Photographie d'art cinématographique illustrant la conférence C.037B La critique de Bernard de Montréal : dans une atmosphère intimiste de clair-obscur, une femme susurre une médisance à l'oreille d'un homme avec un sourire cynique, tandis que celui-ci écoute d'un regard sévère et troublé en observant une troisième personne au loin, matérialisant le froid vibratoire et le malaise causés par la critique.
Enregistrement original
décembre 1982
Publié le :

C.037B – La critique

C.037B – La critique

Présentation

 

La critique est le produit direct de l’inconscience de l’intelligence créative. L’homme qui critique ne fonctionne qu’à partir de son intelligence égoïque, incapable de percevoir la réalité vibratoire de l’autre. En critiquant autrui, il projette inconsciemment ses propres défauts et étend hors de lui l’effet de son aveuglement intérieur.

La critique ne relève pas de l’intelligence, mais d’un manque de centricité. Elle crée toujours une tension vibratoire et cette tension engendre un froid subtil entre celui qui critique et celui qui reçoit ou entend la critique, diminuant inévitablement l’affection et la qualité du lien, même lorsque cela n’est pas reconnu consciemment.

Il existe une distinction fondamentale entre la critique et l’observation objective. L’observation découle de l’intelligence de l’esprit, elle vise le comportement sans dévaloriser l’être. La critique, elle, s’attaque implicitement à la personne et alourdit la conscience, tant chez celui qui parle que chez celui qui écoute.

La critique est une perte d’énergie mentale au profit de la conscience astrale. Elle se donne parfois des airs constructifs, mais elle demeure non créative, car elle n’induit aucun choc vibratoire réel susceptible de transformer l’être. Seul l’esprit peut corriger, par modification vibratoire, jamais l’ego.

Le besoin de critiquer révèle une incapacité à voir sans parler juste. L’homme parle pour voir, faute de pouvoir voir en silence par intelligence. Cette parole imparfaite traduit une transmission déficiente de l’intelligence, encore filtrée par l’émotivité et l’opinion. La volonté de corriger autrui relève d’une prétention égoïque. Elle ignore que le comportement humain évolue par expérience et par temps, non par jugement. Toute tentative de correction par l’ego ne fait que renforcer les résistances et maintenir l’involution.

Chez l’être qui se conscientise, la critique peut s’amplifier temporairement. L’énergie mentale augmente, mais l’ajustement de l’astral n’est pas encore accompli. À ce stade, la critique devient plus subtile, plus fréquente, plus fatigante, jusqu’à ce que l’ego reconnaisse son dépassement de droit de parole. L’observation objective apparaît lorsque l’ego se désengage de l’opinion. Elle éclaire les mécanismes sans blesser, elle instruit sans alourdir. Celui qui parle écoute l’intelligence à travers lui, celui qui reçoit reconnaît la vibration et en bénéficie.

La critique protège l’ego contre la reconnaissance de ses propres failles. Elle donne l’illusion d’une personnalité affirmée alors qu’elle masque une identité non réalisée. Plus l’homme s’approche de son intelligence réelle, moins il ressent le besoin de critiquer. La disparition de la critique marque l’entrée dans une communication créative. La parole devient vivante, utilisable, libérée de l’astral. L’homme parle pour comprendre et pour éclairer, non pour se soulager ou se valoriser. À ce stade, la critique n’a plus de fonction et disparaît naturellement.

 

Thèmes abordés

  • origine égoïque de la critique

  • projection des défauts personnels

  • critique et perte d’énergie mentale

  • tension vibratoire et rupture du lien

  • distinction entre critique et observation objective

  • incapacité de corriger par l’ego

  • parole non ajustée et manque de centricité

  • critique et illusion d’identité

  • ajustement de l’astral dans la conscientisation

  • communication créative issue de l’esprit

 

00:00 42:44
Bernard de Montréal
C.037B - La critique
C.037B

Transcription intégrale

Les hommes critiquent facilement les hommes parce qu’ils n’ont pas conscience de leur intelligence créative. Ils n’ont conscience que de leur intelligence égoïque. Critiquer un être relève les traits négatifs de celui qui fait la critique, bien qu’il ne s’en rende pas compte, car pour critiquer autrui, il faut déjà avoir un défaut, c’est-à-dire qu’il faut déjà être aveugle de notre propre réalité. Lorsque l’homme critique l’homme, il ne fait qu'étendre l’effet de son défaut au-delà de lui-même sans s’en rendre compte.

