramentales, éventuellement doit prendre fin, car l’homme se refuse alors de souffrir. Sa sensibilité à la souffrance ayant été accrue à cause du contact avec les forces, doit à un certain point diminuer et enfin s’éteindre complètement, car l’homme a enfin développé le discernement qui est sa grande protection contre la souffrance de toutes sortes.

L’esprit en lui est alors impuissant à faire souffrir l’homme et c’est à ce moment que ce dernier est prêt à travailler avec lui, avec les forces dont il devait connaître les mécanismes d’action dans la vie, afin de pouvoir travailler avec elles. Tant que l’homme n’a pas le discernement, les forces seront obligées de toutes les façons de l’amener à ce discernement, si elles n’y parviennent pas, elles devront remettre à un autre temps le rapport réel avec lui, car son immaturité risquerait de troubler le plan de vie qu’elles ont pour la nouvelle humanité. Ainsi le discernement n’est pas seulement important pour l’homme, mais aussi pour les forces supramentales qui agissent en lui, car l’homme est porteur de lumière et cette lumière doit être portée parfaitement, car ni les forces de vie, ni les forces de destruction ne peuvent agir sans une harmonie parfaite entre elles et l’homme. Dans le cas des forces de destruction, l’homme est esclave de ces forces et dominé par elles, de sorte que le discernement est impossible. Dans le cas des forces de vie, l’homme doit acquérir le discernement afin de pouvoir exercer librement son pouvoir sur les plans inférieurs mais toujours en harmonie avec l’intelligence universelle en lui.

Le discernement n’est pas seulement une prérogative de l’homme conscientisé et harmonisé mentalement aux forces de la lumière, mais une nécessité qui doit être convenue de par la relation entre l’homme et des forces de la lumière, qui opèrent en lui et se servent de lui comme canal. Il est bien évident que les forces de vie ne pourront jamais se servir comme canal d’un homme qui n’a aucune maturité, aucun discernement. C’est ici qu’elles interviennent afin qu’il apprenne par son expérience à harmoniser son intelligence avec la leur. Ceci dépend toujours de l’évolution de son émotivité car c’est par elle qu’il doit passer avant de reconnaître jusqu’à quel point il en est affecté dans toutes ses actions et dans... [coupure] Le discernement est une force puissante de l’esprit dans l’homme qui le lie à lui-même, c’est-à-dire qui le lie à cette partie de lui-même qui est infinie et parfaite. Le bouclier de l’ego contre cette force réside dans l’attachement de l’homme à la valeur psychologique de ses émotions et de ses pensées personnelles qui n’ont pas encore été imprégnées par le feu de la lumière. Le feu qui détruit tout ce qui est sujet à retarder la formation du canal dont doivent se servir les forces de l’esprit pour créer dans l’homme les conditions idéales à leur mouvement vers la matière.

Les forces de l’esprit ne sont pas absolument en contrôle des plans inférieurs et elles doivent le devenir avec le temps car ce sont les forces de l’esprit qui imprègnent tout de la marque du divin dans le cosmos. Tant que cette marque ne sera pas répandue sur la Terre, l’homme sera forcé de vivre une transformation de ses principes afin que ce règne arrive et que se manifeste sur le plan matériel le règne de l’esprit. Le discernement est le résultat de cette pénétration de l’esprit dans l’homme et tout ce que manifeste l’homme doit être en mesure de refléter cette pénétration. Mais l’ego de l’homme craint le discernement car l’ego veut plutôt goûter de la vie de la façon dont il la conçoit, plutôt que de la façon dont elle doit être vécue. C’est pourquoi l’ego inconscient n’a pas de pouvoir de vie, car pour posséder le pouvoir de vie, il faut être dans la vie réelle, c’est-à-dire qu’il faut vivre la vie selon les lois de la vie et c’est le discernement qui lui donne ce pouvoir car il fait partie de l’intelligence de la vie et non de l’attitude de l’homme envers la vie. Tant que l’homme n’a pas suffisamment compris les lois de l’esprit en lui, il lui est impossible d’avoir un discernement suffisant pour comprendre et correspondre parfaitement dans son action avec la nature même de la vie. Cette absence de discernement l’empêche de faire certaines choses sur le plan matériel, susceptibles de réorganiser la matière vibratoire dont il est composé, afin que s’installe en lui une vibration supérieure, vibration qui doit le rapprocher de la conscience totale et parfaite.

Le discernement ne peut jamais correspondre avec les appétits de l’ego car l’ego n’a pas de discernement puisqu’il est en dehors du discernement. Le discernement n’est pas de l’homme mais grandit dans l’homme, lorsque ce dernier grandit dans la lumière de la conscience du supramental. Tant que nous sommes des hommes à la recherche de nous-mêmes, nous essayons de nous rapprocher du nous-même qui fait notre affaire. Illusion très grande et très grave, car le nous-même qui fait notre affaire est une projection de notre ego. Et cette projection n’est pas sujette à remplir les fonctions créatives d’un ego conscientisé, mais d’un ego dont la vision est teintée par une énergie qui suscite en lui un amour-propre, c’est-à-dire un reflet qui lui permet de se mesurer face à lui-même ou face aux autres. Le discernement ne s’appuie sur aucune considération de l’ego et ne se rationalise pas puisqu’il est déjà prédéterminé dans son intelligence par les forces supramentales. L’homme doit se former au discernement et non s’informer du discernement. Le discernement est une condition de l’esprit universel à travers l’esprit de l’homme et ce n’est que lorsqu’il a suffisamment évolué émotivement et mentalement que ce discernement devient une seconde nature, un aspect naturel de son comportement. Si l’homme vivait constamment dans le discernement sans pouvoir comprendre qu’il vivait dans l’esprit universel, il lui serait impossible de supporter la valeur de ses actions car il ne comprendrait pas, de par son ego, les raisons du discernement.

