Entretiens avec Daniel Ménard

Bernard de Montréal

Entretiens de Bernard de Montréal

avec Daniel Ménard

Les entretiens entre Bernard de Montréal et Daniel Ménard forment une série de 140 rencontres, de DM001 à DM140, enregistrées entre 1990 et 1996. Ils prennent place après les années d’échanges avec Richard Glenn puis François Payotte, et sont contemporains d’une grande partie de la série Science de l’Énergie du Mental.

Daniel Ménard introduit les sujets, interroge Bernard de Montréal et relance l’échange à partir de situations qui touchent aussi bien au travail, à l’argent, au couple, à la maladie ou à l’autorité qu’à la pensée, la mémoire, l’âme, l’esprit et aux réalités invisibles.

Ce qui caractérise ces entretiens tient moins à la présence d’un interlocuteur — déjà présente dans d’autres séries — qu’à la nature des échanges avec Daniel Ménard. Ses questions reviennent fréquemment vers des situations vécues, demandent des précisions ou proposent des reformulations. Bernard de Montréal les reprend et en déplace souvent le cadre, passant de leurs manifestations psychologiques ou sociales aux mécanismes qu’il situe derrière elles.

Présentation de la série

Pas de résultat
Pas de résultat

Daniel Ménard, un interlocuteur choisi

Le rôle de Daniel Ménard ne se réduit pas à conduire l’entretien. Ses questions donnent à Bernard de Montréal des points d’appui pour développer son propos et préciser certaines distinctions.

Bernard explique lui-même pourquoi il lui a demandé de l’interviewer en public :

« Une des raisons pour laquelle je vous ai demandé de m’interviewer en public, c’est seulement parce que je sens l’esprit derrière la forme. Ce n’est pas à cause de votre compétence astrologique, je pourrais la mettre à terre votre compétence astrologique, mais c’est à cause de l’esprit derrière la forme. »
— DM027

Daniel Ménard revient souvent vers les conséquences concrètes de ce qui vient d’être énoncé. Il questionne, demande une nuance ou tente une reformulation. L’échange oblige alors Bernard de Montréal à reprendre un concept sous un autre angle ou à montrer comment il intervient dans l’expérience humaine.

C’est l’une des différences sensibles avec les entretiens avec Richard Glenn. Là où les questions de Glenn introduisent fréquemment des références, des auteurs, des phénomènes inexpliqués ou des traditions ésotériques, celles de Ménard conduisent souvent vers les problèmes rencontrés dans la vie quotidienne et les mécanismes qui les sous-tendent.

Une parole non réflective

Les entretiens donnent aussi de nombreuses indications sur la manière dont Bernard de Montréal décrit sa propre parole. Il affirme ne pas construire intellectuellement ce qu’il va dire et relie cette absence de préparation à la communication télépathique avec ce qu’il nomme sa source.

Dans DM001, il évoque la possibilité d’« avoir une communication télépathique avec l’invisible » et résume son rapport à la parole par une formule très simple :

« ce que je sais, je le parle »
— DM001

Daniel Ménard formule lui-même ce qu’il observe :

« il ne peut pas penser avant de parler, il parle et ça déclenche l’information »
— DM036

Ce mécanisme explique en partie la forme des entretiens. Une question peut ouvrir un développement beaucoup plus large que son sujet initial. Bernard de Montréal peut partir d’une difficulté professionnelle, d’un problème de couple ou d’une réaction émotionnelle et poursuivre sur la pensée, la mémoire, l’astral, l’âme ou l’esprit.

Il distingue cette parole de la pensée réfléchie :

« quand tu parles, tu ne réfléchis pas, tandis que quand tu penses, tu réfléchis »
— DM140

De la psychologie à la conscience

Une grande partie des échanges commence par des situations que l’on pourrait aborder sous un angle psychologique : l’angoisse, la culpabilité, les relations humaines, l’insécurité, les contradictions intérieures ou les difficultés d’adaptation.