Un esprit très sensible peut facilement voir à travers ce mécanisme et ne pas être emprisonné par le filet que tend celui qui critique. Si l’esprit est très près de l’homme qui entend une critique, il saura demeurer neutre et totalement insensible à l’influence psychologique que la critique voudra bien créer.

Pour être insensible à la critique, il faut être très centrique, car la critique fait toujours mal puisqu’elle est gratuite. Il faut discerner entre la critique et l’observation objective et psychologique de l’homme. On peut parler d’une personne objectivement et psychologiquement sans la critiquer, c’est-à-dire sans la dévaloriser. Mais pour ceci, il faut être suffisamment conscient de la valeur de l’être, au-delà de sa personnalité. Il faut voir l’être en tant qu’esprit emprisonné dans une personnalité qui n’est pas encore ajustée à lui. Alors, ce n’est plus une critique de l’homme que l’on fait, mais une observation objective de sa psychologie ou de son comportement psychologique.

De cette observation, tous peuvent apprendre quelque chose, car elle est intelligence, elle naît de l’intelligence de l’esprit, au lieu d’être le produit d’une subjectivité émotive et intellectuelle. Puisque l’esprit a toujours raison sur la personnalité, puisqu’il la connaît, il est alors facile de faire de grandes et même de profondes observations de l’homme sans pour cela tomber dans le piège de la critique qui ne vient pas de l’esprit, mais de l’ego imparfaitement intelligent.

La critique repose sur deux mécanismes de fond. D’abord, elle est négative et se veut constructive, et en second lieu, elle est régénératrice d’impuretés dans l’astral de l’homme et crée un froid subtil entre celui qui critique et celui qui l’écoute car celui qui l’écoute n’est pas doté de la même vibration que celui qui critique, bien qu’il soit dans un espace commun. Et ce froid qui est vibratoire peut créer un malaise chez celui qui écoute la critique ou qui participe socialement à la critique. Et ce malaise n’est pas bon, car il diminue l’affection pour celui qui a tendance à critiquer, même s’il ne s’en rend pas compte. Donc, celui qui critique perd toujours un peu d’affection de la part de celui qui l’écoute critiquer. Ceci est grave, car de belles amitiés peuvent être minées à long terme, car celui qui écoute la critique d’une tierce personne découvrira un jour que lui aussi est ou peut être sujet à être critiqué par celui qu’il écoutait auparavant. Autrement dit, on n’est jamais soi-même à l’abri de la critique de ceux que l’on écoute ou approuve dans leur critique.

La critique relève d’un manque d’intelligence créative, d’intelligence pure, d’une imperfection dans la transmission de l’intelligence. Ceci ne veut pas dire que la critique n’est pas à point, au contraire, elle peut être très valable, mais le point n’est pas là ; le point est dans le fait que toute critique n’est pas créative : elle n’est que positive ou négative dans sa construction. Critiquer est une perte d’énergie dans le mental humain pour le bénéfice de la conscience astrale de l’homme. Il faut que l’homme qui se conscientise apprenne comment mettre en relief le comportement humain ou ses agissements sans alourdir sa conscience ni la conscience des autres. Et pour ce, il faut être conscient de la valeur vibratoire des mots qu’il utilise lorsqu’il veut faire connaître une observation sur le comportement d’autrui, sinon il sombrera dans la critique et le monde ou son entourage avec lui.

La critique reflète un besoin chez l’homme de voir en parlant. Donc, si l’homme ne voit qu’en parlant, il doit bien voir et pour ce, il doit bien parler. Et bien parler, parler juste, ne vient pas facilement à l’homme, car son esprit n’a pas encore suffisamment de pouvoir vibratoire sur sa conscience inférieure, donc la transmission d’intelligence est imparfaite, donc l’homme ne sait pas parler justement, d’où le phénomène de la critique, au lieu de l’observation objective et intelligente qui ne détruit pas, mais éveille à la connaissance de soi ou des autres.