Or le discernement ne se comprend pas dans la mesure de sa logique, mais dans le cadre de la force qui s’opère en soi lorsqu’il est vécu. Toute intelligence véhicule plus ou moins de discernement, mais ce n’est que dans la conscientisation de l’homme que le discernement devient la manifestation majeure et permanente de l’intelligence supramentale en lui. L’actualisation de l’homme sur le plan matériel l’instruit toujours de ce qu’il devrait faire mais l’inconscience de l’homme est tellement grande qu’il ne prend pas conscience de cette intelligence en lui et c’est pourquoi on dit que l’homme n’a pas de discernement. Il doit toujours se servir de son intelligence rationnelle pour décider de faire ceci ou de faire cela, alors qu’il devrait simplement faire. Mais pour que l’homme puisse se fier à une formule aussi simple de vie, ses corps doivent être ajustés afin que l’émotivité et la logique ne viennent pas intervenir dans l’intelligence de l’esprit en lui. C’est alors qu’il possède le discernement, c’est-à-dire la possibilité de laisser passer le courant de l’intelligence universelle sans faire interférence. Tant que l’homme fait des efforts, il se construit une coquille d’énergie liée à sa volonté personnelle et à ses désirs. C’est alors qu’il agit contre les lois de la vie en lui et qu’il détruit sans s’en rendre compte le pouvoir de la force en lui. Cette force veut bien se manifester mais l’ego doit lui en donner la chance.

Or tant que l’ego n’a pas compris les lois de la pénétration de cette énergie en relation avec les facteurs qui l’en empêchent, il est forcé de se replier sur lui-même et, par le fait même, retarde son évolution vers le supramental. Le discernement est en conclusion la porte permettant à l’énergie du supramental de pénétrer dans l’homme et d’éclairer de plus en plus la vision des choses. Sans le discernement, l’homme ne peut jamais être sûr de lui-même dans sa façon de vivre sa vie et c’est alors qu’il empêche la vie de se manifester en lui d’une façon parfaite. L’éducation de l’homme est une boussole qui marque le nord afin que s’oriente sa personnalité. Mais ce n’est pas le nord véritable car ce dernier ne peut être marqué que par une boussole qui n’est pas sous le contrôle de l’ego. Lorsque l’homme a découvert le nord réel, son orientation change et le chemin de vie sur lequel il s’engage n’est plus le même, il laisse alors derrière lui d’anciens passages pour pénétrer dans les passages secrets de la vie dont lui-même devient l’explorateur par excellence.

Une clé fondamentale du discernement peut nous aider à en saisir le sens profond : chaque fois que l’ego doit formuler une décision et qu’il s’en empêche pour des raisons fondées sur l’émotivité subjective, sur la crainte ou sur toute autre raison dont il sait dans le fond de lui-même qu’elle n’est pas réelle et valable, il retarde le développement du discernement en lui-même. Il n’est pas facile de développer le discernement car l’ego doit, dans ce mouvement de l’esprit en lui, laisser place à la vibration de l’esprit qui se manifeste intuitivement. Or si l’ego prend trop de place, la vibration de l’esprit n’est pas perçue et le discernement ne s’installe pas dans l’homme. Alors la vie continue à être vécue en dehors de la conscience et l’homme doit continuer à souffrir cette vie qui n’est pas réelle. Trop souvent l’homme refuse de souffrir une décision fondée sur le discernement pour une brève période et optera sans le réaliser pour une souffrance plus longue, souvent beaucoup plus longue, qui devra durer des années à cause de ce refus. Il n’y a pas de substitut pour le discernement, c’est la clé fondamentale de toute vie. Et nul autre que l’homme par lui-même ne peut en arriver à le reconnaître et à le vivre. Tant que l’homme s’impose des limites, il doit vivre ses limites, tant qu’il croit savoir, il doit vivre la limite de sa croyance.

C’est pourquoi l’individu se doit, à un certain moment de sa vie, de considérer tout par le biais de la lumière en lui et éliminer tout obstacle à cette lumière. En fait, l’homme doit se donner le pouvoir de la clé selon qu’il possède en lui-même assez de sagesse pour en saisir l’importance. Le discernement ne peut venir à l’homme tout d’un coup car son ego prend trop de place, trop d’espace dans sa vie émotive et mentale. Selon qu’il réalise cette facette de son expérience, il lui sera de plus en plus facile de connaître le discernement et de voir les choses selon la vision intérieure, vision totalement inconditionnée par les émotions et les raisons de l’ego. Le discernement est la plus grande des grâces que l’homme puisse connaître et avec laquelle il lui est possible de vivre afin de pouvoir plus tard créer selon les lois de la conscience universelle. Donnez à l’homme la vie sans le discernement et il la détruira. Donnez à l’homme le discernement et il fera avancer la vie jusqu’aux limites de son pouvoir et de sa créativité. Sans discernement, l’homme ne peut pas vivre, il doit subir la vie et en souffrir.

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Bernard de Montréal — mise à disposition documentaire par BDMS.

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