Bernard de Montréal redirige cependant l’analyse vers la structure de la pensée et les rapports entre l’ego et les plans invisibles. La pensée constitue à cet égard un axe majeur de la série. Il conteste l’idée selon laquelle l’ego serait à son origine :

« On vous dit que la pensée vient d’ailleurs, c’est final, arrêtez de vous obstiner avec nous autres ! Elle vient d’ailleurs ! Que vous le voyez, que vous soyez contents, pas contents, ça c’est votre problème, elle vient d’ailleurs anyway ! »
— DM104

La mémoire est abordée aussi : elle n’est pas seulement la conservation du passé, mais un mécanisme susceptible d’agir sur le mental et l’émotion :

« Pour moi, la mémoire c’est un mécanisme de rappel qui utilise la pensée pour créer dans le mental de l’Homme une impression […] cette mémoire elle doit s’épurer, c’est-à-dire que plus l’Homme prendra conscience de la nature interne de son être psychique, plus il sera forcé de réaliser que la mémoire est constamment utilisée contre lui sur le plan mental, sur le plan émotionnel. »
— DM001

Cette remise en question concerne également la croyance, que Bernard de Montréal oppose au savoir :

« Si vous saviez comme c’est important de pas croire, vous ne croiriez pas […] Croire, c’est le plus grand outil, le plus subtil outil, le plus dangereux outil qui a été imprimé dans le mental de l’Homme par les plans […] Croire, c’est anti-Homme. »
— DM001

De la connaissance au savoir

La distinction entre connaissance et savoir revient dans cette remise en question du fonctionnement psychologique de l’ego. La connaissance relève de l’accumulation et de la mémoire, tandis que le savoir est associé à une information qui ne procède plus de la réflexion intellectuelle.

Bernard formule cette opposition clairement :

« Un Homme conscient n’a pas de connaissance, il a du savoir, un Homme inconscient n’a pas de savoir, il a de la connaissance ! L’involution c’est la connaissance, l’évolution c’est le savoir ! »
— DM036

Ceci rejoint ce qu’il expose sur sa propre manière de parler. L’information n’est pas préparée puis restituée : elle apparaît au moment où elle doit être formulée. Les entretiens avec Daniel Ménard donnent de nombreux exemples de cette parole déclenchée par une question et développée sans plan préalable.

De la fusion à l’intégration

Les rapports entre l’ego, l’esprit et sa source occupent également une place importante dans les entretiens. La fusion y est débarrassée de l’idée d’un état spirituel à rechercher. Bernard de Montréal la décrit en termes beaucoup plus contraignants :

« La fusion c’est une forme de possession. Seulement que dans la fusion, au lieu de vivre la possession astrale, c’est une possession à partir de notre source. »
— DM001

Dans l'entretien DM140, il est fait une distinction essentielle entre fusion et intégration :

« La fusion c’est la possession de l’esprit […] Ce n’est pas la fusion qui est importante, c’est l’intégration de la fusion. Sinon, si l’Homme fixe son attention sur la fusion, il va demeurer spirituel […] L’intégration, ça veut dire que l’Homme en arrive éventuellement à être suffisamment intelligent pour se dédoubler psychiquement […] tu conserves ton moi, autrement dit tu conserves ton habilité à dealer avec la vie matérielle. Et en même temps, tu as capacité de traiter avec la vie invisible. »
— DM140

La question de l’intégration ramène donc l’instruction à une dimension très présente dans les DM : la capacité de vivre matériellement tout en développant un autre rapport à la pensée et à l’invisible.

Cette orientation apparaît également dans l’évolution du vocabulaire employé par Bernard de Montréal. Dans DM124, il envisage de remplacer l’expression « psychologie supramentale » :

« c’est probablement le nom que je vais donner à la psychologie supramentale, parce qu’un jour je vais changer le terme de la psychologie supramentale, puis je vais appeler ça la psychologie évolutionnaire »
— DM124

Une instruction confrontée à la vie quotidienne

Les 140 entretiens couvrent un champ très vaste, mais leur unité tient en grande partie à la forme même de l’échange. Daniel Ménard pose une question, revient sur une difficulté, demande une précision ou propose une formulation. Bernard de Montréal utilise ce point de départ pour déplacer l’analyse vers les mécanismes de la pensée, de l’émotion, de la mémoire et des rapports entre l’homme et l’invisible.

Les DM offrent ainsi une entrée particulière dans son instruction : les concepts n’y restent pas séparés des conditions ordinaires de l’existence. Le travail, l’argent, le couple, la maladie, la peur ou les rapports d’autorité deviennent autant de situations à partir desquelles Bernard de Montréal développe ce qu’il entend par conscience psychologique, conscience psychique, savoir, centricité, fusion ou intégration.