Critiquer, c’est-à-dire avoir une attitude subjective au lieu d’un comportement créatif et objectif, nuit imperceptiblement aux relations humaines, car elle entraîne celui qui critique à se fonder une opinion de celui qu’il critique et cette opinion, au lieu d’éclairer la situation, la rend affreuse. Pour observer le comportement chez autrui, il ne faut pas être impliqué subjectivement avec soi-même, sinon nous risquons de vouloir corriger le monde sans réaliser que le monde doit évoluer et non être corrigé. Corriger est une erreur psychologique de l’ego. C’est une sorte de prétention de l’ego, c’est un manque de sensibilité, un manque de maturité, un manque de perception de la réalité évolutive de la personne. Pour corriger une situation, le choc vibratoire est nécessaire et le choc vibratoire ne vient jamais de l’ego : il vient de l’activité de l’esprit en lui ; donc, seul l’esprit peut corriger, c’est-à-dire donner une nouvelle vibration au mental et à l’émotionnel et non l’ego. Très importante observation pour tous ceux-là qui vont vers une plus grande conscience de leur réalité.

Lorsque l’ego, dans son inconscience, son imperfection, veut corriger, c’est qu’il veut, sans le réaliser, se donner une valeur quelconque, c’est-à-dire qu’il y a encore en lui un peu de vanité, un peu d’illusion dans son intelligence. L’ensemble du comportement humain requiert une évolution, l’ensemble du comportement ne peut être traité qu’avec le temps, car seul le temps permet à l’homme d’évoluer.

Si l’homme critique l’homme, il ne change pas cette règle, mais s’il veut accélérer le développement chez un être, il peut le faire par le biais d’une observation objective de son esprit à travers sa personnalité, afin que l’être absorbe parfaitement l’énergie de ladite observation. Ceci lui fera reconnaître qu’il est sous observation créative et il appréciera une telle observation, car il saura, à cause de la vibration émanant de l’observateur, qu’il n’a qu’à bénéficier de l’observation. Donc les deux êtres en bénéficieront, car celui qui parlera écoutera ce que dit l’intelligence à travers lui et celui pour qui l’observation sera faite, verra qu’il y a de l’intelligence dans les paroles qui servent à l’instruire sur son comportement. Donc, la critique aura été remplacée par l’observation objective et créative de l’intelligence à travers la personnalité et les deux hommes en seront témoins chacun de leur côté.

La critique n’est jamais bonne, même si elle est jugée valable, car elle ne découle pas d’une source d’intelligence parfaitement ajustée à la personnalité. Il est difficile à l’ego de réaliser la tension vibratoire qu’il crée, à cause de l’utilisation inférieure d’une forme lorsqu’il critique, car il n’a pas la sensibilité requise pour détecter l’erreur que crée l’attitude lorsque la forme est exprimée en parole. Donc l’ego, sans pouvoir le réaliser, se nuit, car celui qu’il critique ou ceux qui entendent sa critique ressentent cette vibration, car elle ne vient pas de l’esprit. Donc, ne venant pas de l’esprit, ils l’aperçoivent, et c’est cette perception qui les ennuie.

Lorsque l’homme sera dans son intelligence, il lui sera facile de faire une observation ou de la retenir s’il est préférable. Beaucoup de personnes sensibles sont sous l’impression qu’elles doivent ou sont obligées de corriger ou de critiquer toute situation qui se prête à leurs opinions ; ceci est une très grande illusion. Elle est mauvaise chez l’être inconscient et chez l’être qui se conscientise dont l’énergie mentale grandit sans cesse, il est encore plus nécessaire de restreindre cette habitude, car l’énergie mentale, devenant plus forte, créera une obsession dans la critique, de sorte que ces personnes seront de plus en plus reconnaissables, comme ne pouvant placer un mot qui soit libre d’une attitude quelconque.

Il ne faut pas oublier que la pénétration de la conscience créative chez l’homme n’élimine pas, par le fait même au début, les failles dans le caractère et des faiblesses dans le tempérament. Au contraire, elle les accentue d’abord pour les rendre évidentes et les détruire plus tard, lorsque l’ego s’en est rendu compte. Ce n’est qu’à partir de cette période, dans la vie de l’être qui se conscientise, qu’il s'établit un équilibre de plus en plus parfait en lui. Donc il faut faire attention à l’habitude de critiquer quand on se conscientise, car l’énergie qui pénètre peut rendre cette habitude très fatigante à la fois pour celui qui critique et se voit de plus en plus capable de tout critiquer, et pour celui qui est obligé de l’entendre ou de l’écouter.

La critique est et peut devenir interminable lorsque l’être se conscientise, car il voit de plus en plus, mais ne voit pas qu’il voit encore imparfaitement ou seulement partiellement. La différence entre la critique et l‘observation objective de l’intelligence ne relève que du changement graduel du corps astral, au fur et à mesure que l’ego se désengage de ses opinions qui sont le produit du manque du contrôle de l’esprit ou de l’intelligence réelle sur le corps astral. Plus l’homme se conscientise, plus il reconnaît instantanément qu’il vient d’aller outre son droit de parole lorsque la critique apparaît sur ses lèvres. Avec le temps, il devient plus sage et bientôt plus intelligent, donc plus observateur objectivement que critique.

La critique nuit toujours, car elle force une opinion sur un comportement qui doit être vécu en tant qu’expérience ; donc la critique est toujours impuissante à changer quoi que ce soit pour le bien, elle ne peut choquer que pour le mieux, qui n’est pas nécessairement pour le bien, car le bien est plus sujet à l’évolution du comportement que le mieux qui peut être associé à un changement dans l’attitude du comportement.

Ceux qui ont tendance à critiquer ont une raison de plus à le reconnaître, car ils découvriront que leur propre comportement nécessite aussi une évolution en fonction de leur esprit. Ils reconnaîtront alors la sagesse dans ces paroles qui disent : vivre et laisser vivre, autrement dit, vivre par expérience et laisser vivre par expérience. Puisque le comportement humain est hautement réfractaire à la critique, il se peut que celui qui critique trop se voie un jour retourner la balle ; c’est alors qu’il comprendra que critiquer invite soi-même à la critique tôt ou tard, car l’énergie négative de la critique sera retournée contre lui, contre celui qui critique, afin qu’il puisse lui aussi prendre conscience de son imperfection.

C’est le cas de l’être qui se conscientise, mais qui n’a pas encore compris que la conscience n’est que le début de l’intelligence. Critiquer, c’est facile, car cela nous permet de nous donner une allure et beaucoup d’êtres qui se conscientisent ont besoin d’une allure, car ils ont été trop longtemps sans allure, c’est-à-dire sans point de référence personnel leur permettant d’avoir un sens personnel de leur intelligence.

Lorsque l’homme est dans son intelligence réelle, il ne vit plus d’opinion, il n’a plus d’énergie à perdre à critiquer, car il sait que l’expérience de celui qu’il critique est en voie d’évolution. S’il veut élever ou faciliter la conscientisation d’autrui, il le fait en fonction du pouvoir de pénétration de l’intelligence, dans l’étude du comportement afin de faire ressortir certains points qui n’ont rien à voir avec la personne en soi, mais avec le comportement issu de l’imperfection de ses corps subtils. Ceci le désengage de jeter la première pierre. L’homme libre ne peut et ne veut témoigner subjectivement d’aucune faille dans le comportement, ni évidente, ni subliminale, car il sait trop bien que celui qu’il critique est sur une route pour un travail qui sert aux deux, le critique et sa cible.

La critique protège l’ego de ses propres failles et lui permet de voir celles des autres, c’est pourquoi la critique est une mauvaise habitude, car elle nous empêche de nous regarder nous-mêmes et de voir que notre point de vue est déjà biaisé par le fait même que nous l’émettons, car il n’est pas objectif puisqu’il n’est pas le produit de la transmission parfaite de l’intelligence. Si la critique intervient si fréquemment dans la vie de certaines personnes, c’est qu’elles n’ont pas encore réalisé leur identité. Car lorsque l’homme commence à réaliser l’identité dans sa personnalité ou qu’il découvre sa personne, il n’a plus besoin de se donner l’impression d’une personnalité qui est fausse, celle qui fait la critique.

La critique donne à l’ego l’impression d’une personnalité créative et réelle alors qu’elle est fautive, c’est pourquoi l’être qui se sensibilise à son intelligence perd petit à petit le besoin de critiquer pour découvrir graduellement la capacité de faire des observations objectives de plus en plus profondes sur la nature humaine. Alors que la critique parle pour parler, l’observateur objectif et conscient parle pour apprendre ce qu’il dit, ce qu’il sait, et ainsi permettre à celui qui est l’objet de son observation d’apprendre quelque chose sur lui-même sans le blesser, c’est-à-dire sans lui causer de souffrance inutile. Exposer un être au mécanisme de la critique lui permet de comprendre pourquoi il le fait, ceci lui fait éventuellement réaliser que la critique n’est pas seulement une habitude mais aussi un besoin de s’exprimer.

Or, comme l’homme a grand besoin de s’exprimer, la façon la plus facile pour lui est de le faire de façon négative, car pour le faire créativement, il faut qu’il ait pris conscience vibratoire de son intelligence et de la forme qu’elle exprime, et ceci prend un certain temps. Comme l’ego a besoin d’expression et qu’il n’est pas encore stabilisé dans son intelligence, la critique l’invite facilement et souvent à sa table. Mais l’être qui se conscientise, bien qu’il développe une très grande nécessité ou un très grand besoin d’expression, réalise aussi dans un même temps que l’expression, si elle n’est pas parfaite ou si elle ne se perfectionne pas, peut causer de la souffrance. Donc il prendra éventuellement conscience de sa critique et petit à petit elle disparaîtra en tant qu’habitude et c’est à partir de ce moment qu’il réalisera combien l’ego a tendance à critiquer, et ceci le mettra en colère, car il comprendra pourquoi il devient de plus en plus difficile pour les hommes de travailler ensemble afin de se créer une vie agréable et abondante. Car ils ont perdu le pouvoir de s’unir au lieu de se déchirer.

La critique gêne l’être dans sa relation avec l’autre car il perd de vue ce qui est bon et grand et créatif chez l’autre, et ne s’occupe que de ce qui doit être changé. Ceci est dangereux parce que les hommes ne réalisent pas que la vie est un vaste organigramme à l’intérieur duquel les relations humaines servent à l’évolution de l’être, jusqu’au jour où l’homme, à cause de sa conscience supérieure, peut de par lui-même faire le choix de ses relations où la critique n’est plus possible, car tous sont sur une même longueur d’onde. Ce n’est que dans et à travers cette conscience que l’homme découvrira avec quelle finesse il est possible de voir tous les hommes et avec quel intérêt il nous est possible de les apprécier au-delà de ces caractéristiques qui nous poussaient lors de notre inconscience à les critiquer.

Beaucoup, par contre, d’êtres spirituels se refusent de critiquer autrui par amour. Ceci est très particulier aux êtres qui, à cause de leur spiritualité, se sont fermé les yeux sur la nature humaine. C’est une façon spirituelle pour l’ego de ne pas souffrir de l’inconscience de l’homme. Alors ils se servent de l’attitude spirituelle que peut lui offrir l’amour du prochain pour s’éviter de critiquer. Ceci est une autre façon pour l’ego de se fermer les yeux, afin d’éviter le choc de la réalité sociale et de ne pas sombrer dans une sorte de terreur spirituelle vis-à-vis de la vie et ses manquements. Ces êtres se coupent alors de franchement faire la part des choses et s’empêchent souvent de regarder le monde en face.

Le danger d’une telle attitude positive et spirituelle réside dans le fait qu’ils ne pourront souffrir de savoir, ni de voir que l’être humain n’est pas toujours élevant. Ils se fermeront à l’évidence et leur vie sera de plus en plus naïve, jusqu’au jour où ils éclateront en sanglots devant la scène de plus en plus inconsciente de la vie humaine, collective ou individuelle. Incapables de critiquer à cause de leur spiritualité et incapables d’observer objectivement à cause de leur manque d’intelligence réelle, ils demeureront des êtres aux grands yeux bleus qui se promènent sur la terre comme des anges, alors qu’autour d’eux ce n’est que la guerre et l’inconscience. Incapables de voir à cause de leur amour spirituel, ils ne voudront entendre que de belles choses de la bouche des hommes, alors qu’il n’y a plus d’hommes pour les dire. Ces grands naïfs feront gonfler les rangs des sectes et des groupements religieux ou spirituels ou ésotériques et se perdront dans l’illusion de la paix.

Et lorsque la guerre viendra, ils seront surpris qu’elle puisse pénétrer les murs de leur congrégation. Autrement dit, l’homme doit apprendre à regarder la vie et autrui en face et ne pas se mettre la tête dans le sable, tel que le fait l’autruche. Mais ils doivent aussi apprendre à regarder autrui sans pour cela être obligés de le critiquer, car la vie de chaque homme est un mouvement inachevé et nul homme ne peut se permettre de critiquer autrui et nul homme non plus ne peut se permettre de faire l’autruche pour des raisons d’amour.

La critique est une mauvaise habitude et son opposé, l'affliction spiritualisante de ceux qui ne peuvent voir que du bon chez tous les hommes, est une dangereuse attitude. Tout ceci mène à une même conclusion : le besoin chez l’homme de voir clair en parlant avec intelligence, au lieu de ne rien voir pour des raisons spirituelles ou de voir tout de façon subjective à cause d’un manque d’intelligence objective. Autant la critique est une affliction, autant l’aveuglette est bête et abrutit le sens de la réalité sociale de l’homme. Être critique détourne l’homme de l’homme et l’aveuglette spirituelle fait de l’homme un Père Noël qui s’appauvrit lentement par amour.

Un des grands avantages de l’homme conscient est de bien connaître et de bien reconnaître la nature humaine et cette reconnaissance est indispensable à tout être qui veut bien vivre sa vie sociale, car autant l’homme ne peut, sur le plan matériel, être convive à une table d’hôte parfaite à cause du grave problème causé par l’involution, autant non plus il ne peut être convive à une table moins bien répartie pour raison d’amour et de spiritualité aveugle, car la convivialité sera lourde et l’atmosphère pénible. Donc l’homme a le pouvoir intérieur de bien vivre sa table, pourvu qu’il puisse objectivement prendre place aux côtés des convives et ne pas sombrer dans une critique qui nuit à son atmosphère ou adopter une attitude à outrance spirituelle qui le forcera à demeurer avec des êtres qui ne sont pas de bonne compagnie. L’homme doit choisir dans la vie et le meilleur choix est toujours le plus difficile, car il force ce dernier à traiter avec intelligence au lieu de traiter subjectivement.

L’être qui se conscientise apprend à reconnaître avec de plus en plus de facilité, pourquoi les êtres autour de lui se conforment à une myriade d’attitudes qui nuisent à l’harmonie. Il doit apprendre à voir l’homme objectivement sans prétention aucune afin de pouvoir vivre de ce qui est bon en lui. La grande faille dans la critique est le manque que l’on fait voir chez autrui, alors que ce manque n’est qu’une facette du problème total de l’homme. Donc, on le juge imparfaitement car il nous est impossible à l’heure actuelle de connaître toutes les données du problème humain. Donc nous nous attardons à des attitudes de surface et créons un affront à un être qui est aussi ignorant que soi-même de la profonde nature humaine. Nous nous inspirons de nous-mêmes et ne pouvons même pas réaliser que la totalité de nos émotions et de nos pensées ne nous appartient qu’à la mesure de notre illusion. Nous croyons être complets dans notre critique alors que l’homme n’a pas encore franchi le seuil de sa réalité.

Donc la critique et son évidence, au lieu de nous être bénéfique, nous retarde, car elle nous garde dans l’illusion que le comportement d’autrui procède de nous-mêmes alors qu’il n’est qu’une fabrication de l’invisible. L’homme qui critique autrui est tellement sevré de sa propre réalité et de celle de l’autre que la moindre compréhension de la réalité le rendrait muet pour toujours. Si la critique doit être remplacée par l’observation objective, c’est pour permettre à l’homme de cesser de prendre le fou du roi pour le maître du royaume. La fonction de l’homme est de supporter l’activité de l’esprit et le but final de l’esprit est de retourner à la lumière, alors que l’homme ne voit que l’homme. Si l’homme voyait l’esprit derrière l’homme, il ne s’occuperait plus subjectivement de critiquer le comportement apparent, mais s’occuperait plutôt d’essayer de le comprendre par son propre esprit et de l’expliquer à celui qui en serait la cause.

Envisager de critiquer autrui ne peut faire autre chose chez soi que de nous faire perdre de l’énergie précieuse qui, autrement utilisée, servirait à nous rendre plus conscients de la nature occulte de tout être. Ceci servirait à nous rendre conscients que tout être quel que soit son niveau de perfectionnement sert à une échelle ou à une autre à l’application sur le plan matériel de forces qui émanent et seront régies par l’esprit plus tard. Le cycle de la personnalité humaine tel que nous l’avons connu et compris, tire à sa fin, car l’homme dépassera les bornes de la conscience subjective et réflective, pour entrer dans une conscience qui dépendra de son lien étroit avec l’invisible, plutôt qu’avec l’illusion de son être personnalisé à la sauce des influences apparentes et externes.

Pour ceux qui se conscientisent sur le globe aujourd’hui, il est grand temps qu’ils sortent de leurs habitudes et commencent à fonctionner autrement, c’est-à-dire sans habitude, car les habitudes font de l’homme un prisonnier et la critique n’est pas la moindre des prisons. Le mot critique fait partie du vocabulaire, et toute conviction que nous puissions avoir de sa valeur est fondée sur l’habitude.

Critiquer autrui est la mesure de notre manque de conscience objective et de notre manque de patience. Sans patience avec autrui, on ne peut se libérer de la critique, car elle nous permet psychologiquement de nous soulager du poids que nous critiquons. L’ego est très subtil, tellement qu’il n’a même pas conscience de l’être. Donc toute sa subtilité est utilisée à critiquer les autres et lorsque l’ego sera perfectionné, il réalisera sa propre subtilité et dès lors ne voudra plus critiquer, car il réalisera la différence entre percevoir une personne vibratoirement et se la rendre psychologiquement.

D’ailleurs le phénomène de la critique est un phénomène psychologique et non vibratoire, tandis que l’observation objective est un phénomène vibratoire. Et tant que l’homme n’aura pas une conscience vibratoire, il pourra critiquer, car il aura besoin d’exprimer ce qu’il ne comprend que partiellement. Lorsqu’il sera dans une conscience vibratoire, il n’aura plus à expliquer ou à exprimer une partialité, car sa conscience vibratoire le forcera à faire table rase de toute critique, de sorte que ce qu’il dira fera partie de l’étude psychologique de l’homme et non de l’énonciation quelconque d’un défaut apparent.

Pour pouvoir critiquer autrui, il faut être suffisamment en dehors de son propre esprit pour ne pas pouvoir se rendre compte de l’illusion de notre propre réflexion. Il faut avoir en soi suffisamment d’égocentricité. Il faut être encore assez près de nous-mêmes pour pouvoir toucher du doigt un autre afin de nous assurer qu’il est bel et bien et à part entière dans une erreur quelconque. Donc nous sommes encore prisonniers du jeu de la personnalité et tant que nous ne réalisons pas le jeu, le miroitement de la personnalité, nous sommes aux prises avec notre propre ego, autrement dit : nous sommes plus astral que mental.

D’ailleurs c’est notre astralité qui nous pousse à critiquer autrui, car une des grandes lois de l’astral, c’est la réflexion. Et chaque fois que nous critiquons un être, nous créons une réflexion qui nous permet de nous juger nous-mêmes en nous servant de sa personnalité comme règle de mesure. Par exemple, si nous critiquons un enfant qui fait mal, nous créons peu de réflexion, car déjà nous savons qu’il est en évolution. Mais si nous critiquons un être plus mûr, nous oublions qu’il est en évolution, donc nous créons de la réflexion pour protéger notre image qui elle aussi est en évolution, mais que nous considérons stable, parce qu’elle fait partie de notre réalité psychologique.

Mais lorsque nous nous conscientisons suffisamment et que nous réalisons que nous-mêmes nous sommes en évolution et que notre image change très vite, nous perdons l’habitude de critiquer, car nous voyons de plus en plus près et réalisons que tous les hommes sont plus ou moins en évolution. Donc plus ou moins de réflexion est créée pour protéger notre image. Lorsque la fusion se fait sentir, la critique d’autrui devient de plus en plus difficile, car vient le temps où nous ne pouvons plus créer de réflexion astrale en nous. L’observation objective de notre intelligence devient alors un grand outil, nous permettant de comprendre la nature humaine.

Tant et aussi longtemps que l’homme peut critiquer subjectivement, il vit dans son mental inférieur et se nourrit d’énergie astrale. Lorsqu’il perd de cette faculté, il s’aperçoit de la subtile différence entre la critique et l’observation objective de son intelligence et réalise que la différence entre les deux ne tient qu'à la vibration et non à la forme. Il s’aperçoit qu’il n’est plus attaché subjectivement à ce qu’il dit, mais qu’il éclaire une situation pour le profit d’une plus grande compréhension de la nature humaine.

C’est à partir de ce moment que l’homme entre dans la science du mental supérieur et commence à décortiquer tous les nœuds de la personnalité inconsciente qu’il peut mesurer et étudier avec une profondeur et une précision de plus en plus grande. Ce n’est plus alors la personne elle-même qui est en cause, ce sont les mécanismes qui la rendent inconsciente dans son comportement personnel ou social.

La critique ne sert plus le critique égoïquement : l’objectivité a remplacé la critique et elle sert à l’avancement de la pensée supramentale sur la Terre et à l’instruction objective de l’homme. Alors la critique ayant perdu ses alliés, la communication entre les hommes devient de plus en plus créative et mentale. Tous s’aperçoivent que le but de parler est directement lié au plaisir véritable de l’esprit, et l’homme ne veut plus entendre parler autrement : il ne veut plus alourdir sa conscience avec la critique. Il veut écouter et entendre des gens parler qui ont quelque chose de créatif et constructif à dire. Sinon il perd petit à petit intérêt dans leur compagnie, car il s’épuise de ne pas entendre quelque chose d’intelligent.

L’être supramental n’a rien à dire qui ne soit utilisable par d’autres. Il n’a rien à dire qui ne soit valable, qui ne soit intéressant, car tout découle de son esprit. Il est évident qu’à ce stade de l’évolution de l’homme, la critique est bien loin derrière lui et il ne veut plus la connaître. Il veut parler avec l’homme ou de l’homme, sans que ce qui soit dit soit mal vécu. Il veut vivre sa parole et il aime que sa parole soit vivante pour les autres.

La critique apparaît souvent comme étant une parole vivante, mais elle n’est pas une parole vivante, car l’astral en elle la tue puisque l’astral est la mort. Lorsque l’être conscient aura appris à ne plus critiquer et qu’il pourra observer objectivement le comportement humain, il apprendra pour la première fois que la psychologie ou la science du comportement humain est infinie, et il trouvera un plaisir sans fin dans l’étude de l’homme qui est en fait la plus grande et la plus complexe des études, parce que l’homme est le produit d’une accumulation interminable d’impressions qui créent en lui une infinité de mouvements que la science mentale peut parfaitement expliquer en fonction des mécanismes qui relèvent des aspects subtils de l’être.

Conférences abordant des thèmes similaires

  • DM109 - L'évolution de la conscience critique
    → Le passage de la conscience critiqueuse égoïque, née de l’insécurité et de la territorialité, à une conscience critique supérieure, transpersonnelle et dépouillée d’émotivité.

  • DM120 - La conscience critique dans l'étude
    → La transformation de la critique psychologique subjective en étude vibratoire, permettant de mesurer la parole d’autrui sans conflit ni magnétisation.

  • MR-373 - L'évolution de la femme et de l'homme
    → L'autopsie de la manie de la critique chez l'être en voie de conscientisation, et la soumission aux lois karmiques qu'engendre tout jugement porté sur autrui.

  • PE138 - Conscience prépersonnelle et notion de liberté
    → La rupture fondamentale entre blâmer — jugement moral issu de l’incompréhension des causes occultes — et étudier objectivement le comportement humain.

  • C.104A - Faire mal sans s'en rendre compte
    → L’analyse des blessures vibratoires et du malaise relationnel provoqués par l’émission d’une parole rigide et l’attachement de l’ego à ses impressions.

Bernard de Montréal — mise à disposition documentaire par BDMS.

Cette page restitue une conférence ou un document de Bernard de Montréal. Le travail propre à BDMS porte sur la structuration, la présentation et la mise en contexte documentaire du corpus.

Pour toute citation ou réutilisation, merci d’indiquer Bernard de Montréal comme auteur de la source et la page BDMS utilisée pour la transcription ou la consultation.

0 commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *